>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2020 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Le marché des ventes aux enchères en Chine reste une...
Culture

Le marché des ventes aux enchères en Chine reste une affaire chinoise !

mardi, 11 janvier 2011
Par Danièle Chambas
fermer
Danièle Chambas

Lire plus

CLOSE
5 min de lecture

Après avoir fondé Antiquorum il y a 36 ans, puis récemment Patrizzi & Co Auctioneers avec un concept inédit de zéro commission pour l’acheteur, Osvaldo Patrizzi, mondialement reconnu comme l’un des meilleurs experts en horlogerie ancienne, se lance un nouveau défi : le marché chinois.

En qualité de consultant, Osvaldo Patrizzi vient de superviser plusieurs ventes aux enchères en Chine, dont une à Pékin en décembre dernier. Il nous livre ses impressions.

Pourquoi avez-vous choisi d'attaquer le marché chinois ?

En 1979, j’ai ouvert le marché asiatique en organisant la première vente aux enchères à Hong Kong. Trente ans plus tard, je poursuis donc ce travail de pionnier en Chine, le nouvel eldorado de l’horlogerie. Le potentiel y est quasi illimité, car les Chinois ont une tradition horlogère très ancienne, un engouement toujours plus grand pour les montres et pendules, et les moyens financiers de se les offrir. Ils découvrent les ventes aux enchères, qu’ils assimilent à une sorte de jeu, un jeu qui coûte de l’argent. Ils achètent par exemple beaucoup de meubles et d’objets d’art chinois. Quant aux ventes de montres, si elles n’en sont qu’à leurs premiers balbutiements, elles se révèlent d’ores et déjà très prometteuses sur un marché puissant et de longue durée. Les milliardaires, dont le nombre augmente chaque mois, sont en train de reconstituer leur patrimoine culturel, jouant ainsi un rôle de plus en plus actif dans le secteur des beaux-arts et de la Haute Horlogerie.

Comment s'est déroulée la vente de décembre à Pékin ?

Organisée par Poly Auction au Beijing Asia Hotel, la vente, qui comprenait 5’940 lots, en majorité des objets d’art chinois, s’est déroulée sur cinq jours pour un total de USD 720 millions (CHF 668 millions/EUR 557 millions). Une pendule de la cour impériale réalisée en 1790 à Canton pour un empereur de la dynastie Qing a par exemple été adjugée pour USD 6,7 millions (CHF 6,5 millions/EUR 5,2 millions), sans commission, à un collectionneur chinois. Cette pendule à automates très richement décorée devient ainsi la deuxième enchère la plus importante jamais atteinte dans l’horlogerie, après la célèbre montre de poche « Graves » à 24 complications de Patek Philippe.

Le volet horloger de 238 montres-bracelets, montres de poche et pendulettes peut être regardé comme une sorte de test très encourageant. Il a confirmé l’engouement des Chinois pour les pièces très récentes ou véritablement anciennes, en particulier les montres de poche, et leur manque d’intérêt pour les lots vintage. Parmi les marques suisses, Patek Philippe a dominé la vente, avec une cinquantaine de lots, suivi par Vacheron Constantin, Piaget, Breguet, Ulysse Nardin et Jaeger-LeCoultre. Plusieurs Patek Philippe ont réalisé des scores très importants, telle la réf. 3939HR tourbillon en or rose datée de 2008 (lot 5831), qui est partie pour USD 576’000 (CHF 559’000/EUR 445’000), une somme bien supérieure à son estimation la plus haute. Quelques très belles pièces de fabrication chinoise ont également joué les stars. Quant au public, il était composé exclusivement de Chinois, mis à part un Canadien et moi-même.

Et dans le reste de la Chine ?

Pékin et Shanghai sont des villes rodées en ce qui concerne les ventes avec des collectionneurs et amateurs qui savent quand et comment miser. Et certains peuvent aller très loin lorsqu’un lot leur plaît. En revanche, dans d’autres villes comme Shenyang, où une vente de 140 lots était organisée pour la première fois, dès qu’une personne levait la main, tout le public l’imitait… ce qui a compliqué le bon déroulement des enchères tout en expliquant les résultats vraiment moyens obtenus. Mais les Chinois apprennent très vite.

Comment qualifiez-vous ce marché ?

Actuellement, il est difficile pour les Occidentaux, pour trois raisons : la méfiance des Chinois envers les Européens, une mentalité différente et la barrière de la langue. Néanmoins, je le considère comme très prometteur dans le futur, à condition d’arriver à établir des relations de confiance. Pour le moment, le secteur des ventes aux enchères se développe entre les différentes maisons chinoises, qui se comptent par centaines, et reste donc une affaire exclusivement chinoise. La commission acheteur est fixée à 12 %, et celle du vendeur reste négociable.

En quoi consiste votre rôle de consultant ?

Je fournis des pièces susceptibles de les intéresser, en particulier des montres de poche fabriquées en Europe à la fin du xviiie siècle et au début du xixe siècle pour le marché chinois et qui avaient quitté l’empire du Milieu. Je fournis également tous les renseignements historiques indispensables. Les Chinois s’informent beaucoup via Internet. Ils me connaissent par mes nombreux livres consacrés à l’horlogerie ainsi que par les ventes thématiques que j’ai organisées dans le passé. Les contacts sont ainsi facilités.

Allez-vous continuer à travailler en Chine ou revenir en Europe ?

Pour le moment, mon objectif reste la Chine. Après avoir fermé mes bureaux de New York et Milan, je ne conserve qu’une représentation à Genève et à Hong Kong. Il se peut que je monte quelque chose à Monaco, mais, à 65 ans, je n’ai pas envie de tout recommencer de zéro. En fait, j’aimerais ne faire que ce qui me plaît : approfondir toujours plus l’histoire des montres par exemple et faire découvrir mes expériences de 50 ans de vie horlogère. Et avant tout profiter de la vie !

Haut de page