>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2020 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Le client, c’est qui celui-là ?
Points de vue

Le client, c’est qui celui-là ?

jeudi, 16 décembre 2010
fermer
Editor Image
Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

Lire plus

CLOSE
3 min de lecture
L

Comme on le sait, la Fondation de la Haute Horlogerie a pour mission de diffuser la culture de la Haute Horlogerie. Une diffusion qui n’est pas destinée uniquement aux spécialistes – encore qu’à eux aussi une petite mise à jour ferait parfois du bien, car, comme le disaient les anciens, « Medice, cura te ipsum » (« Médecin, guéris-toi toi-même ») – mais qui concerne tous ceux qui, faisant preuve de style et de bon goût, n’entendent pas se limiter à la surface des choses mais les approfondir, afin de jouir pleinement du caractère unique d’un objet aussi particulier que la montre.

On ne saurait véritablement l’apprécier en l’absence d’une culture du beau. Il n’est pas de vraie compétence en matière de Haute Horlogerie sans une culture de l’objet qui permette d’en percevoir les caractéristiques d’innovation technologique et de recherche stylistique. Des caractéristiques que le client connaît déjà bien et auxquelles, précisément, il prétend à juste titre. Mais « sentir » les objets est une chose, « savoir » en est une autre. Il est faux d’affirmer que « savoir » signifie « souffrir ». En effet, en Haute Horlogerie, « savoir » est synonyme de « plaisir ».

La diffusion de cette culture doit naturellement tenir compte d’une série de facteurs en mutation constante, moins liés à l’évolution de l’objet – les valeurs de base restent toujours les mêmes – qu’au changement chez le client. Au client « historique », que rien n’empêche d’ailleurs de changer d’habitudes et de goûts, s’ajoutent de nouveaux types. Nouveaux du point de vue géographique : les amateurs de Haute Horlogerie provenant désormais de pays non plus émergents mais émergés, comme la Chine, la Russie, l’Inde et le Brésil (au moins pour ce qui est du sommet de la pyramide du luxe, dont nous nous occupons), ils constituent les réseaux longs auxquels les « réseaux courts » des manufactures helvétiques doivent se confronter – en matière de goût, de distribution, de service à la clientèle et de communication. Que veut dire communiquer la culture de la Haute Horlogerie à des gens qui ne partagent pas forcément notre histoire et nos codes ?

Des types nouveaux aussi du point de vue de l’état civil : aux clients historiques fidélisés s’ajoutent de nouveaux venus de tous âges, des curieux, simples amateurs, personnalités émergentes en quête d’un symbole légitimant, et ainsi de suite. Nous aborderons ces distinctions plus en détail dans une prochaine chronique.

Que signifie communiquer la culture de la Haute Horlogerie aux jeunes générations, à ceux qui viennent d’un environnement différent, à ceux qui ont un pouvoir d’achat qui n’a rien à voir avec celui du client « classique » ? C’est justement pour réagir à ces stimuli que la Fondation a publié un « manifeste » qui en détermine la mission et le terrain d’intervention dont il circonscrit le périmètre. Car, sans connaissance du contexte, il ne serait pas possible d’évoluer ou de communiquer de façon efficace. S’il y a des points à améliorer, des aspects à approfondir, des valeurs à mûrir, la Fondation ne capitule certes pas face aux défis. Mais il est nécessaire que le client perçoive la Haute Horlogerie comme un monde cohérent et « cohéré », au moins sur les principes, autour de ses valeurs. « In tempestate securitas » : au-delà des crises cycliques et inévitables, les principes qui caractérisent non seulement un objet mais tout un univers restent intacts.

Haut de page