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L’Afrique, futur eldorado horloger ?
Economie

L’Afrique, futur eldorado horloger ?

mardi, 04 mars 2014
Par Quentin Simonet
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Quentin Simonet

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4 min de lecture
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Un no man’s land. Une zone inexistante dans les empires horlogers. L’Afrique demeure toujours et encore le parent pauvre dans l’univers de la mesure du temps. Une telle situation n’est pourtant pas inéluctable.

Il existe bien çà et là des exceptions, comme en Afrique du Sud ou dans certains pays du Maghreb. Mais force est de constater que ce continent demeure le grand oublié de la formidable expansion géographique de l’horlogerie suisse ces deux dernières décennies. Pas assez de clients potentiels, trop d’insécurité tant politique qu’économique, sans parler des problèmes lancinants de corruption. Tels sont les arguments, jugés rédhibitoires, que l’on entend le plus souvent dans la branche.

Montres et mouvements par continents

Or, l’Afrique se réveille. Les fauves africains commencent à rugir. Banques, fonds d’investissement, sociétés de consulting sentent que le continent est prêt à décoller. Ils y voient une « opportunité d’investissement historique », comme le souligne la banque Natixis dans une récente note de recherche. Même le Fonds monétaire international (FMI) se dit optimiste pour l’économie de l’Afrique subsaharienne. « Les vents contraires qui soufflent à l’échelle mondiale ont peu affecté sa croissance en 2013 et son rythme devrait s’accélérer en 2014 », estiment les auteurs. Le taux de croissance de l’ordre de 5 % en 2013 est prévu à 6 % cette année. Selon le FMI, les investissements progressent à vive allure, notamment les investissements étrangers attirés par les ressources naturelles du continent. Mais les vecteurs de croissance existent aussi dans le commerce, les services, les banques et les travaux publics. L’Afrique est jeune, urbaine, optimiste ; sa classe moyenne s’accroît et s’enrichit.

Prime pour le premier arrivé

Le luxe ne s’y trompe pas. Ni d’ailleurs l’horlogerie. C’est en tout cas l’avis du groupe Richemont. Dans un récent entretien, les deux co-CEO du numéro 2 mondial du luxe estiment qu’une fenêtre d’opportunité est en train de s’ouvrir dans la région. D’après Richard Lepeu, « c’est certainement le continent qui est en train d’exploser au niveau économique et qui dispose du plus grand potentiel à court terme. Il y a vraiment des choses qui se passent dans cette région qui compte un milliard d’habitants, bientôt deux ». Bernard Fornas abonde dans ce sens : « Ce continent s’éveille enfin. Il faut donc rester à l’affût. Cela ne veut pas forcément dire que nous allons ouvrir une boutique Cartier dès demain au Nigeria ou en Angola. Mais ce moment n’est plus si lointain. Il existe toujours un risque pour les pionniers que nous sommes, notamment sur les nouveaux marchés, mais aussi une prime pour le premier arrivé. »

Montres et mouvements par continents

Le rebond économique africain devrait d’abord profiter aux personnes déjà aisées mais pas seulement. Une classe moyenne estimée à quelque 300 millions de personnes, selon les statistiques de la Banque africaine de développement, attire désormais les ténors de l’industrie du luxe, constructeurs automobiles compris, qui cherchent à se rapprocher de ces clients potentiels. Ainsi, Porsche dispose d’un showroom flambant neuf à Victoria Island, l’un des quartiers les plus huppés de Lagos, à quelques pas du très récent hôtel Intercontinental, premier cinq étoiles de la métropole nigériane. Toujours sceptique ? Selon , il existe plus de millionnaires en Afrique qu’en Russie. La marque de prêt-à-porter pour homme Ermenegildo Zegna, déjà présente au Maroc et en Égypte, n’a-t-elle pas déjà pris ses quartiers en Afrique noire, au Nigeria et bientôt en Angola, deux pays qui accueillent de richissimes hommes d’affaires attirés par l’industrie pétrolière ?

Intérêts angolais en Suisse

L’implantation horlogère prendra encore du temps, c’est certain, avec les risques financiers qui lui sont liés. Des risques que Richemont, aux mains de la famille sud-africaine Rupert, semble toutefois prêt à affronter. « Le potentiel africain est énorme », corrobore la marque allemande Mercedes, qui possède une usine d’assemblage en Afrique du Sud, pays où 20’000 modèles trouvent preneurs chaque année. Pour BMW, qui a vendu 34’000 voitures sur l’ensemble du continent en 2012, soit une hausse de 15 % par rapport à 2011, l’heure est au développement sur ces marchés. Des pays comme le Gabon ou le Ghana présentent de véritables opportunités, estime la marque. Voilà de quoi convaincre les plus réticents. À l’inverse, l’Afrique a déjà jeté son dévolu sur les montres suisses. En 2012, la marque genevoise De Grisogono a été reprise par des investisseurs de diverses nationalités, notamment d’Angola.

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