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Le monde des enchères face au Covid-19
Culture

Le monde des enchères face au Covid-19

mercredi, 20 mai 2020
Par Geoffroy Ader
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Geoffroy Ader

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7 min de lecture

Les enseignements de la crise du Covid-19 dans les enchères horlogères nous poussent à être prudents. La digitalisation à tout-va de ces derniers mois ne remplacera jamais la fièvre des enchères traditionnelles, encore « masquées » pour quelques mois.

Le confinement de ce début d’année 2020 est un véritable cataclysme qui aura plongé la moitié de l’humanité ainsi que son économie dans une somnolence forcée. Si la Chine a démarré avec un premier cluster dans la ville de Wuhan, épicentre du coronavirus, les grandes capitales mondiales ont suivi les unes après les autres. C’est ainsi que le rideau est tombé brutalement sur le théâtre magique des enchères traditionnelles. Selon une étude récente publiée par Art News, les ventes aux enchères ont reculé de près de 76 % toutes disciplines confondues sur le marché de l’art. Ce fait historique aura induit une marche forcée et accélérée vers la digitalisation, une transition heureuse si l’on en croit les très bons résultats des sessions « Watches Weekly » de Sotheby’s tenues depuis fin mars.

Patek Philippe Réf. 5070 - un chronographe en platine vendu pour 140'000 euros
Patek Philippe Réf. 5070 - un chronographe en platine vendu pour 140'000 euros

La célèbre maison anglo-saxonne a en effet su tirer son épingle du jeu dès la première session avec près de 90 % de lots vendus sur la cinquantaine proposée. Malgré un certain scepticisme ambiant, le marché a bel et bien montré sa résilience avec des prix soutenus et conformes aux tendances actuelles. En particulier pour la Rolex Daytona, véritable baromètre du marché qui, dans certains cas, a même repoussé ses performances. Comme toujours en temps de crise, les acheteurs se sont portés vers des valeurs sûres, Patek Philippe et Rolex, les deux étoiles des enchères, en tête. Si l’on observe une demande moins forte sur les montres classiques à grandes complications des marques de Haute Horlogerie, la « Patek Philippe mania » ne cesse de se renforcer, comme en attestent les résultats soutenus de la première vente d’avril, notamment en ce qui concerne la Nautilus, toujours aussi recherchée.

Haro sur les valeurs sûres

Comme devaient le démontrer les ventes successives, l’engouement des collectionneurs pour les enchères en ligne n’a pas été un feu de paille. Avec Rolex en guise de star dont le succès s’est largement confirmé au fil des semaines. Tous les modèles phares de la marque ont maintenu leur cote, voire mieux pour certaines variantes recherchées. En témoigne le résultat obtenu le 13 mai lors d’une session Watches Weekly de Sotheby’s par une Rolex Daytona avec cadran vert en chrysoprase qui a doublé son estimation initiale. Le marché de la montre de collection reste donc solide, non sans soulever des questions quant à son mode opérationnel largement bousculé par la crise actuelle.

De belles collections sont au programme des enchères à venir.

Au vu des résultats obtenus lors des Watches Weekly de Sotheby’s depuis le début de la crise, il ne fait pas de doute que les valeurs sûres d’hier seront celles de demain avec, probablement, de belles surprises en perspective lors des enchères genevoises décalées à fin juin. Il y a tout lieu de croire que les observateurs seront fidèles au rendez-vous, curieux des prix et des tendances du marché de la montre de collection. Hong Kong devrait prendre le relais en juillet, suivi par Monaco.

Rolex Cosmograph Daytona Réf. 6262 vendu pour 45'000 euros
Rolex Cosmograph Daytona Réf. 6262 vendu pour 45'000 euros

Autre point positif : de belles collections sont au programme avec, notamment, une sélection de Breguet anciennes chez Sotheby’s New York, une partie de la collection Jean-Claude Biver chez Phillips Genève ou encore une importante collection de Patek Philippe chez Christie’s Hong Kong. Sans oublier les ventes estivales à Monaco, celle d’Artcurial en tête, qui proposera également des automobiles de collection lors de sa « Luxury Auction Week ». Reste à espérer que le virus Covid-19 ne provoque pas un second confinement.

La magie des salles de vente

Chaque crise est porteuse d’enseignements. On n’évitera donc pas les questions portant sur l’avenir des enchères traditionnelles au vu des versions digitales nouvellement créées. Christie’s et Sotheby’s déclarent déjà avoir gagné près de 40 % de nouveaux acheteurs lors de leurs récentes ventes en ligne, laissant présager des ajustements pour cette saison 2020 largement pénalisée. Dans ce contexte, qu’en est-il des enchères soumises aux contraintes sanitaires ? Nul doute que les prochains mois s’annoncent compliqués et que les Maisons de ventes vont devoir réfléchir à de nouvelles stratégies. Mais il paraît d’ores et déjà évident que les conséquences de cette crise du Covid-19 seront à la fois économiques et structurelles avec l’avènement d’une ère numérique dans le monde des enchères. Espérons néanmoins qu’un juste équilibre s’instaure entre le monde réel et le monde virtuel.

Soyons raisonnables et ne brisons pas la magie des enchères.

Au-delà des mérites du numérique, que tout le monde a pu tester ces dernières semaines, rien ne peut en effet remplacer le contact physique qui est au cœur de ce métier. Si toutes les maisons d’enchères ont désormais leur plateforme en ligne, il ne faut pas oublier que l’expérience vécue au travers des enchères réelles a toute son importance, comme le contact physique avec l’objet lui-même. Les enchères sont un spectacle à part entière où le brio d’un commissaire-priseur peut faire toute la différence. Un spectacle qui mérite d’être défendu, d’autant que les pièces à passer par le marteau des salles de vente sont de moins en moins nombreuses, soit à peine 5 % du marché mondial des montres de seconde main déjà monopolisé par les géants du numérique comme Chrono24.

Audemars Piguet Royal Oak Offshore Réf. 26007 estimé entre 26'000 et 38'000 euros
Audemars Piguet Royal Oak Offshore Réf. 26007 estimé entre 26'000 et 38'000 euros

Soyons raisonnables et ne brisons pas la magie des enchères, faute de quoi ces trésors horlogers qui nous fascinent garderont un goût amer, loin du spectacle de la comédie humaine. En ce sens, l’univers numérique doit rester un moyen et non une fin. Certes, les ventes aux enchères vont être soumises à des contraintes sanitaires strictes, mais pourquoi ne pas s’en accommoder, notamment le port du masque. Essayons donc de sortir du confinement par le haut, en rassurant avant de rassembler. Nul ne peut lire dans la boule de cristal, mais soyons certains que la flamme des enchères horlogères continuera de briller dans toutes les capitales du marché de l’art et bien au-delà !

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