>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Le luxe est de retour, foi d’investisseur
Economie

Le luxe est de retour, foi d’investisseur

lundi, 04 juin 2018
fermer
Editor Image
Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

Lire plus

CLOSE
5 min de lecture

Sur les quatre premiers mois de l’année, les exportations de montres suisses ont enregistré une croissance de 11 %. La Bourse n’a pas attendu ces bonnes nouvelles pour propulser les valeurs du luxe vers de nouveaux sommets atteints courant mai.

Les représentants de la famille Hayek aux commandes du Swatch Group le disent et le répètent, peu leur importe l’évolution du cours des actions Swatch en Bourse, et encore moins l’avis des analystes financiers sur le sujet, étant donné qu’ils se considèrent d’abord et avant tout comme des industriels et non comme des spéculateurs affamés. Et pourtant, les investisseurs sont aujourd’hui clairement de leur côté. Que l’on en juge : sur six mois, l’évolution des titres de la compagnie sur le marché suisse affiche une progression de 32 % à fin mai avec un pic à 38 % atteint quelques jours auparavant. Comment expliquer ce petit « coup de mou » en fin de mois, alors même que les instances dirigeantes de la multinationale ont affiché un optimisme à tous crins lors de l’assemblée générale tenue le 24 mai dernier, laissant présager une année faste pour le Groupe ? En jargon professionnel, cela s’appelle des « prises de bénéfices ». En d’autres termes, après une telle envolée de cours, nombreux sont ceux qui ne veulent pas tenter le diable et préfèrent revendre leurs actions à un niveau jugé suffisamment favorable pour empocher leurs gains. Comme les cours de Bourse sont l’exact reflet de toutes les informations à disposition et que l’assemblée générale du Swatch Group n’a pas apporté de nouvelles fracassantes sur la marche des affaires de l’entreprise, le moment était particulièrement bien choisi pour solder tout ou partie de ses positions.

Selon les chiffres des douanes, les exportations de montres helvétiques ont à nouveau le vent poupe.

Cette envolée sur six mois ne doit rien au hasard. C’est d’ailleurs ce que les statistiques du commerce extérieur suisse sont encore venues confirmer il y a quelques jours. Selon les chiffres des douanes relayés par la Fédération de l’industrie horlogère suisse (FH), les exportations de montres helvétiques ont à nouveau le vent en poupe. L’inversion de tendance est finalement intervenue à l’automne 2017 et ce, après plus de deux ans d’une traversée du désert dont les stigmates ne sont pas encore tous refermés. Comme le relevait encore la Convention patronale de l’industrie horlogère suisse (CP) courant mai, « au 29 septembre 2017, 54’944 personnes étaient actives dans le secteur horloger et microtechnique en Suisse, soit 1’858 de moins qu’en 2016 (– 3,3 %). C’est ce que montre le recensement annuel publié par la CP. Après une baisse de – 3,4 % observée en 2016, ce nouveau recul témoigne de la poursuite d’une situation économique incertaine ». Comme le note encore la Convention, la dernière baisse importante des effectifs avait été causée par la crise des subprimes. La branche avait alors perdu 4 000 emplois entre 2008 et 2009 mais pour embaucher 10’000 collaborateurs lors des six années suivantes.

Evolution comparative sur six mois des titres Swatch Group (UHR, courbe orange), Richemont (CFR, courbe bleue) et de l’indice SMI de la Bourse suisse (SMI, courbe noire).
Evolution comparative sur six mois des titres Swatch Group (UHR, courbe orange), Richemont (CFR, courbe bleue) et de l’indice SMI de la Bourse suisse (SMI, courbe noire).
Des performances exceptionnelles

Tout espoir n’est donc pas perdu, loin de là. Car si la situation a fini par se stabiliser lors du second semestre 2017 du côté des exportations horlogères suisses, depuis le début de l’année on peut clairement parler d’un nouveau momentum que la FH qualifie de « croissance soutenue » : « Après une relative accalmie en mars, la croissance est repartie de plus belle en avril, note la FH. La valeur des exportations a bondi de 13,8 % par rapport à avril 2017 à 1,8 milliard de francs, retrouvant ainsi le rythme affiché durant les deux premiers mois de l’année. En cumul depuis janvier, les exportations horlogères ont déjà totalisé 6,7 milliards de francs, soit une hausse de 11 % sur quatre mois. » En termes de marchés, on notera depuis janvier la formidable poussée de Hong Kong (+ 26,8 %) et de la Chine (+ 17,1 %), tout comme celle des États-Unis (+ 9,8 %), qui se réveillent d’une longue léthargie, sans oublier le Japon (+ 19,6 %). Avec de tels taux de progression enregistrés sur les quatre premières destinations pour les montres suisses, les Maisons ont de quoi se réjouir.

Depuis que le vent a tourné, le secteur du luxe est à nouveau apparu dans le radar de proximité des investisseurs.

Ce ne sont d’ailleurs pas les seules. Depuis que le vent a tourné, le secteur du luxe est à nouveau apparu dans le radar de proximité des investisseurs. À la clé, des envolées de cours tout à fait comparables à celle des actions du Swatch Group. On retrouve ainsi les titres Kering et Hermès au sommet de la vague avec un bond de 43,8 % sur six mois à fin mai pour le premier et de 40,2 % pour le second, tous deux suivis par les actions LVMH, qui progressent d’un « honorable » 24 %. Pour rester dans le secteur horloger, on notera encore le parcours de Movado, qui s’adjuge un solide 68,3 % semestriel à Wall Street. Seul Richemont (+ 5,5 %) reste en retrait à la suite de la publication de résultats pour son exercice clos à fin mars 2018 inférieurs aux attentes des analystes. Inutile de dire que de telles performances donnent le tournis, performances apparentées aux rendements espérés en matière de capital-risque. Jusqu’ici, le luxe n’était certainement pas à ranger dans cette catégorie d’investissements et probablement que les rendements vont se tasser à moyen terme. Mais une seule conclusion s’impose : le luxe est bien de retour !

Haut de page