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Le groupe Richemont mise tout sur le luxe
Economie

Le groupe Richemont mise tout sur le luxe

vendredi, 20 juin 2008
Par Florence Noël
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Florence Noël

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4 min de lecture
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Le numéro deux mondial du secteur poursuit son projet de séparation entre les activités tabac et son entité luxe. Cette dernière aura son siège basé en Suisse.

Les experts avaient tablé sur moins. Affichant un bénéfice net de 1,57 milliard d’euros (2,54 milliards de francs suisses), le groupe Richemont s’est lui-même dit surpris du bon niveau de ses résultats 2007-2008. « Des résultats légèrement supérieurs à nos prévisions », selon les déclarations du président de la holding Johann Rupert, qui confirme toutefois s’attendre à ce que l’embellie du secteur s’atténue prochainement, crise du subprime oblige.

Source: rapport annuel 2008 Groupe Richemont
Source: rapport annuel 2008 Groupe Richemont

Pas étonnant dès lors que Richemont décide de renforcer son « core business », à savoir le segment horlogerie-joaillerie en forte progression sur son exercice clos à fin mars 2008. Face à une consommation américaine en ralentissement, la demande dans les pays émergents, et particulièrement en Chine, friands en produits de luxe ne cesse d’augmenter. En témoigne le détail des résultats annuels du groupe : si le bénéfice net inclut les dividendes émanant de la participation de près de 20% dans British American Tobacco (BAT), qui totalisent près de 610 millions d’euros (+13%), la majeure partie des profits de Richemont provient de l’entité luxe, en croissance de 21% à 1,11 milliard.

L’horlogerie à l’honneur

A l’honneur, le segment horloger. Les ventes de Richemont ont été dopées par ses marques de montre, dont Piaget, Vacheron Constantin, Jaeger-LeCoultre, Baume et Mercier, IWC, A. Lange & Söhne ou encore Panerai. Au total, ces filiales ont généré près de 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires, en progression de 15%. Du côté de la joaillerie (Cartier, Van Cleef & Arpels), la progression est tout aussi intéressante avec des ventes en hausse de 9% à 2,6 milliards d’euro.

Source: rapport annuel 2008 Groupe Richemont
Source: rapport annuel 2008 Groupe Richemont

Autant dire que la concentration dans le secteur du luxe va permettre à Richemont de répondre à une demande toujours plus grande de certains marchés et pallier ainsi la crise actuelle qui se répand depuis les Etats-Unis. En avril, le groupe en mains sud-africaines a certes bien démarré son nouvel exercice en enregistrant une hausse de 16% de ses ventes. Mais il accuse désormais sur le marché américain les conséquences d’un ralentissement certain de la consommation. « C’est pourquoi nous ne pouvons projeter une telle croissance sur l’ensemble de l’année », a reconnu Johann Rupert.

Une scission programmée

Fort de son excellent résultat dans ses filiales horlogères et joaillières, le numéro deux mondial du luxe derrière le Français LVMH a ainsi confirmé son projet annoncé en novembre dernier consistant à scinder ses activités en deux. D’un côté le tabac (BAT), de l’autre le luxe, emmené par l’horlogerie-joaillerie mais comprenant également le segment « Instruments d’écriture » (Montblanc et Montegrappa) ou encore la maroquinerie avec les marques Alfred Dunhill et Lancel qui poursuit son positionnement sur le haut de gamme entamé en 2006. A terme, la société regroupant l’entité luxe de Richemont aura un siège basé en Suisse, tandis que la participation de BAT sera confiée à un fonds d’investissement basé au Luxembourg, partiellement en mains des actionnaires de Richemont. Une situation qui devrait aboutir d’ici quelques temps, à un processus de reprise de la participation de BAT par un fonds d’investissement impliquant trois pays (Suisse, Luxembourg, Afrique du Sud) et incluant une phase très complexe de mise en cotation secondaire à la Bourse de Johannesburg.

Source: rapport annuel 2008 Groupe Richemont
Source: rapport annuel 2008 Groupe Richemont

Reste qu’une telle opération financière induira sans conteste des rentrées de liquidités qui pourraient donner des idées d’investissement à Richemont. Notant qu’aucune acquisition n’était pour l’heure en vue, Johann Rupert a toutefois concédé que la scission de la participation dans BAT suscitera certaines « impulsions ». Et le patron du groupe de développer que « ces éventuels achats se concentreront sur le secteur du luxe ». Pas de doute, Richemont voit son avenir en rose. Un rose évidemment très luxueux.

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