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La Sainte Trinité d’Omega (II)
Points d'histoire

La Sainte Trinité d’Omega (II)

mercredi, 14 décembre 2016
Par Ilias Yiannopoulos
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Ilias Yiannopoulos

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11 min de lecture

En dépit de son caractère tragique, la guerre est apparue comme un accélérateur du développement économique et technologique via la création d’instruments adaptés aux objectifs militaires. Dans la plupart des cas, ils ont évolué vers des produits à usage civil et engendré la diffusion de nouvelles technologies dans différents domaines.

Speedmaster CK2915

La Speedmaster est probablement le chronographe sportif le plus célèbre de tous les temps et assurément la plus connue des trois montres présentées ici. Paradoxalement, la Speedy ne doit pas sa célébrité au fait que c’était un chronographe de qualité conçu pour les pilotes de course et responsables d’industries. Elle a été reconnue beaucoup plus tard, après que la Nasa l’eut choisie comme montre officielle des astronautes américains en mission vers la Lune. Il semble que son design ait été inspiré par les tableaux de bord des voitures de sport italiennes de l’époque. La CK2915 relevait d’un projet mené conjointement par Omega et Lémania, l’un de ses fournisseurs d’alors. Le prototype issu du cahier des charges original a été achevé à la fin de 1956 et dévoilé au public en 1957, en même temps que la Seamaster et la Railmaster.

Omega Speedmaster CK2915
Omega Speedmaster CK2915

Les collectionneurs ont surnommé la première Speedmaster « Broad Arrow » (« grosse flèche » en français), car l’extrémité lumineuse de l’aiguille des heures était volumineuse et en forme de flèche. Le cadran très épuré était dépourvu de tout ce qui pouvait nuire à la lisibilité. Sur un tour à finition matte, la lunette en acier inoxydable était gravée d’une échelle tachymétrique, une première pour un chronographe à l’époque. Avec sa triple sécurité, c’était une montre ultra-résistante, étanche à 200 pieds. On oublie souvent certains détails qui font que cette montre se démarquait du lot, en particulier son aiguille des secondes de chronographe posée à fleur de la lunette.

La ligne Speedmaster a modifié, instantanément et à elle seule, le visage de la montre chronographe.

Le mouvement qui allait finalement équiper la première Speedmaster était issu d’un projet de recherche lancé en 1942 par le célèbre Albert-Gustave Piguet. D’abord connu sous l’appellation basique 27 CHRO C12 (« 27 » pour « 27 mm de diamètre », « CHRO » pour « chronographe » et « 12 » en référence au totalisateur 12 heures), il fut renommé Omega Cal. 321 en 1949. Il comportait une roue à colonnes et, dans sa première version, ne disposait d’aucun système antichoc. Ce dernier, de même que le spiral amagnétique, a été ajouté en 1946. Le mouvement légendaire était le premier à intégrer un totalisateur 12 heures. Et c’est toujours un des plus petits mouvements chronographes jamais réalisés.

Omega Speedmaster CK2915
Omega Speedmaster CK2915

La CK2915 a été déclinée en de multiples versions, dont la toute première et ses variantes avec numéro de référence suivi de « – 1 », « – 2 » ou « – 3 », qui peuvent être considérées comme de petites mises à jour. La Speedmaster a amorcé son changement avec la référence de transition – 3, avant l’introduction de CK2998 en 1959. Avec une production très limitée entre 1957 et 1959, la CK2915 est extrêmement rare et chère, même si elle n’excède que de peu le prix d’une Rolex Daytona fabriquée en grande série. On peut raisonnablement affirmer que la ligne Speedmaster a modifié, instantanément et à elle seule, le visage de la montre chronographe et que c’est en 1957 que tout a commencé.

La Railmaster était résistante aux chocs et protégée des champs magnétiques à hauteur de 1 000 Gauss.
Railmaster CK2914

La Railmaster est le moins connu des modèles de la Trinité, faute de continuité dans le programme de l’entreprise. Elle tire son origine des montres-bracelets de haute précision dites « de chemin de fer » et de la dénommée Omega RAF-53 CK2777 protégée des champs magnétiques. La marque IWC de Schaffhouse fut la première à travailler sur le perfectionnement d’une telle protection (montres de pilotes Mark) et la première à lancer une montre dotée d’un système ad hoc sur le marché (Ingénieur Réf. 666 en 1955). Plus tardive, la Railmaster d’Omega n’en était pas moins une montre-instrument appropriée.

La Railmaster a été conçue pour les scientifiques et ingénieurs professionnellement exposés à de puissants champs magnétiques. Les ondes produites par les grosses motrices, les alternateurs, les centrales électriques, notamment, affectent sérieusement la chronométrie des montres courantes et provoquent fréquemment l’arrêt complet du mécanisme. La montre créée par Omega était non seulement triplement protégée à la manière de toutes celles de la Sainte Trinité mais également insensible au magnétisme grâce à diverses modifications clés. Le cadran, élément d’importance pour une montre amagnétique, mesurait 1 mm d’épaisseur. C’était nettement plus que les 0,4 mm habituels chez Omega. Le boîtier en acier inoxydable Staybrite de 38 mm de diamètre, fabriqué par Huguenin Frères, avait un fond vissé. De plus, il comprenait une plaque interne en MuMetal, métal doux qui servait de cage de Faraday pour protéger le mouvement. Au final, la Railmaster était résistante aux chocs et protégée des champs magnétiques à hauteur de 1 000 Gauss.

Omega Railmaster CK2914
Omega Railmaster CK2914

Malgré une protection aussi parfaite, la durée de vie de la Railmaster a été courte : le modèle a été abandonné fin 1963. La CK2914 a connu de multiples versions (versions identifiées par l’ajout de « – 1 » à « – 6 » au numéro initial et la dernière de la série, la référence 135004), chacune bénéficiant de petites adaptations cosmétiques. Point commun à toutes les sous-références : au bout d’environ un an, Omega a remplacé les aiguilles Broad Arrow par des modèles dauphine et bâton.

Par ailleurs, la Railmaster a connu deux déclinaisons militaires très intéressantes. La version Pakistani Air Force (PAF) livrée en 1961 était quasi identique à celle du modèle civil, avec pour seules différences l’inscription Seamaster sur le cadran et les identifications « PAF » sur le fond du boîtier et le mouvement. Ce modèle de référence 2914 fut suivi d’un deuxième, commandé en plus petite série, quant à lui référencé 135.004. Il portait sur le fond du boîtier l’inscription « Seamaster », l’hippocampe, la signature « PAF » et le numéro de série. D’après le musée Omega, le total des ventes s’est élevé à 277 pièces. Plus rare, la Railmaster produite pour la Fuerza Aerea Peruana (FAP) ou Peruvian Air Force a été commandée à Omega en 1959. Cette version reprenait le boîtier et le mouvement de la Railmaster, mais le cadran et le fond comportaient les repères et inscriptions de la Flightmaster.

Omega Seamaster CK2913 Railmaster CK2914
Omega Seamaster CK2913 et Omega Railmaster CK2914

Trois mouvements à remontage manuel performants se sont succédé dans les variantes de la CK2914. Le calibre 284 a été utilisé en 1957 et 1958. C’était un modèle à seconde centrale doté de 17 rubis, 18 000 A/h et 43 heures de réserve de marche. Il comprenait un spiral Breguet et, depuis 1943, un système antichoc Incabloc. Le calibre 285, qui a pris le relai jusqu’en 1961, disposait d’un balancier annulaire à la place du balancier à vis et le calibre 286 de la dernière édition, d’un spiral plat au lieu d’un spiral Breguet. La Railmaster a été victime de sa haute technicité ainsi que de la prédominance de la collection « sœur » Seamaster, les montres de plongée étant tout simplement plus populaires à l’époque. Pour autant, cela n’enlève rien à sa belle facture et à l’intérêt qu’elle mérite.

En se métamorphosant, la ligne Seamaster a intégré d’excellentes montres de plongée. Pour preuve, c’est toujours la plus populaire chez Omega.
Seamaster CK2913

Lancée en 1948 à l’occasion du 100e anniversaire de la marque, la Seamaster est la ligne la plus ancienne dans le catalogue Omega. À l’origine, c’était une montre robuste et néanmoins élégante destinée aux individus actifs. Cependant, vers les années 1950, les montres de plongée ont commencé à évoluer et à prendre la forme et les caractéristiques que nous connaissons aujourd’hui : lunette de mesure du temps, boîtier plus robuste, aiguilles et verre plus épais. Blancpain, avec sa légendaire Fifty Fathoms, et Rolex, avec l’emblématique Submariner, furent les premières Maisons à prendre au sérieux les considérations des plongeurs professionnels. Omega répondit en 1957 avec une montre naturellement inscrite dans sa ligne dédiée aux plongeurs, la Seamaster CK2913.

Cette Seamaster 300, étanche à 660 pieds (200 m), reprenait la conception et les innovations techniques de ses montres « sœurs ». Le boîtier en acier inoxydable Staybrite de Huguenin Frères avait un fond vissé et un verre renforcé. La couronne Naiad assurait la protection contre les infiltrations d’eau et d’humidité. Étant donné la nature de la « bête », la principale caractéristique était sa lunette de plongée ou, comme on peut le lire dans les documents de l’époque, sa lunette mobile. Elle affichait une graduation anti-horaire du temps d’immersion restant avec point lumineux à 12 h. Le cadran était identique à celui de la Railmaster et les aiguilles étaient celles que l’on trouvait sur les Speedy et Railmaster.

Omega Seamaster CK2913
Omega Seamaster CK2913

La CK2913 était animée par le robuste calibre Omega 501 à remontage automatique. La série 50X a été produite entre 1956 et 1960 avant d’être remplacée. Durant cette période, plusieurs améliorations ont été apportées et les mouvements renommés. Tous les calibres mesuraient 28 mm de diamètre, 5,55 mm d’épaisseur sans date, 6,40 mm avec, et leur fréquence était de 19 800 A/h ou 5,5 battements par seconde. Le calibre 501 qui équipait la première génération de Seamaster avait 19 rubis et 46 heures de réserve de marche.

La CK2913 a connu plusieurs versions, de 1 à 7, dotées du même mouvement, du même cadran (au radium) et du même boîtier. Les variantes 1 et 2 avaient une lunette graduée dans le sens anti-horaire, les 3 à 6 dans le sens horaire. Les aiguilles des 1 et 2 étaient de type Broad Arrow au radium, celles des 3 à 6 de types dauphine et bâton. La version finale 7 arborait l’aiguille des secondes Lollipop, probablement pour faire écho à la Speedmaster (CK2998). En 1960, la Seamaster CK2913 a été remplacée par la CK14755 munie d’un nouveau mouvement automatique, le calibre 552, donnant le coup d’envoi à des changements radicaux. Malgré son charme et sa valeur de collector, la première génération de Seamaster (sous-références incluses) n’est pas la plus recherchée par les collectionneurs. Cet honneur semble étrangement revenir aux références militaires utilisées par la Royal Navy dans les années 1960. Il n’en demeure pas moins que la première CK2913 a posé les jalons d’une transformation totale des montres de plongée Omega qui, dans l’arsenal de la marque, semblent suivre leur temps mieux que toutes les autres. En se métamorphosant, la ligne Seamaster a intégré d’excellentes montres de plongée. Pour preuve, c’est toujours la plus populaire chez Omega.

Omega Speedmaster CK2915
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