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Le Concours International de Chronométrie met les horlogers...
Histoire & Pièces d'exception

Le Concours International de Chronométrie met les horlogers au défi

mardi, 22 décembre 2009
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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10 min de lecture

Disparus avec l’ère du quartz, les concours de chronométrie ont repris forme avec celui organisé sous l’égide du Musée d’Horlogerie du Locle. Cette première édition consacre le travail de Jaeger-LeCoultre et René Addor.

Les anciens horlogers se souviennent avec nostalgie des concours de chronométrie qui les mettaient au défi de réaliser les garde-temps les plus précis possibles. Zenith en sait quelque chose pour remettre aujourd’hui à l’honneur son fameux Calibre 135, une bête de concours sortie des ateliers de la manufacture en 1948, « à l’apogée de la course acharnée vers la précision engagée entre les différentes maisons horlogères, précise Zenith. Le Calibre 135 comportait plusieurs caractéristiques innovatrices qui lui ont permis de gagner 200 prix individuels de chronométrie, notamment dans les concours organisés par l’observatoire de Neuchâtel, y compris cinq années de suite de 1950 à 1954 ».

Dès 1772 déjà, les premiers concours de chronométrie voient le jour à Genève. L’observatoire de Neuchâtel, qui atteste de l’exactitude des garde-temps depuis 1860, prendra le relais en 1866, alors qu’à Besançon les contrôles chronométriques débutent en 1885. Avec l’avènement des montres-bracelet, Neuchâtel continue de surfer sur la vague en organisant des « joutes » officielles pour ce type de produits dès 1945. Las, l’avènement du quartz bouleverse à ce point l’horlogerie mécanique que les concours vont disparaître au début des années 70.

La précision, une affaire de « mordus »

Cette passion pour la chronométrie n’a toutefois pas disparu avec l’hégémonie passagère de l’électronique, tant s’en faut. Et c’est précisément pour la mettre une nouvelle fois sur la sellette qu’est né le Concours International de Chronométrie 2009. D’abord placés sous l’égide du Musée d’Horlogerie du Locle et de sa conservatrice d’alors, Cécile Aguillaume, dans le cadre de son 50ème anniversaire, les travaux de préparation ont été poursuivis par un groupe de travail chargé d’en définir le règlement sur la base des anciennes versions (voir encadré). « La montre mécanique n’a pas dit son dernier mot, exposait Claude-Henry Chabloz, président du Comité d’organisation, lors de la présentation des résultats. Les nouvelles techniques de conception, d’usinage, les nouveaux matériaux encouragent des horlogers férus de science et amoureux de la précision à mettre au point de nouveaux calibres donnant une image avant-gardiste à la nouvelle horlogerie mécanique. Dès lors, la recherche de la précision constitue un challenge enthousiasmant auquel les horlogers de la nouvelle vague aspirent à se mesurer. »

Et ceux-ci ne se sont effectivement pas fait prier. Des 17 concurrents du départ, 14 d’entre eux se sont finalement retrouvés en lice avec 16 pièces, soit 11 entreprises concourant dans la catégorie « Marques et fabricants de mouvements » et 3 horlogers dans celle des « Particuliers » (voir encadré). « Personnellement, je trouve que pour cette première édition, le nombre d’entreprises et de particuliers qui ont eu le courage de se lancer est tout à fait remarquable, note Claude-Henry Chabloz. Dans les années 60, les régleurs de précision dans les Maisons horlogères, chargés de peaufiner la chronométrie des calibres, étaient tous des mordus. Or aujourd’hui, on retrouve exactement le même comportement auprès des personnes qui ont participé au Concours, à la seule différence qu’elles forment des groupes de travail au sein des entreprises alors qu’à l’époque il s’agissait d’individus. »

Des montres amatrices de chocs

Parmi les « mordus » qui ont réalisé des miracles, ceux de Jaeger-LeCoultre ont remporté la palme, plaçant les deux modèles de la manufacture en compétition aux deux premières places : la Master Tourbillon en tête, suivie de la Gyrotourbillon 2. Dans la catégorie des « Particuliers », c’est René Addor qui s’est distingué avec son Calibre Papillon doté d’une réserve de marche de 11 jours. Pour le reste du classement, le Concours International de Chronométrie laisse le soin aux marques de communiquer les résultats obtenus par leur garde-temps selon leur bon vouloir. A ce jour, comme on pouvait s’y attendre, seule Jaeger-LeCoultre l’a fait.

Il faut dire que les organisateurs ont voulu corser quelque peu le Concours. D’une part, les mesures se font sur des montres complètes et non plus sur des mouvements nus, précise le règlement. D’autre part, les pièces subissent des épreuves de choc correspondant à un porter quotidien, par exemple à des applaudissements soutenus, à un coup de poing sur la table, et sont en outre exposées à des champs magnétiques que l’on rencontre couramment dans la vie. C’est donc l’Observatoire de Besançon qui a ouvert les feux avec une première élimination de cinq pièces jugées hors norme. Le Contrôle Officiel Suisse des Chronomètres (COSC) a pris le relais pour une deuxième série de tests, avant que la Haute Ecole ARC joue les trouble-fête en faisant subir chocs et champs magnétiques aux pièces concurrentes. Retour au COSC de Bienne, enfin, pour une dernière batterie d’épreuves.

René Addor - Calibre Papillon, mouvement 11 jours © CIC
René Addor - Calibre Papillon, mouvement 11 jours © CIC
Rendez-vous en 2011

« Allait-on avoir une hécatombe, notamment sur les pièces les plus compliquées comme les tourbillons, s’interroge Claude-Henry Chabloz. Eh bien, nos craintes se sont révélées infondées. En effet, la troisième série de tests faite au COSC a montré qu’à l’exception d’une pièce sur les 11 restantes, dont le ressort s’est cassé, toutes avaient des performances égales ou supérieures à celles mesurées avant les tests de choc et de magnétisme. Dans ces conditions, on peut supposer que de petites imperfections ou des tensions dans les matériaux disparaissent au cours de ce type de processus. En métallurgie, on parle de relaxation des pièces. Mais il faut naturellement que les chocs ne soient pas trop drastiques. Au final, le classement s’est donc effectué sur 10 montres. »

Forts de cette première expérience, les organisateurs du Concours ont d’ores et déjà décidé de reconduire l’épreuve. Une enquête va bientôt démarrer auprès des différentes parties prenantes pour déterminer si les règles doivent subir quelques modifications. Mais le principe est acquis. Rendez-vous donc pour le prochain Concours International de Chronométrie 2011.

LES ÉPREUVES

La base des méthodes d’observation est la norme ISO 3159 utilisée dans les instituts de contrôle notamment en Suisse, en France et en Allemagne. Toutes les montres du Concours sont observées simultanément et par conséquent soumises aux mêmes conditions de pression, de température, voire d’hygrométrie. Les marches quotidiennes, c’est à dire l’avance ou le retard sont enregistrées toutes les 24 heures selon le programme suivant :

  • Jours 1 et 2 : position verticale, chiffre 6 heures en haut, dite position 6H
  • Jours 3 et 4 : position verticale, chiffre 3 heures en haut, dite position 3H
  • Jours 5 et 6 : position verticale, chiffre 9 heures en haut, dite position 9H
  • Jours 7 et 8 : position horizontale, fond vers le haut, dite position FH
  • Jours 9 et 10 : position horizontale, cadran vers le haut, dite position CH
  • Jour 11 : position CH, température : 8°C
  • Jour 12 : position CH, température : 23°C
  • Jour 13 : position CH, température : 38°C
  • Jour 14 et 15 : température 23°C : position 6H

Sur la base de ces mesures, la valeur de 7 critères est calculée :

  • Marche diurne moyenne (critère Mmoy)
  • Variation moyenne mesurant la stabilité de fonctionnement (critère Vmoy)
  • Plus grande variation des marches indiquant la sensibilité aux divers changements de position (critère Vmax)
  • « Plat-pendu » qui mesure les défauts dus à l’ensemble balancier-spiral (critère D)
  • Plus grande différence des marches indiquant dans quelle position la marche s’éloigne le plus de la moyenne (critère P)
  • Coefficient thermique qui indique la sensibilité aux variations de température entre 8° C et 38° C (critère C)
  • Reprise de marche : écart entre le début et la fin des épreuves (critère R)

Formule de calcul selon règlement
Ni = 1000 – 500 x [ c ] – 100/3 x [ D ] – 100 x Vmoy – 10 x P – 20 x Vmax – 10 x [ R ] – 12,5 x [Mmoy]
La formule donne un nombre de points et permet par conséquent d’opérer un classement. En résumé l’idéal serait que chacun des ces critères ait une valeur nulle ce qui permettrait d’obtenir le maximum de points de 1000. Or en jouant sur les diverses éléments de la montre mécanique, on peut diminuer la valeur d’un de ces critères en risquant d’en augmenter un autre. Tout l’art du régleur consiste à minimiser l’influence globale de ces critères.

LES PARTICIPANTS

 

MarqueCalibre
Artisan d’Horlogerie d’Art Voutilainen*Calibre 27
Audemars Piguet (Renaud-Papi) S.A.Calibre Audemars Piguet
Chopard Manufacture S.A.Calibre Tourbillon Steel Wings Classic 16/1906
Doxa S.A. 2892Calibre 2892 ETA Chronometer
Greubel Forsey S.A.Calibre Tourbillon GF03
F.P.Journe -Invenit et FecitCalibre 1304 Chronomètre Souverain
Le Petit-Fils de L.-U. ChopardCalibre Tourbillon 1869 LUC 1.02
Manufacture Jaeger-LeCoultreCalibre 978 Master Tourbillon
Manufacture Jaeger-LeCoultreCalibre 174 Reverso Gyrotourbillon
Olivier Randin*Calibre Automatique bidirectionnel CLARO
René Addor*Calibre Papillon, mouvement 11 jours
Swatch S.A.Diaphane, Calibre ETA 2824
Tissot S.A.Calibre ETA 2824-2
Urban Jürgensen S.A.Calibre P8 automatique
Zénith International S.A.Calibre 4015 El Primero Automatique
Zénith International S.A.Calibre 4015 El Primero Automatique
* Catégorie « Particuliers »
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