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La Rolex « Paul Newman » ou l’inestimable cool horloger
Masterpieces

La Rolex « Paul Newman » ou l’inestimable cool horloger

lundi, 07 décembre 2015
Par Louis Nardin
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Louis Nardin
Journaliste et consultant

“De l’audace, toujours de l’audace.”

Georges Jacques Danton

« Une montre de qualité concentre de la créativité, des compétences techniques et scientifiques rares, des gestes anciens. Elle touche au désir d’être unique, de se distinguer, d’afficher un savoir, une puissance, un goût. Une montre raconte plusieurs histoires à la fois, dont les détails et les secrets font la saveur. »

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6 min de lecture

Cette déclinaison au cadran coloré moins sérieux que l’original affole aujourd’hui les collectionneurs. Un destin hors du commun pour un modèle dont les débuts furent discrets, sinon difficiles. Focus sur un modèle éternellement jeune.

Au tournant de 1966, moment de son lancement aux États-Unis, un chronographe Cosmographe Daytona référence 6239 muni du nouveau cadran présenté comme « exotique » ou « tropical » coûtait la modique somme de USD 219. En 2014, lors de la vente Christie’s « Lesson one », dédiée au mythique chronographe de Rolex, la référence cousine 6263 s’est envolée sur les ailes d’une mise stratosphérique de USD 1’089’186 ! Surnommée la « Paul Newman », elle est aujourd’hui l’une des montres-bracelets les plus traquées à la surface du globe. D’un premier essai peu fructueux, consistant à « encanailler » le caractère puissamment technique et sérieux de la Daytona originale, cette déclinaison s’est trouvée mise en orbite grâce à l’acteur américain au regard bleu azur et à la classe renversante. D’ailleurs, les enchérisseurs bataillent ferme aujourd’hui pour s’approprier un zeste de son immense « coolitude » envolée à jamais.

Pour 3 dollars de plus

Au milieu des années 1960, Rolex travaille sur un nouveau cadran pour son chronographe Cosmographe « Daytona », celui dédié aux sports de vitesse avec son échelle tachymétrique reportée sur la lunette. Pour le rendre plus lisible, les sous-compteurs sont peints dans une teinte différente du cadran, contraste oblige. Les premières versions portent trois couleurs : blanc, noir et rouge. Mais, dès le début des années 1970, leur nombre se voit réduit à deux avec l’éviction du rouge. Ils présentent également des chiffres réalisés avec une police inspirée de l’art déco en alternance avec de petits carrés. Des carrés qui cadencent aussi le tour de la minuterie. On vise l’efficacité mais avec une touche de souplesse et de liberté. Enfin, cette nouvelle venue est disponible en acier ou en or, avec un cadran champagne pour cette déclinaison.

La formule est accueillie avec circonspection sur les marchés. Les clients craquent peu ou demandent alors un changement de cadran pour l’original, une option possible en ce temps-là pour environ 3 dollars de plus. L’actrice américaine Joanne Woodward optera quant à elle pour la version au cadran nouvellement bicolore. Un modèle qu’elle offrira à son mari Paul Newman, depuis peu piqué de course automobile à la suite de l’apprentissage du pilotage à haute vitesse pour le film Winning (« Virages »), sorti en 1969. Paul Newman connaîtra d’ailleurs une carrière parallèle remarquable sur les circuits, allant jusqu’à fonder sa propre écurie en CanAm, la Newman Racing. Elle deviendra en 1983 la Newman/Hass Racing, puis la Newman/Hass/Lanigan Racing en 2007. Juste avant de lui offrir cette fameuse Cosmographe Daytona, Joanne Woodward avait pris le soin de faire graver au dos « Drive slowly », une injonction qui a pleinement participé à la construction du mythe.

La seconde vie de la « Paul Newman » débute en Italie.
Creuset italien

Le parcours en demi-teinte de la Paul Newman est si peu convaincant que Rolex va en arrêter la production vers 1975. Commence alors une seconde vie qui débute en Italie, un pays qui vit depuis longtemps une vraie romance avec la marque à la couronne. « Rolex avait développé un marketing et une stratégie commerciale efficaces en Italie dès les années 1930-1940, explique Thomas Perazzi, responsable du département Montres auprès de la maison de ventes aux enchères Christie’s. Offrir ou recevoir une Rolex lors des moments importants de la vie – un mariage ou l’obtention d’un diplôme, par exemple –  était devenu parfaitement naturel. Au début des années 1980, l’œil affûté des Italiens pour les produits de bon goût et de style va immédiatement réagir à la publication d’un portrait de Paul Newman, montre au poignet, en couverture de magazine. Il n’en fallait guère plus pour que les amoureux de la marque reconsidèrent le modèle et que les collectionneurs se mettent en chasse. La publication par Rolex d’autres photos représentant l’acteur arborant fièrement sa montre accélère le processus. En 1985 déjà, une Daytona Paul Newman fait la différence pour valoir l’équivalent de 1’000 euros contre 750 pour un modèle usuel. » En 2005, soit un quart de siècle plus tard, le phénomène explose : les Paul Newman s’échangent à des prix inégalés. Antiquorum, par exemple, qui trouvait preneur en 1992 pour une Daytona Paul Newman au prix de USD 9’257, voyait le même modèle grimper à USD 66’0000 en 2008, selon le site Hodinkee.com.

Le collectionneur se trouve confronté à la suprématie de deux marques: Rolex et Patek Philippe.
Gloire discrète

La rareté évidente des Paul Newman, associée à l’attrait de Rolex sur le marché des ventes aux enchères, ne suffit pourtant pas à expliquer les pics actuels. Il faut chercher la clé dans la psychologie des aficionados. « Tout collectionneur fait généralement ses premières armes avec des pièces contemporaines, poursuit Thomas Perazzi. Puis son goût s’affine. Il se tourne alors vers les modèles vintage pour se trouver d’entrée confronté à la suprématie de Rolex et Patek Philippe, les deux marques incontournables pour tout collectionneur averti. Dans ce contexte, ceux qui s’intéressent aux Paul Newman représentent une frange particulière d’hommes âgés de 40 à 60 ans. Ils veulent des modèles au look jeune et décontracté qui respectent toutefois l’esprit de leur passion et les contraintes imposées par la constitution d’une véritable collection. La Paul Newman est ainsi devenue la montre parfaite, d’autant que seuls les connaisseurs sont capables de la repérer et, donc, d’en saisir la valeur. » Après des débuts chaotiques et près d’un demi-siècle après sa naissance, la Rolex Paul Newman Cosmographe Daytona a fini par s’imposer. Comme quoi les montres légendaires ne sont pas toujours celles auxquelles on aurait pu penser.

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