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La Royal Oak ou la révolution du design
Histoire & Pièces d'exception

La Royal Oak ou la révolution du design

mardi, 19 avril 2016
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Marie Le Berre
Rédactrice indépendante

“Comment le temps fait-il pour tourner rond dans des horloges carrées ?”

Quino

« Porter à la connaissance du plus grand nombre des informations qui relèvent d’un secteur par trop méconnu. Vulgariser, au sens propre du terme. »

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6 min de lecture

Qui dit « Royal Oak » dit surtout montre de luxe en acier, lunette octogonale à vis, cadran « tapisserie » et bracelet « en chute ». L’identité de ce modèle créé en 1972 s’est révélée d’une puissance telle qu’elle définit une collection qui a valeur de marque.

Dans l’univers horloger, Royal Oak est un nom incontournable. Il est de ces noms de collection qui viennent à l’esprit tout aussi rapidement que ceux des grandes marques, de ceux dont on pourrait dire qu’ils constituent une marque dans la marque. Chez Audemars Piguet, c’est la collection phare, déclinée en une multiplicité de modèles depuis plus de 40 ans : différentes tailles, différents matériaux ou différents mouvements mais des signes distinctifs forts qui se reconnaissent spontanément, même dans les versions les plus éloignées de l’originale.

Royal Oak, une référence bienvenue pour baptiser la création d’Audemars Piguet.
Inspiration marine et royale

Si la Royal Oak a été lancée à l’occasion de la foire de Bâle de 1972, elle a été dessinée un an auparavant et soumise à l’appréciation du marché italien, leader pour la marque à l’époque. Le designer Gérald Genta, alors travailleur indépendant, se serait inspiré des casques de scaphandre portés par les plongeurs qui entretenaient le barrage sur le Rhône de Genève. Cependant, le nom choisi par Audemars Piguet fait référence aux navires de la Royal Navy éponymes, en particulier aux sabords de forme octogonale de l’un d’entre eux. En Angleterre, Royal Oak, ou « chêne royal » en français, est une appellation légendaire qui remonte à un jour de 1651 devenu symbolique pour la monarchie. Ce jour-là, durant la troisième guerre civile, le futur roi Charles II échappe à ses poursuivants de la troupe des parlementaires de Cromwell, et donc à une mort qui aurait pu changer le cours de l’histoire, en se dissimulant dans un chêne. L’arbre représente la force, la longévité, la majesté… Une référence bienvenue pour baptiser la création d’Audemars Piguet.

Audemars Piguet Royal Oak, modèle original de 1972
Royal Oak, modèle original de 1972
Contexte difficile

Il a cependant fallu quelques années pour que la Royal Oak s’impose. Au début des années 1970, l’avenir de l’horlogerie suisse est pour le moins incertain. On voit se profiler non seulement la première crise pétrolière mais surtout la révolution du quartz. La tendance est à la sagesse et les montres haut de gamme sont en or, plutôt petites et d’allure classique. Contre toute attente, Audemars Piguet ose associer luxe, acier, grand format et design industriel. Il faut de l’audace pour adopter la proposition et les Italiens, maîtres du jeu, avancent à petits pas, sans précipitation. La tentation est sans doute freinée par le prix élevé, du jamais-vu pour une montre en acier. Pourtant, le miracle a lieu. On dit que le décollage est dû à de célèbres collectionneurs, à commencer par Giovanni Agnelli, patron de Fiat, qui s’est montré en public avec une Royal Oak au poignet en 1974. Le comédien français Alain Delon a arboré la sienne au cinéma, dès 1976 dans Comme un boomerang, puis en 1985 dans “Parole de flic” et en 1988 dans “Ne réveillez pas un flic qui dort”.

Les 39 mm de diamètre devenus courants apparaissaient alors démesurés.
Création d’avant-garde

Si la Royal Oak a été qualifiée de « première montre de sport de luxe », c’est parce que l’acier, connoté robuste, est tout à coup apparu raffiné, qui plus est utilisé dans une construction sophistiquée et difficile à façonner vu les méthodes d’usinage disponibles et la dureté du métal. Les finitions polies et brossées, dignes du très haut de gamme, complètent l’ensemble. Côté design, le modèle bénéficie de caractéristiques des plus frappantes, audacieuses et puissantes, en un mot susceptibles de traverser les âges. On remarque d’emblée les lignes délibérément anguleuses, en particulier la lunette octogonale et ses vis hexagonales qui, elles, sont toujours en or – détail subtil pour former un léger contraste de lumière –, sans oublier le joint d’étanchéité rendu visible pour souligner l’aspect technique. L’originalité du boîtier repose essentiellement sur la suppression des cornes qui disparaissent au profit d’un bracelet aux maillons trapézoïdaux de taille décroissante, dit « en chute », pour créer une intégration parfaite des plus rares à l’époque. Quant au cadran, il se distingue clairement par un décor de carrés séparés par des sillons, appelé « tapisserie ». Aujourd’hui, il n’y a guère que l’impact du format originel que l’on a perdu de vue : les 39 mm de diamètre devenus courants apparaissaient alors démesurés.

Motif tapisserie sur un cadran Royal Oak
Fidèle à elle-même

En 2012, Audemars Piguet a célébré le 40e anniversaire de la Royal Oak en lançant, parmi d’autres, un modèle 39 mm quasi identique à l’original qui définit le standard actuel de la ligne extra-plate. Les petites différences se résument à l’actualisation du style des inscriptions et au choix de la couleur bleue, assortie à celle du cadran, pour le fond du disque de la date. Même le mouvement, toujours en production dans la manufacture, est resté le même. Il s’agit du fameux calibre 2121, mouvement mécanique à remontage automatique de 3,05 mm d’épaisseur qui fait référence dans le domaine de l’extra-plat. Sa finesse n’est sans doute pas étrangère au succès de la première Royal Oak : elle est venue contrebalancer ce que l’on pouvait juger excessif dans le design et préserver l’élégance que l’on attendait d’une montre de luxe.

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