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Le design horloger à travers le Grand Prix de Genève
Histoire & Pièces d'exception

Le design horloger à travers le Grand Prix de Genève

jeudi, 07 décembre 2017
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Anaïs Georges du Clos
Journaliste indépendante

“Rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion.”

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

« S’autoriser à tout penser, réfléchir avant d’écrire. »

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9 min de lecture

De 2002 à 2011, le Grand Prix d’Horlogerie de Genève (GPHG) décernait le prix de la Montre design. Les garde-temps primés à cette occasion en disent long sur les tendances design d’une époque pas si lointaine.

Créé en 2001, le Grand Prix d’Horlogerie de Genève, organisé par la fondation éponyme, est ouvert à tous les modèles commercialisés entre mars et novembre de l’année du prix. Toutes les marques horlogères sont invitées à y participer, indépendamment de leur nationalité. Il leur suffit de présenter un dossier de candidature et de préciser dans quelle catégorie elles souhaitent inscrire leur(s) modèle(s), en sachant qu’un même modèle ne peut être inscrit que dans une catégorie. Le jury, volontairement hétéroclite, est constitué d’experts, d’horlogers, de restaurateurs, de collectionneurs, d’historiens, de membres des médias et de détaillants. Après avoir été exposées dans plusieurs villes sur plusieurs continents, les montres nominées sont présentées à Genève, où les lauréates sont finalement annoncées lors d’une prestigieuse cérémonie qui a lieu chaque année en novembre. Le trophée en forme de main a été créé par le graphiste et designer genevois Roger Pfund, en hommage à la fresque du plafond de la chapelle Sixtine.

2002-2004 : cubisme vintage et classicisme digital

De 2002 à 2004, dès le lancement de la catégorie Montre design et pendant plusieurs années, ce sont les boîtes rectangulaires qui ont la préférence des membres du jury. En 2002, par exemple, ils choisissent de récompenser deux modèles inspirés de pièces historiques. Bien que très différent dans l’esprit, leur design respecte un même équilibre des proportions et une même pureté des lignes.

La Piaget 1967, d’une part, est une réédition d’un modèle historique de 1967. Sur les côtés du boîtier rectangulaire (présenté dans le sens vertical), le motif Clous de Paris rehausse la beauté épurée du cadran bleu nuit, dont le classicisme vintage est souligné par des chiffres arabes d’inspiration rétro. Le Micrographe Formula 1 d’autre part a été lancé par TAG Heuer pour le Grand Prix d’Imola. Il s’inspire d’un modèle de 1916 (le Micrographe), qui fut le premier compteur de sport capable de mesurer des temps au 1/100 de seconde, une véritable prouesse technologique pour l’époque. L’affichage digital du modèle de 2002 offre une lisibilité optimale pour le chronométrage sportif dont la marque s’est fait une spécialité : heure, date, alarme, deuxième fuseau horaire et mesure du temps de course en continu avec mémorisation des tours. Le design intégré du bracelet et de la boîte rectangulaire (présentée horizontalement) forment un ensemble épuré et ergonomique qui confère à ce modèle éminemment sportif une grande sobriété.

Micrographe Formula 1 © TAG Heuer
Micrographe Formula 1 © TAG Heuer

En 2003, la Crazy Hours pour homme de Frank Muller confirme la tendance du début des années 2000, qui veut que la mécanique la plus complexe s’efface derrière un design certes classique mais non dénué de fantaisie : dans un boîtier sobrement rectangulaire, l’affichage désordonné des chiffres arabes du cadran fait écho à l’excentricité du mouvement automatique à heures sautantes, qui révolutionna en son temps l’affichage de l’heure.

Crazy Hours © Franck Muller
Crazy Hours © Franck Muller

Cette apparente rivalité entre technique et esthétique trouve finalement sa synthèse en 2004 avec la concept watch réversible Monaco Sixty Nine de TAG Heuer. Première montre mécanique dotée d’un chronographe au 1/1 000 de seconde, elle abrite en réalité deux garde-temps dans une même boîte au design vintage. D’un côté le cadran carré mythique de la Monaco à l’affichage analogique et le mouvement manuel Peseux 7001 ultra-plat, de l’autre le cadran high-tech propre au Microtimer avec affichage digital et mouvement à quartz suisse (HR03).

Monaco Sixty Nine © TAG Heuer
Monaco Sixty Nine © TAG Heuer
2005-2007 : nouvelle matière, transparence et audace stylistique

Entre 2005 et 2007, les prix décernés dans la catégorie Montre design révèlent une évolution assez marquée dans l’esthétique horlogère, qui commence avec la Bing Bang Céramique Blanche de Hublot. Lancé à l’été 2005 par Jean-Claude Biver, aujourd’hui Président de la marque, ce nouveau modèle est à l’origine de la collection phare de Hublot et celui qui va lui permettre de renouer avec le succès. Il incarne le concept de fusion qui repose sur l’effet de surprise provoqué par l’association inédite de matières comme la céramique de la lunette, l’acier de la boîte, le carbone du cadran, le kevlar et le caoutchouc du bracelet.

Bing Bang Céramique Blanche © Hublot
Bing Bang Céramique Blanche © Hublot

En 2006, c’est au tour de la Cartier Santos Mystérieuse de poser de nouveaux jalons esthétiques. L’alliance déroutante du design Art déco cher à l’horloger-joaillier parisien et du boîtier en palladium serti de diamants en fait une montre massive et cependant sophistiquée. Le cadran participe de l’originalité de ce garde-temps totalement inclassable avec ses chiffres romains disproportionnés qui convergent vers une bulle transparente à 9 h. Les membres du jury auront sans doute été séduits par l’audace esthétique de cet anachronisme horloger, inspiré des pendules mystérieuses conçues par Cartier dès 1912.

Mais c’est Audemars Piguet qui fait véritablement preuve de témérité en lançant sa Millenary avec seconde morte et remporte le prix en 2007. Pour mettre à l’honneur son nouvel échappement révolutionnaire, la manufacture du Brassus a créé une montre ovale surprenante. Son cadran entièrement ouvert avec affichages excentrés, ses aiguilles squelettes, son décor alternant côtes de Genève, fins sillons circulaires et gaufrure inscrivent l’avènement d’une esthétique tridimensionnelle qui va marquer durablement les codes de la Haute Horlogerie.

Millenary à seconde morte © Audemars Piguet
Millenary à seconde morte © Audemars Piguet
2008-2011 : ovnis horlogers

Les derniers prix décernés marquent l’aboutissement de la révolution stylistique initiée au début des années 2000. La créativité débridée des designers horlogers donne le jour à des garde-temps ultra-compliqués moins inspirés des modèles historiques que des références aéronautiques, voire militaires.

En 2008, la C1 Tourbillon Gravity de Concord ouvre le bal. Dépositaire de l’esprit avant-gardiste de la Delirium lancée par la marque dans les années 1970, elle s’impose par un design futuriste qui tranche radicalement avec les anciennes lauréates. Conçue en collaboration avec BNB Concept, spécialiste du tourbillon, la C1 Tourbillon Gravity propose une vision de l’horlogerie qui place la mécanique au cœur de la réflexion. Son design non conformiste s’adapte à l’extraordinaire complexité du mouvement : échappement vertical intégré dans une cage logée dans un prolongement du boîtier à 4 h, chronographe flyback dont le poussoir se situe sur le côté du boîtier à 7h30, couronne à 2h et pignon perpendiculaire orthogonal reliant la cage au train d’engrenage.

C1 Tourbillon Gravity © Concord
C1 Tourbillon Gravity © Concord

Vient ensuite l’Opus 9 de Harry Winston. Le design franc et anguleux de la boîte souligne le mouvement dont la conception originale est en rupture totale avec l’affichage traditionnel des heures et minutes (deux chaînettes parallèles entraînées par un système de crémaillère). À l’encadrement vient s’ajouter un pont central marqué d’un large « 9 », véritable colonne vertébrale esthétique et mécanique de la montre.

Opus 9 © Harry Winston
Opus 9 © Harry Winston

Dans le même esprit, le jury de 2010 consacre la Horological Machine n°4 Thunderbolt de MB&F inspirée par le design de l’avion A-10 Thunderbolt. Comme son nom l’indique, cet ovni horloger ne prétend pas être une montre, et Max Büsser – fondateur de MB&F et passionné de modèles réduits – reconnaît qu’elle n’a pas été développée pour indiquer l’heure. Cet hybride, à mi-chemin entre horlogerie et aéronautique, s’en acquitte cependant avec ses cadrans perpendiculaires au poignet étonnamment lisibles. À gauche, la réserve de marche est indiquée par une aiguille squelette ; à droite, heures et minutes sont indiquées par de larges aiguilles remplies de Super-LumiNova se terminant en pointe de flèche.

Horological Machine n°4 Thunderbolt © MB&F
Horological Machine n°4 Thunderbolt © MB&F

Que dire enfin de l’UR-110 d’Urwerk, qui remporte en 2011 la dernière édition du prix ? Son nom de code « Torpedo » renvoie aux trois têtes chercheuses qui voyagent groupées sur le cadran. La technicité de son mouvement qui traduit le temps en heure satellite s’observe à travers une large glace saphir aux dimensions panoramiques. Entre rotation et contre-rotation, l’effet produit est volontairement subtil et difficilement décelable au premier coup d’œil. Asymétrique et complexe, la Torpedo brouille toutes les pistes.

UR-110 © Urwerk
UR-110 © Urwerk

Au cours des 10 ans qu’aura vécus le prix de la Montre design, les membres du jury du Grand Prix d’Horlogerie de Genève auront finalement – et probablement involontairement – été les témoins d’une évolution stylistique qui a conduit progressivement à une libération totale de la créativité horlogère, portée par une technique à la pointe de son art.

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