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Le diamant entre dans la blockchain
Economie

Le diamant entre dans la blockchain

lundi, 10 mai 2021
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Alors que LVMH, Richemont et Prada viennent d’annoncer le lancement de la blockchain Aura, les technologies progressent dans la filière du diamant où la blockchain est également présentée comme la solution d’avenir en matière de traçabilité.

Tout comme les cryptomonnaies se multiplient, les plateformes de blockchain commencent à envahir l’univers du luxe. La pandémie mondiale n’y est certes pas étrangère pour avoir « digitalisé » l’essentiel des transactions durant les périodes de confinement, mais c’est de loin pas la seule explication. Le besoin de transparence, les exigences de produits durables et l’essor des marchés de seconde main, où les contrefaçons pullulent, ont également favorisé l’émergence de solutions probantes. Et parmi elles, la technologie de la blockchain est certainement l’une des plus prometteuses. Arianee, qui a développé sa propre plateforme, a par exemple déjà fait son chemin dans l’univers horloger pour avoir gagné à sa cause des marques comme Audemars Piguet, Breitling, MB&F, Roger Dubuis et Vacheron Constantin. « Les comportements de consommation changent, les nouvelles générations ont une vie numérique qui leur est propre et la demande de confidentialité des données augmente, expose Arianee. Notre rôle consiste à construire de nouvelles relations de confiance entre marques et propriétaires en fournissant aux produits de luxe une représentation numérique transparente, authentique et sécurisée, une sorte de jumeau numérique. Ces jetons non fongibles (NFT) offrent une valeur numérique à chaque objet. »

Problèmes de traçabilité

Mais Arianee n’est désormais plus seul dans l’univers du luxe en général et la branche horlogère en particulier. Début mai, c’était au tour du groupe Richemont via Cartier, de LVMH et Prada d’annoncer la création du consortium #AuraBlockchain, décrite comme la première solution blockchain globale et ouverte à toutes les marques de luxe afin d’offrir aux consommateurs une transparence et une traçabilité accrues. « Cette solution permettra de répondre aux défis en matière d’authenticité, d’approvisionnement responsable et de durabilité dans un format numérique sécurisé », précisent les initiateurs d’Aura. Avec cette technologie, assurent-ils, le client aura un accès direct à l’historique du produit et aux preuves de son authenticité. Il pourra suivre facilement et de manière transparente son cycle de vie, de sa conception à sa distribution, avec des données fiables tout au long du processus. Différence avec Arianee, qui est un système ouvert avec un protocole open-source au code public permettant aux marques de créer leur propre interface, Aura se veut une plateforme privée, développée notamment par Microsoft, qui offre un contrôle accru sur les processus et les données. « Nous devons nous assurer que nous ne mettons pas les données client importantes entre les mains d’un tiers, rapporte Timothy Iwata Durie, directeur mondial de l’innovation chez Cartier. Nos existences se calculent en centaines d’années et non en cinq. Il est important de protéger l’intégrité des informations de nos clients. »

Les enjeux sont à la mesure d’un marché de la joaillerie en pleine expansion, attendu proche de la barre des 500 milliards de dollars à l’horizon 2025.

La traçabilité, c’est exactement ce à quoi la filière du diamant est confrontée depuis longtemps. La problématique des « diamants de sang » a certes été largement prise en considération et combattue via le Kimberley Process lancé en 2003. Mais, de l’avis des experts, ce fléau est encore loin d’être éradiqué. Et comme depuis 2003 les technologies numériques ont fait des pas de géant, elles sont en passe de prendre le relais en ce qui concerne l’origine des diamants et leur parcours de la mine à la vitrine. Les géants de l’extraction sont déjà à l’œuvre pour mettre en place un système de blockchain permettant d’identifier chaque pierre avec son code numérique à même de la suivre tout au long de son existence, par définition séculaire. Les enjeux sont à la mesure d’un marché de la joaillerie en pleine expansion, attendu proche de la barre des 500 milliards de dollars à l’horizon 2025. Chez De Beers, la solution retenue a pour nom Tracr, solution également adoptée par Alrosa réunissant ainsi les deux premiers producteurs mondiaux de diamants.

Les nanotechnologies à l’œuvre

À ce stade, le principal problème consiste à faire adhérer les différents acteurs tout au long de la chaîne d’approvisionnement, notamment dans les pays en développement. Autre difficulté, la technologie permettant une identification des pierres. Des solutions par scanner robotisé ont déjà été testées, mais là également les progrès sont considérables, notamment dans les nanotechnologies. En février dernier et après trois ans de recherche et développement, la société new-yorkaise Nano Innovator Holdings dévoilait un prototype permettant une telle identification sur les diamants bruts et polis, voire sur les diamants de synthèse. Le système repose sur une solution de stockage des données sur le cloud, couplée à un système de reconnaissance optique pour smartphone et une application propriétaire sur le smartphone client permettant de détecter et lire les « nano-tags » réalisés par scanner sous la surface du diamant sans en altérer les propriétés. Opsydia, un spin-off de l’université d’Oxford, est également sur les rangs avec sa technologie au laser permettant d’imprimer une marque de 1 millième de millimètre à 0,15 millimètre sous la surface du diamant et ce en 1 millième de milliardième de seconde !

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