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Le Diable s’habille en… Toile
Points de vue

Le Diable s’habille en… Toile

Thursday, 23 January 2020
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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4 min de lecture

Papier imprimé ou écran numérique ? Vaut-il mieux feuilleter un journal, lire un livre sur papier ou sur écran ?

Mon Dieu, direz-vous, encore une querelle ? Non, n’ayez crainte, je n’entends pas débattre des meilleurs supports éditoriaux. Je souhaite juste faire une observation sur l’édition (papier et web) relative à l’univers de l’horlogerie. Un secteur, avouons-le, plutôt encombré, notamment par les suppléments spéciaux des quotidiens nationaux et magazines grand public, sans grandes idées, parfois franchement embarrassants. À ce propos, je me suis toujours demandé comment toutes ces publications, sur papier glacé ou non, envisagent de survivre en vendant des articles « journalistiques » qui dépendent des photos fournies par les services de presse des marques et sont garnis de textes (remaniés) de même provenance. Le tout disponible tel quel sur le site internet du même journal.

Je comprends bien que dans l’édition, hormis de rares exceptions, on n’est pas encore au clair sur la manière de retrouver de la rentabilité. La Toile a brouillé les cartes et les règles d’une industrie qui, depuis l’époque de Gutenberg il y a cinq cents ans, fait la même chose – même si les outils d’impression et les moyens de distribution ont évolué au fil du temps. Le numérique a changé la donne, il a poussé l’art de la typographie et du journalisme dans une quatrième dimension qui n’est plus linéaire et ne répond plus à des règles connues. Et c’est le chaos.

De doctes sondages révèlent que le public n’achète plus de journaux : vu l’offre, le contraire serait étonnant !

Nul n’a de formule magique et le soussigné moins que quiconque. Mais un brin de bon sens, oui. Depuis le début de cette révolution informatique, il s’est avéré que le papier et le numérique formaient des univers diamétralement opposés. Et pourtant, parmi les maisons d’édition, au lieu d’investir d’emblée dans la quête de nouvelles solutions et dans la créativité, on a préféré licencier, fermer des titres et s’enfoncer la tête dans le sable. Il est clair qu’ensuite de doctes sondages révèlent que le public n’achète plus de journaux : vu l’offre, le contraire serait étonnant !

La parthénogenèse de l’information

La Toile a une syntaxe qui n’est pas celle du papier, et vice versa. Après avoir remporté sur le papier la « course » consistant à fournir des informations presque en temps réel, la Toile a engendré la link economy, l’économie de ces liens hypertextes tentaculaires qui relient et donnent du sens à l’avalanche sans cesse croissante de données qui, désormais, se créent par parthénogenèse, par auto-activation. Même un enfant comprend que les liens avec des informations adéquates ont une valeur stratégique pour ceux qui savent les utiliser à leur profit, et notamment les entreprises. Voilà pourquoi, même dans le secteur de la Haute Horlogerie, parmi les éditeurs spécialisés ou non et parmi les marques, il convient de réfléchir à l’usage différencié de la Toile et du papier pour en tirer le meilleur profit.

Le papier, c’est la culture.

Outre l’évidente information sur les nouveautés, des flashs historiques ou comparatifs, des forums, des films, des animations, des infographies interactives…, la Toile peut proposer, vu ses spécificités, toute une série de liens actualisés : de véritables appâts pour attirer clients et lecteurs qui, comme tout le monde à l’heure numérique, ont changé non seulement leur manière de lire mais surtout celle de penser. Au papier imprimé, en revanche, revient la tâche de la qualité, des dossiers, des approfondissements sur les marques et les produits, de la spécificité littéraire dans un contexte historique et culturel, toutes choses qui n’auraient aucun sens sur la Toile. Personne ne s’aventure en Ferrari sur un parcours tout-terrain et, à l’inverse, ne s’aligne en SUV aux 24 Heures du Mans. Car, ne l’oublions pas, si la Toile véhicule l’information à l’état pur, le papier, c’est le haut de gamme ; le papier, c’est la culture.

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