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Le développement durable s’invite à Watches and Wonders
Watches and Wonders

Le développement durable s’invite à Watches and Wonders

mercredi, 21 avril 2021
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Si le concept est dans toutes les bouches, il commence à se traduire en actes. Et plus seulement en quelques pauvres initiatives isolées. Le développement durable devient une réalité tangible dans le monde horloger. Watches and Wonders s’en fait l’écho.

Quelle meilleure personnalité choisir que l’explorateur Mike Horn pour dresser le pitoyable état de la planète ? Généralement, ce type de préoccupation ne figure pas comme plat de résistance des grands raouts du luxe. Sauf au récent Watches and Wonders, dont l’un des panels quotidiens était consacré aux questions liées à la responsabilité sociale des entreprises. La preuve que les temps changent avec, précisément, Mike Horn pour en faire état. Son constat était d’ailleurs sans appel. Déforestation, désertification, fonte des glaces : partout où ses explorations l’ont mené ces 20 dernières années, et particulièrement aux pôles, les conséquences de l’activité humaine se font sentir et de manière de plus en plus dramatique. « Inutile de se voiler la face ! s’exclamait-il. L’industrie a son rôle à jouer dans toutes ces questions environnementales. Un rôle massif où il n’est aujourd’hui plus tellement question de responsabilité mais bien d’investissement social. Nous avons besoin d’un engagement de la part des entreprises, d’actions concrètes, et nous en avons besoin maintenant. »

Mike Horn
Mike Horn

Mike Horn a-t-il été entendu ? Par Officine Panerai certainement, auprès de qui l’aventurier a joué le rôle de véritable aiguillon. « Il y a trois ans, Mike Horn est en effet venu nous voir avec un morceau d’hélice de son bateau en nous mettant au défi d’en faire une montre. Pour nous, cette proposition a été un véritable déclencheur, expliquait lors du même panel Jean-Marc Pontroué, CEO de la Maison. Non seulement nous avons réussi, dans un premier temps, à réaliser un modèle recyclé à 40 %, mais nous avons également commencé à réfléchir à un véritable modèle d’affaires environnemental. Pourquoi en effet ne serait-il pas possible de produire des montres faites entièrement à partir de composants recyclés ? »

Luminor Marina eSteel (Pam1157) © Panerai
Luminor Marina eSteel (Pam1157) © Panerai

La question a d’ores et déjà trouvé sa réponse. Panerai présente ainsi cette année une Submersible e-Lab-ID dont 98,6 % du poids est fait de matériaux recyclés comme du titanium pour le boîtier, le cadran et les ponts, du silicium pour l’échappement ou encore du Super-LumiNova® pour la luminescence des aiguilles et des index. Et la Maison accompagne encore cette édition limitée à 30 pièces d’une Luminor Marina eSteel dont l’acier de la boîte et du cadran est également recyclé pour représenter 58,4 % du poids total de la montre. « Dorénavant, nous allons indiquer pour chacun de nos nouveaux modèles le pourcentage de matériaux recyclés qui les caractérise, poursuivait Jean-Marc Pontroué. Une démarche qui s’accompagne chez Panerai d’initiatives au niveau de l’entreprise pour réduire son empreinte carbone et surtout d’une volonté de créer un écosystème ouvert en matière de production. Pour la création de ces deux montres “e” pour “écologiques”, nous avons travaillé avec une dizaine d’entreprises dont la moitié était novice en horlogerie. Le mieux que l’on puisse souhaiter, c’est que ces entreprises commencent à collaborer avec un nombre croissant de marques horlogères pour le développement de projets similaires aux nôtres. »

Art Series Rhinoceros © Spaeake-Marin
Art Series Rhinoceros © Spaeake-Marin

Jusqu’ici, les Maisons horlogères ont surtout fait part de leurs efforts en matière d’approvisionnement en or et de pierres précieuses afin d’en assurer la traçabilité. Une démarche pour laquelle Chopard a fait œuvre de pionnier dès l’an 2010, année du 150e anniversaire de la Maison, et qui s’est déjà concrétisée dès 2018 avec l’utilisation exclusive d’or éthique pour l’ensemble de ses créations. « Les jeunes n’en attendent pas moins de notre part, exposait Karl-Friedrich Scheufele, co-Président de Chopard. Mais cette approche ne doit pas se limiter aux questions d’approvisionnement. Il s’agit d’une stratégie globale qui touche aussi bien les produits que les moyens de les réaliser et ce, jusque dans le moindre détail. »

Oris Dat Watt created with the Common Wadden Sea Secretariat
Oris Dat Watt created with the Common Wadden Sea Secretariat

Autant dire que Karl-Friedrich ne prêche plus dans le désert. Ce qui commence d’ailleurs à avoir un impact sur les montres, de plus en plus nombreuses à intégrer des matériaux recyclés, notamment au niveau des bracelets. Lors de Watches and Wonders, on a ainsi pu voir Speake-Marin proposer une Art-Series Rhinoceros dont les attaches sont à base de bois et de liège. Le produit de la vente doit d’ailleurs servir pour partie à la protection de cette espèce menacée. Carl F. Bucherer fait de même en faveur des raies manta avec ses Scubatec au bracelet recyclé à partir de bouteilles de PET. Quant à Oris, pour rester dans le périmètre de Watches and Wonders, c’est en faveur de la mer des Wadden que la Maison s’engage notamment avec sa Dat Watt.

Tank Must SolarBeat © Cartier
Tank Must SolarBeat © Cartier

Cartier de son côté va un pas plus loin avec sa toute dernière Tank dont le bracelet est fait pour moitié à partir de déchets de pommes. La manufacture a en effet réussi à faire de son modèle une montre à énergie solaire sans en modifier l’esthétique et ce, grâce à la perforation invisible des chiffres romains positionnés sur le cadran. « Deux ans ont été nécessaires aux équipes de développement pour mettre en place ce mouvement SolarBeat™, d’une durée de vie d’environ 16 ans dont la montre Tank Must est la première à bénéficier », explique Cartier. Avec sa Type 2N, Ressence propose aussi une montre à énergie solaire qui vient alimenter le module électronique de cette montre dotée également d’un calibre automatique pour la partie horaire. Avec ses deux fuseaux horaires et son système e-Crown intelligent, connecté au smartphone par Bluetooth, cette montre électromécanique parle assurément un langage qui n’a plus guère besoin de porte-voix auprès des milléniaux.

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