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Le Mexique, toujours plus proche de Dieu
Economie

Le Mexique, toujours plus proche de Dieu

mardi, 25 novembre 2014
Par Manuel Palos
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Manuel Palos

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4 min de lecture

Avec son nouveau président Enrique Peña Nieto, le Mexique a retrouvé la foi grâce à un ambitieux programme de réformes destiné à profiler le pays comme une puissance économique de premier ordre. Pour l’heure, les fruits se font attendre. Les ventes de montres aussi.

« Pauvre Mexique, si loin de Dieu, si proche des États-Unis. » Cette célèbre phrase a été prononcée il y a près d’un siècle par Porfirio Díaz, président et dictateur mexicain pendant près de 40 ans. Elle reflète à la perfection l’histoire complexe de ce pays d’Amérique latine où se côtoient le meilleur comme le pire. Le Mexique possède pourtant tout ce dont un pays a besoin : des ressources énergétiques, un « bonus démographique » impressionnant, une position géographique favorable, autant de piliers essentiels à un solide essor économique. Mais depuis quelques années, le dragon latino-américain ne rugit plus guère. Et par mimétisme, son marché du luxe retient son souffle.

La voie des réformes

La solution réside-t-elle dans les réformes, celles entreprises par l’actuel président de la République, Enrique Peña Nieto ? Jamais homme politique n’avait transgressé autant de tabous pour mettre en chantier « son » Mexique de demain. À peine arrivé au pouvoir il y a moins de deux ans, il convoquait tous les partis pour signer un « Pacte pour le Mexique ». Depuis, le pays est engagé dans la voie des restructurations qui n’épargnent aucun secteur clé : l’éducation, les télécommunications, jusque-là dominées par Telmex, le groupe du milliardaire Carlos Slim en situation de monopole, la politique, où les gouvernements de coalition étaient interdits, les finances publiques ou encore l’énergie, un marché désormais libéralisé qui devrait accueillir une avalanche d’investissements privés internationaux. En attendant, l’économie mexicaine ne semble pas évoluer aussi vite que tout le monde l’espérait. Et l’univers du luxe s’en ressent.

Le Mexique peut très bien se profiler comme un moteur de la croissance mondiale.

L’avenue de Masaryk, au cœur de Mexico, est la métaphore parfaite de l’état du secteur dans le pays. L’artère chic de la capitale est en travaux. Ouvriers et machines ont envahi les trottoirs des boutiques Cartier, Omega, Jaeger-LeCoultre, Bulgari ou Louis Vuitton, comme ceux des meilleurs restaurants de la capitale. Au menu : de la poussière, le brouhaha des travaux et des déviations routières. Un véritable « bazar », comme disent les fidèles de la zone qui désertent les boutiques. D’une voix unanime, les commerçants implorent la fin des travaux pour une reprise normale de l’activité, même si tout le monde l’admet : l’avenue la plus prestigieuse de Mexico ne pouvait pas être laissée dans un état aussi déplorable avec ses nids-de-poule et ses trottoirs défoncés. « En ce moment, les nouvelles lois fiscales freinent l’économie vu que le consommateur a moins d’argent à dépenser, explique-t-on dans les milieux du luxe. Mais avec les investissements actuels, le Mexique peut très bien se profiler comme un moteur de la croissance mondiale. Ce qui portera ses effets sur la consommation. Il reste six à douze mois difficiles à passer. »

La crise ? Quelle crise ?

Le gouvernement de Peña Nieto exhorte ainsi à la patience et promet une hausse du PIB de 3,7 % au tournant de l’année, contre 1,1 % en 2013. Un enthousiasme que ne partage pas totalement Cédric Doffey, Suisse de Neuchâtel installé à deux pas de l’avenue Masaryk, qui distribue des marques comme Corum, Girard-Perregaux, JeanRichard ou Romain Jérôme : « Ici, tout comme dans l’industrie horlogère à l’échelle mondiale, nous avons remarqué un ralentissement de la croissance, explique-t-il. Certains indicateurs annoncent même une récession économique prochaine au Mexique. En comparaison des autres pays d’Amérique latine, le marché mexicain reste toutefois un grand importateur de montres suisses. » À quelques mètres de la boutique de Cédric Doffey, Carlos Alonso, le directeur du Salón Internacional de Alta Relojería (SIAR − Salon International de la Haute Horlogerie), corrobore ces impressions : « Fin 2013 et début 2014, nous avons vécu au Mexique la pire crise que le secteur horloger ait connue ces 15 dernières années. Mais personne n’ose parler de crise. » Selon les statistiques de la Fédération de l’industrie horlogère suisse, les ventes de montres suisses au Mexique ont diminué de 7 % entre janvier et août 2014.

Le « président réformateur », le plus important, c’est l’action.
Enrique Peña Nieto

Un besoin d’adaptation, des mesures radicales mais nécessaires et des travaux, beaucoup de travaux. Le Mexique reconstruit sa maison de fond en comble. Les défis n’est restent pas moins d’envergure comme la réduction du taux de pauvreté, pratiquement incompressible depuis une décennie, ou encore l’éradication de la corruption. Quoi qu’il en soit, pour Enrique Peña Nieto, le « président réformateur », le plus important, c’est l’action. Dans tous les domaines. Les fruits du labeur viendront plus tard. Le Mexique sera peut-être alors plus proche de Dieu, à même de traiter d’égal à égal avec les États-Unis ? Et peut-être aussi, terre d’accueil d’innombrables montres de luxe éditées en séries limitées pour célébrer ce « nouveau » marché.

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