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Economie

Le secteur du luxe, à nouveau un bon filon pour les investisseurs

mardi, 07 septembre 2010
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Depuis le début de l’année, les valeurs du luxe ont à nouveau le vent en poupe, portées par d’excellents résultats financiers. Les analystes tablent désormais sur une croissance de cette industrie de l’ordre de 5% à 10% sur l’ensemble de l’année 2010, une industrie qui clairement tourne le dos à la crise.

Lorsqu’en début d’année, les dirigeants de Swatch laissaient entendre que l’exercice 2010 allait probablement être le meilleur cru de l’histoire du groupe, nombre de sceptiques se sont mis à rire en coulisse. De telles assertions passaient au mieux pour de la candeur, au pire pour de l’arrogance. Les résultats semestriels du premier horloger mondial ont toutefois apporté une réponse définitive à la question. De janvier à juin, le Groupe Swatch a en effet réalisé des ventes en augmentation de 22,1% à CHF 2,9 milliards (€ 2,23 mia / $ 2,83 mia) pour un bénéfice de CHF 465 millions (€ 357 mio / $ 454 mio), en hausse de… 54% ! « La croissance a été soutenue en juillet et nous anticipons de solides résultats pour le second semestre 2010, précisait la compagnie lors de la publication de ces résultats. Le grand défi sera de résoudre rapidement les problèmes de capacité de production qui se posent d’ores et déjà dans certains secteurs. »

Les investisseurs en redemandent

Le Groupe Swatch n’est d’ailleurs pas le seul à avoir publié des comptes semestriels en forte croissance. Durant la période, le chiffre d’affaires de LVMH a été en progression de 16% à € 9,1 milliards pour un résultat net qui a bondi de 53% à € 1,05 milliard. Toujours sur les six premiers mois 2010, Gucci Group, filiale de PPR, a enregistré une hausse de ses ventes de 11,1% à € 1,8 milliard, tandis que le chiffre d’affaires d’Hermès prenait 22,8% à € 1,07 milliards. Inutile de dire que ces bonnes nouvelles n’ont pas laissé les investisseurs de marbre.

Les cours de Bourse des compagnies du luxe tirent en effet clairement leur épingle du jeu face aux principaux indices de la planète financière, dans le rouge sur les huit premiers mois 2010, à l’image du Dow Jones (-4,2%), du Nikkei (-14,7%), de l’Euro Stoxx 50 (-12,5%) ou du SMI (- 6,3%). Si Bulgari, qui a réduit ses pertes au premier semestre, reste stable et si Movado enregistre une faible croissance (+4,1%), tel n’est ainsi pas le cas de Richemont en hausse de 13,8% depuis janvier, de LVMH (+17,3%), PPR (+20,2%), Swatch (+25%) et Hermès (+58,6%). Dopés par la reprise des marchés et par l’essor de la Chine, les compagnies du luxe ont tourné le dos à la crise.

« Une tendance de fond »

« Le secteur a été porté en Bourse par les bons résultats des sociétés, explique Isabelle Ardon, gérante du fonds de placement de la Société Générale Actions Luxe interrogée par Capital. Les nettes progressions des ventes semestrielles et du bénéfice net du leader mondial, LVMH, en témoignent. De plus, cette dynamique n’est pas simplement due à un effet de rattrapage, comme c’est le cas dans d’autres segments de l’économie. Elle s’explique avant tout par une véritable tendance de fond, imprimée par les pays émergents. En Chine, le nombre de millionnaires a bondi de 30% en 2009. Et même les chinois accédant à la classe moyenne sont attirés par les produits de luxe, qui symbolisent la réussite sociale. Au total, l’Empire du Milieu représente à lui seul un marché de 400 millions de consommateurs potentiels pour les entreprises spécialisées dans le haut de gamme. »

De plus, l’optimisme d’Isabelle Ardon n’est en rien tempéré par les perspectives d’un ralentissement conjoncturel, comme on semble déjà l’observer aux Etats-Unis. « Certes, les plans d’austérité et les mesures de restriction budgétaire risquent de peser sur la consommation, poursuit-elle. Pour autant, les plus hauts revenus devraient être relativement épargnés. Cette catégorie de population est moins touchée par le chômage et a profité du rebond des Bourses et de la remontée, ou du moins la stabilisation, des prix de l’immobilier. Les plus riches devraient donc continuer de dépenser et doper ainsi le chiffre d’affaires des groupes de luxe. »

Et de conclure: « Dans ce contexte, les actions du secteur se paient logiquement plus cher que le marché. Mais elles s’échangent actuellement à 19 fois les bénéfices attendus en 2010, un niveau légèrement moins élevé que leur moyenne historique qui est de 20 fois. Elles restent donc attrayantes, surtout au vu de leurs perspectives. Elles devraient afficher une croissance à deux chiffres cette année et proche de 10% en 2011. Au-delà de la moyenne du secteur ces deux dernières décennies, aux alentours de 7 %. » Pour Isabelle Ardon, les acteurs fortement implantés dans les margés émergents, notamment en Chine, sont donc clairement ceux qui ont la faveur du fonds, à l’image de Swatch ou LVMH.

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