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L’aventure de la montre pilote (I)
Histoire & Pièces d'exception

L’aventure de la montre pilote (I)

vendredi, 12 septembre 2014
Par Grégory Gardinetti, Christophe Roulet, Emmanuel Schneider
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Grégory Gardinetti
Expert et historien en horlogerie

“Il y a la même différence entre les savants et les ignorants qu’entre les vivants et les morts.”

Aristote

Entres expositions thématiques menées à Mexico, Moscou ou Tokyo, conférences autour du globe et articles thématiques, le temps prend toute sa mesure.

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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Emmanuel Schneider

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4 min de lecture

Dès l’aube de nos civilisations, la mesure du temps s’est conjuguée avec les progrès de l’humanité. Il en a été de même pour l’aviation, où l’horlogerie a naturellement accompagné les premiers fous volants, ces nouveaux aventuriers de la navigation et leurs drôles de machines.

Comment imaginer le formidable essor de l’aviation sans navigation ? Comment imaginer ces engins improbables traverser la Manche ou les océans à l’aveuglette sans repères temporels ? Seul l’espace relatif au temps permet en effet de s’orienter. L’un sans l’autre n’offre d’autre choix que de naviguer à vue, autant dire une sérieuse limitation à l’exploration du monde par les airs qui se dessine en ce début de XXe siècle. En un mot, comme sur mer, sans maîtrise du temps, toute conquête des airs serait restée une vaste utopie.

Premiers vols, premiers icônes

Sans vouloir refaire l’histoire de l’aviation et entrer dans la polémique du tout premier vol motorisé, on notera que les frères Wilbur & Orville Wright font partie de ces pionniers de la conquête des airs dont les premières tentatives homologuées datent de 1903 et 1904 aux États-Unis. Or les deux frères savaient pertinemment que la mesure du temps devait impérativement faire partie des instruments de vol. C’est sur la base d’un dessin de leur imagination que Vacheron Constantin va ainsi réaliser en 1904 un garde-temps de la taille d’une montre de poche mais dotée d’un bracelet-lanière permettant une attache sur la cuisse. Les caractéristiques de cette pièce – chiffres arabes de grande taille, mouvement chronomètre avec petite seconde, couronne surdimensionnée, aiguilles découpées pour une lisibilité optimale – en font peut-être bien ce que l’on pourrait considérer comme la première montre pilote de l’horlogerie contemporaine.

En 1908, le prototype se mue en produit, la Cartier Santos Dumont, qui sera commercialisée dès 1911.

Dans cette compétition des premiers engins volants, l’Europe ne pouvait rester de marbre. Elle avait d’ailleurs son propre champion en la personne d’Alberto Santos Dumont. Cet aviateur franco-brésilien, le premier à posséder trois brevets aéronautiques (ballon, dirigeable et avion), devait ainsi réaliser en 1906 le premier vol homologué par la Fédération aéronautique internationale, un « saut de puce » de 220 mètres couverts en 21,5 secondes, soit une vitesse de 41,3 km/h atteinte à quelque 5 mètres du sol. Or Alberto Santos Dumont avait lui aussi exprimé des besoins très spécifiques en matière d’horlogerie. Il s’en était d’ailleurs ouvert à son ami Louis Cartier en 1904, se plaignant de ne pouvoir lire l’heure en plein vol sur sa montre de poche. Qu’à cela ne tienne ! Aidé par le maître horloger Edmond Jaeger, Louis Cartier lui propose alors une solution apte à satisfaire ses besoins sous la forme d’un prototype de montre-bracelet permettant la lecture de l’heure tout en gardant les mains sur les commandes, prototype dénué d’une petite seconde car imaginé pour un pilote de dirigeable. Qu’importe ! En 1908, le prototype se mue en produit, la Cartier Santos Dumont, qui sera commercialisée dès 1911. Un icône était né.

L’ADN se précise

Autre pionnier de l’aventure des airs, Louis Blériot est le premier aviateur à avoir traversé la Manche, un exploit réalisé en 36 minutes entre Calais et Douvres en 1909 à une vitesse de 74 km/h. Or Louis Blériot ne cachait pas son attachement au garde-temps qui l’accompagnait dans ses pérégrinations aéronautiques. « Je suis très satisfait de la montre Zenith dont je me sers habituellement, écrivait-il en 1912. Et je ne saurais trop la recommander aux personnes qui ont le souci de l’exactitude. » En 1909, cette Zénith disposait d’ailleurs d’un ADN propre à toutes les montres pilote en devenir : grande taille, aiguilles et index lumineux, chiffres arabes surdimensionnés, couronne surdimensionnée, balancier bimétallique et spiral antimagnétique, bracelet détachable facilement du boîtier permettant de fixer la montre au tableau de bord. Zenith s’était d’ailleurs forgé une telle réputation dans cet univers des garde-temps d’aviateur que sa montre d’Aéronef Type 20 deviendra le chronomètre officiel équipant les avions de l’armée française à l’aube de la Seconde Guerre mondiale.

Mark IVA des Royal Flying Corps britanniques de 1914

À cette époque, les montres sont donc également intégrées dans les tableaux de bord comme instruments de navigation indispensables. À cet effet, les Royal Flying Corps britanniques passeront commande pour des garde-temps selon un cahier des charges bien précis pour bientôt prendre livraison des Mark IVA en 1914, puis des Mark V en 1916. De leur côté, la Fliegertruppen allemande avait opté pour une montre de poche à cadran inversé suspendue par une chaîne à la combinaison de vol. L’horlogerie peut clairement ajouter un département au sein de ses ateliers destiné à la production de montres d’aviation, un sujet de plus en plus sensible.

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