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Le British Museum recèle un trésor horloger
Histoire & Pièces d'exception

Le British Museum recèle un trésor horloger

mardi, 21 avril 2009
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Avec quelque 4’500 pièces d’horlogerie, essentiellement léguées par trois collectionneurs, le British Museum offre une introspection sans pareil dans le monde historique de la mesure du temps. Pour exemple, ces montres compliquées aux gravures inimitables.

« Il s’agit peut-être de l’idée fausse la plus répandue, celle qui consiste à croire que les montres ont été produites par des artisans solitaires mettant tout en œuvre pour réaliser des pièces maîtresses par le travail du métal, de l’émail, du cristal ou, plus récemment du plastique. Dès la naissance de l’horlogerie, les garde-temps étaient, à quelques exceptions près, le fruit d’efforts combinés émanant de professionnels aussi doués qu’ingénieux qui excellaient dans l’art de la miniaturisation mécanique, de l’orfèvrerie, de la dorure, de la gravure et de bien d’autres techniques. Il suffit de voir le résultat de leur travail pour mesurer toute l’étendue de leur art. » C’est en ces quelques mots que David Thompson rend hommage au travail réalisé par ces précurseurs de l’horlogerie moderne dans l’ouvrage qui met en exergue quelques unes des pièces de la collection horlogère du British Museum forte de 4’500 montres datant du XVIe siècle à nos jours. Probablement un des plus beaux assortiments de garde-temps jamais réunis, principalement issus de trois collectionneurs passionnés.

Montre ovale à échappement à verge en laiton. Londres, 1589. Signée: «Ghyllis van Gheele» © Trustees of the British Museum
Montre ovale à échappement à verge en laiton. Londres, 1589. Signée: «Ghyllis van Gheele» © Trustees of the British Museum
L’Allemagne, centre renommé au XVIe siècle

Si personne ne sait véritablement quand, où et par qui la montre a été « inventée » – il s’agit plutôt d’une lente évolution due à la miniaturisation au tournant du XVIe siècle –, les premiers modèles historiques présentés dans Watches*, catalogue forcément non exhaustif de la collection, ne laissent pas d’impressionner non seulement par l’ingéniosité de la mécanique des mouvements mais également par les gravures réalisées tant sur les boitiers que les cadrans, véritables œuvres d’art dues à des artisans forgerons-graveurs à la technique des plus éprouvées.

Le premier garde-temps présenté, une montre « tambour » originaire du Sud de l’Allemagne vers les années 1560, offre déjà un spectacle saisissant du travail réalisé à l’époque sur une boite en laiton ornée de motifs floraux et animaliers. Un travail qui s’affine déjà sur cette pièce bombée de Hans Schniep (Allemagne vers 1580) dont le cadran visible à travers les ouvertures ciselées du devant de la boite est décoré selon une technique dite de basse-taille. Celle-ci consiste à graver des motifs représentant généralement des oiseaux exotiques ou des arrangements floraux qui sont ensuite garnis d’émaux colorés.

Virgil Solis (1514-1562), illustrateur et graveur de Nuremberg, est également à l’honneur pour avoir inspiré des gravures réalisées probablement par le même artiste sur plusieurs pièces de Ghyllis van Gheele où l’on peut voir des représentations de la Charité avec ses enfants et de la Justice portant le glaive et la balance sur chacune des faces du boitier.

A cette époque, Lyon faisait figure de centre horloger parmi les plus importants.
David Thompson
Lyon et Genève reprennent le flambeau

Comme l’explique David Thompson, « au début du XVIIe siècle, l’horlogerie française a atteint un haut niveau de sophistication et la qualité des motifs gravés sur les boites de l’époque était peut-être la meilleure que l’on pouvait trouver en Europe. A cette époque, Lyon faisait figure de centre horloger parmi les plus importants, une ville dont la tradition artisanale remontait à plusieurs décennies. » Grande figure de cette aura horlogère : Jean Vallier, nommé maître horloger en 1602, dont le British Museum expose l’une des pièces les plus admirables, une véritable « Rolls-Royce » de l’époque.

La boite est déjà une œuvre d’art en elle-même avec sur son dos, gravée, une représentation d’Apollon et des neuf Muses. Rarissime en ces temps, les bords sont agrémentés de l’imitation d’une corde torsadée agrémentée de perle. Et si le devant de la boite a été perdu, le cadran offre une qualité d’ouvrage tout aussi stupéfiante avec Apollon et Diane, notamment, finement gravés autour des cinq différents affichages qui donnent les indications du quantième, du jour, illustré par la divinité appropriée apparaissant dans un secteur, des saisons, mois, âge et phases de lune, quarts d’heure et heures sonnant au passage avec un dispositif d’alarme réglable. Si l’on ne connaît pas le graveur à l’origine d’une telle réalisation, dont on retrouve probablement la « patte » sur une montre de Pierre Louteau conservée au Rijkmuseum d’Amsterdam, le résultat n’en est pas moins « stupéfiant » pour reprendre le qualificatif de David Thompson.

Jean-Baptiste Duboule (1615-1694), maître horloger-graveur établi à Genève, est également répertorié avec probablement l’une de ses plus belles pièces : une montre de voyage richement gravée de 10 cm de diamètre, sonnant l’heure au passage, datant des années 1640. Sur le cadran figurent à 12h un guichet indiquant le mois et son signe du zodiaque correspondant, suivi à 3h d’un cadran destiné à l’âge et aux phases de la lune, puis à 5h des saisons affichées dans un autre guichet. Les heures et le dispositif d’alarme sont donnés à 6h, l’indication jour/nuit à 7h, et celle du quantième et jour de la semaine à 9h. Le cadran principal est gravé de motifs floraux et chacun des disques servant aux fonctions de la montre de figurines apparaissant à tour de rôle dans les différents guichets. Un véritable « tour de force » selon David Thomson qui relève la fascination que peuvent exercer aujourd’hui encore ces garde-temps créés par des artisans au sommet de leur art.

*Watches
par David Thompson
The British Museum Press 2008, 176 p.

The British Museum
Great Russell Street
London WC1B 3DG
+44 (0)20 7323 8299
Le musée est ouvert tous les jours de 10h00 à 17h30
Ouverture nocturne les jeudis et vendredis
L’entrée au British Museum est gratuite pour tous les visiteurs
Un droit d’entrée peut être demandé pour certaines expositions temporaires

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