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Le mythe Oyster (I)
Regards de connaisseurs

Le mythe Oyster (I)

mercredi, 04 janvier 2017
Par Ilias Yiannopoulos
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Ilias Yiannopoulos

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7 min de lecture

L’année 2016 a été marquée par le 90e anniversaire de l’Oyster, un développement qui a changé à jamais la face de nos chères montres mécaniques. Mais Rolex est-elle la seule à pouvoir revendiquer la création de la montre-bracelet étanche ou s’est-elle simplement retrouvée au bon endroit au bon moment ?

L’histoire qui entoure la naissance de l’Oyster est relativement mal connue. Créée en 1926, la Rolex Oyster fut la première montre-bracelet réellement protégée de l’eau et de la poussière. Son mouvement était préservé par une couronne vissée et un boîtier hermétiquement clos. Le modèle de 1926, le premier à prendre le nom d’Oyster, a largement bénéficié de la fameuse traversée de la Manche à la nage de Mercedes Gleitze. Rolex en a fait la publicité en achetant une pleine page dans le quotidien anglais Daily Mail, une excellente initiative qui a permis au produit de réellement décoller. Cependant, la véritable histoire de l’Oyster a commencé quand Hans Wilsdorf a réalisé qu’il était fréquent d’oublier de repousser la couronne d’une montre à remontage manuel, avec pour conséquence de permettre à l’eau de pénétrer dans le boîtier et de causer de gros dégâts. Pour résoudre le problème, il arriva à la conclusion qu’il fallait à la fois assurer l’étanchéité et opter pour un mouvement automatique.

Rolex
Hans Wilsdorf, fondateur de Rolex

Hans Wilsdorf devait commencer par parfaire le boîtier. L’idée d’un modèle étanche n’était pas nouvelle. Sur son site internet, David Boettcher stipule que « comme la montre-bracelet, la montre étanche n’était pas vraiment à “inventer”. Dès que l’objet “montre” est apparu, il était évident que le mouvement devait être logé dans un boîtier sécurisé. De ce fait, les boîtiers ont été progressivement améliorés et rendus de plus en plus imperméables à la poussière ou à l’humidité avant de devenir complètement étanches ». On peut retenir deux étapes importantes : le boîtier d’Aaron Dennison, breveté en 1872, et ceux d’Ezra Fitch, brevetés en 1879 et 1881, le premier à lunette vissée « swing ring » et capuchon vissé sur la couronne, le second à couronne vissée. Ils ont engendré la création du modèle Imperméable d’Alcide Droz & Fils, qui, à son tour, fut à l’origine du boîtier étanche à vis breveté par le fabricant genevois François Borgel en 1891.

Rolex Oyster
Rolex Oyster
Les bases du succès de Rolex

Les améliorations apportées par ces brillants horlogers et inventeurs ont abouti à la création de la Submarine Commanders en 1917, une montre réalisée à la demande de deux commandants de sous-marins britanniques. Si elle n’a pas bénéficié d’un franc succès, elle n’en était pas moins étanche : elle disposait d’un fond et d’une lunette vissés, avec joints compressibles pour renforcer l’imperméabilité, ainsi que d’un tube de remontoir lui-même doté d’un joint pour éviter que l’eau ne coule à l’intérieur du boîtier par l’orifice d’entrée de la tige. Des montres étanches ont également été produites par Gruen et Fortis, sans grand succès à nouveau. Une fois de plus, la voie était libre et Hans Wildsdorf pouvait aller un peu plus loin. Rolex utilisa le boîtier vissé breveté par François Borgel mais en éliminant son talon d’Achille, la fixation du fond. Comme l’explique David Boettcher : « Hans Wilsdorf obtint une meilleure fermeture en concevant, en 1926, un outil plus efficace que la main pour augmenter le couple de serrage. En 1929, il déposa un brevet qui fut publié sous le numéro CH 143449 le 16 janvier 1931. Les fraisages des fonds et les modes d’ouverture pratiqués sur les boîtiers des montres Rolex modernes sont dérivés des concepts de l’époque. »

Le terme « perpétuel » est entré dans le vocabulaire Rolex en 1931, lorsque l’entreprise a adopté des mouvements automatiques d’exception.

Hans Wilsdorf devait en outre trouver une solution pour la couronne. Le 30 octobre 1925, Paul Perregaux et Georges Perret déposèrent, à La Chaux-de-Fonds, en Suisse, un brevet enregistré sous le numéro 114948 concernant un système de remontage avec couronne vissée au boîtier pour assurer l’étanchéité. Après publication, le 17 mai 1926, Hans Wilsdorf s’écria-t-il « Eurêka ! » ? Peut-être bien, car il en acheta immédiatement les droits. Cependant, il savait que la forme adoptée par Paul Perregaux et Georges Perret n’était pas pratique et qu’il faudrait améliorer plusieurs points avant la commercialisation. C’est plusieurs mois plus tard, le 18 octobre 1926, que Hans Wilsdorf déposa le nouveau concept en Suisse, sous le numéro CH 120848. Même alors, il n’était pas absolument parfait, non pas parce qu’il comportait un défaut, mais parce que le remontage de la montre impliquait un dévissage quotidien de la couronne, et donc une usure importante du filetage.

Rolex Oyster
Rolex Oyster
Un tournant décisif en 1931

Le terme « perpétuel » est entré dans le vocabulaire Rolex en 1931, lorsque l’entreprise a adopté des mouvements automatiques d’exception. La première montre-bracelet à remontage automatique a été inventée en 1923 par un horloger du nom de John Harwood installé sur l’île de Man. À la suite d’une mauvaise gestion, l’entreprise Harwood se retrouva hors jeu en 1931. Comme il n’y avait personne pour exploiter son brevet, le champ était libre pour que d’autres développent leurs propres versions. Le moment ne pouvait pas mieux tomber : Rolex adopta le rotor de remontage automatique à 360° en lui apportant des améliorations. Ce qui eut pour résultat de minimiser le problème d’usure du filetage des vis.

Ainsi, en 1931, Hans Wilsdorf avait posé les bases du succès de Rolex. Ce dernier ne découle pas uniquement des solutions techniques rendues possibles par l’acquisition et l’amélioration significative de systèmes brevetés. Le rôle que le marketing a joué, en agissant sur la perception du public, est tout aussi important. Du fait des droits détenus par Rolex, la concurrence a dû rechercher des alternatives. Tout le monde n’a pas suivi la voie tracée par l’Oyster, soit parce qu’il était impossible de recourir aux mêmes solutions, soit parce qu’il y avait une volonté de faire autrement et peut-être même de manière plus ingénieuse.

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