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La petite histoire très british du fuseau horaire de l’Inde
Histoires de montres

La petite histoire très british du fuseau horaire de l’Inde

mardi, 12 juin 2018
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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4 min de lecture

Censés partager le globe terrestre en 24 zones égales, les fuseaux horaires ont, dès le début, été modifiés et adaptés selon les besoins des uns et des autres. Des libertés que les Britanniques ont prises avant tout le monde, de manière à administrer leurs nombreuses colonies.

L’organisation du temps, telle que nous la connaissons, s’appuie d’une part sur la marche des astres – qui détermine les jours, les mois, les années – et, de l’autre, sur la constitution de certaines conventions. Parmi ces dernières, le système des fuseaux horaires établi en 1884 est peut-être celle qui prête le plus à sourire. Car si la nature fait très bien les choses, il n’en va pas de même de l’être humain. C’est même la garantie, dès qu’il se mêle d’agencement temporel, d’une solide gabegie. Ainsi, on ne compte plus, à travers l’histoire, les libertés prises par les uns et les autres avec les méridiens, pour des raisons géographiques, politiques ou économiques. Ou simplement pratiques. C’est le cas du fuseau horaire de l’Inde, qui devrait être à GMT+5, mais qui fut de tout temps à GMT+5.30. Une pointe d’humour très… british.

Des centaines d’heures locales

Avant la fin du XIXe siècle, le monde connaît pratiquement autant d’heures locales que de zones habitées sur les différentes longitudes car basées sur la course du Soleil (l’heure vraie). Mais l’avènement du chemin de fer – d’abord aux États-Unis vers 1812, puis sur le Vieux Continent vers 1825 – et le développement du télégraphe vont bientôt sonner la fin de ces pratiques régionales. La multiplication des échanges entre villes, puis entre pays, va conduire à l’universalisation de l’heure.

En 1847, la British Railway Clearing House recommande ainsi à toutes les compagnies d’adopter le temps moyen de l’observatoire de Greenwich, qui servait déjà de référence aux navigateurs. En 1883, les entreprises ferroviaires américaines et canadiennes scindent leur territoire en cinq zones égales, introduisant du même coup la nouvelle notion de « fuseau horaire ». Un an plus tard, la Conférence internationale de Washington instaure le partage du globe terrestre en 24 zones d’une heure, avec comme référence le méridien de Greenwich – appelé également « méridien zéro ». Ce système fut rapidement adopté par la plupart des pays du monde. Du moins en théorie.

Jongler avec les décalages

Théoriquement donc, la zone couverte par un même fuseau devrait représenter une heure et seulement une heure. Mais évidemment les choses ont rapidement dégénéré. Certains grands pays, la Chine en tête, ont voulu instaurer chez eux une heure unique, malgré l’immensité de leur territoire couvrant plusieurs fuseaux. À l’inverse, d’autres ont choisi de se différencier de leur ennemi voisin, en adoptant un demi, voire un quart de fuseau, comme le Népal, qui est à GMT+6.45. Les derniers, enfin, ont décidé de changer de zone horaire, juste pour se rapprocher de leurs alliés commerciaux. Résultat : il n’y a plus aujourd’hui 24 méridiens rectilignes d’un pôle à l’autre, mais 37 fuseaux, dont les contours sont à eux seuls la preuve de la relativité du temps.

Les Anglais s’étaient rendu compte qu’il suffisait de renverser sa montre couronne à gauche pour connaître immédiatement l’heure en Inde.

À ce petit jeu, les Anglais sont sans doute précurseurs. Leur histoire expansionniste les a en effet obligés à jongler très tôt avec les décalages. Bien avant l’avènement du système universel GMT, les Britanniques avaient instauré des heures légales dans leurs colonies. C’est ainsi que l’Inde jouit depuis 1802 d’une heure locale précise. C’est l’observatoire de Madras, créé en 1792 par la Compagnie anglaise des Indes orientales, qui l’établit. La différence avec l’observatoire royal de Greenwich, fondé lui en 1675, est de 5 heures. Or, le décalage horaire choisi pour l’ensemble du territoire indien est de 5 h 30. La raison ? Toujours très pragmatiques, les Anglais s’étaient rendu compte qu’avec un tel ajustement il suffisait de renverser sa montre de poche, couronne en bas, pour connaître immédiatement l’heure en Inde ! À 10 h 30 à Londres, il est donc 16 heures à New Delhi et à 15 heures il est 20 h 30. Élémentaire…

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