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Regards de connaisseurs

Le sport officiel des horlogers ? Jouer le chrono !

lundi, 12 septembre 2016
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Daniel Walpole
Planneur stratégique chez RE-UP

“La connaissance parle, mais la sagesse écoute.”

Jimi Hendrix

S’imprégner de culture et de créativité.

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Au poignet des champions de formule 1 ou pour chronométrer des compétitions majeures, le chronographe est une complication très prisée dans les milieux sportifs. Revue de détail de son histoire à l’occasion des jeux Olympiques et Paralympiques.

Inventé pour l’observation astronomique en 1816 par Louis Moinet, le chronographe (qui n’a pris ce nom qu’un peu plus tard) a servi dans toutes sortes de situations fort diverses, que l’on parle de tirs d’artillerie, de pilotage d’avions et de manœuvres sous-marines. Néanmoins, la plupart des gens associent cette complication au chronométrage sportif. Un chronographe type comporte une aiguille indépendante, souvent plus longue et plus fine que les autres, destinée à la mesure du temps écoulé en secondes et actionnée par des poussoirs permettant de démarrer, arrêter et, depuis 1844, remettre à zéro le mécanisme.

Un emblème sportif en devenir

Bien que son invention remonte aux années 1810, selon nos connaissances actuelles, le premier chronographe « commercialisé » date de 1821. Il a été réalisé par Nicolas Rieussec après que le roi Louis XVIII, un amateur de sports hippiques, lui eut demandé de trouver un moyen d’enregistrer la durée d’une course de chevaux. Les travaux de l’horloger eurent d’importantes retombées sur le développement des compétitions : le résultat des courses n’était plus déterminé par le seul ordre de passage de la ligne d’arrivée mais par le chronométrage susceptible d’établir un record auquel s’attaquer pour tenter de le battre.

The Longines Equestrian Pocket Watch Jockey 1878
The Longines Equestrian Pocket Watch Jockey 1878

Comme l’histoire du chronographe est enracinée dans l’environnement sportif, il n’est pas surprenant que les marques impliquées dans le développement des montres mécaniques se soient tournées vers cette complication pour asseoir leur notoriété dans divers domaines du sport. Par exemple, c’est en intégrant un chronographe dans son Equestrian Pocket Watch Jockey de 1878 que Longines s’est profilée dans l’univers des courses hippiques. Cette montre de poche chronographe de haute performance a largement contribué à renforcer la présence de Longines sur les champs de course américains.

TAG Heuer Chronograph
TAG Heuer in particular was known for producing much-loved chronograph watches. © TAG Heuer

Plus tard, quand il est devenu une caractéristique très prisée des montres-bracelets, à l’initiative de marques comme Patek Philippe, TAG Heuer, Breitling et Hamilton, le chronographe a conquis le cœur des pilotes de formule 1. TAG Heuer s’est particulièrement distinguée dans la production de montres chronographes à succès, souvent portées par des pilotes. Un exemple des plus mémorables : la Carrera automatique en or 18 cts de l’équipe Ferrari, très populaire dans les années 1970 et 1980, souvent aperçue au poignet du multichampion Niki Lauda. À noter toutefois que les liens tissés entre la marque et la F1 remontent aux années 1960 et à l’accord passé avec le pilote suisse Joseph « Jo » Siffert, qui s’était vu remettre une TAG Heuer Autavia à porter en course.

Il va sans dire qu’Omega a joué un rôle déterminant dans le perfectionnement du chronométrage sportif.

L’utilisation du chronographe est également volontiers associée aux liens qui unissent Omega et les jeux Olympiques et Paralympiques. Le partenariat a été initié en 1932, lorsque la marque a réalisé 30 montres de poche chronographes destinées au chronométrage de certaines disciplines des Jeux de Los Angeles. Si des chronographes de ce type ont continué à être utilisés jusque dans les années 1960, ils n’allaient toutefois pas tarder à être supplantés par des nouvelles technologies de pointe comme le chronométrage électronique introduit par Omega aux Jeux d’Helsinski en 1952 et par de nouveaux appareillages comme les touchpads destinés aux nageurs apparus aux Jeux de Mexico en 1968. Il va sans dire qu’Omega a joué un rôle déterminant dans le perfectionnement du chronométrage sportif et que le recours à des montres chronographes mécaniques n’a depuis longtemps plus sa raison d’être dans les compétitions.

Omega Olympic Games
Omega touchpad technology for swimmers at the 1968 Mexico Games © Omega
Une complication à la mode imprégnée d’authenticité

Aussi, en quoi le chronographe peut-il séduire les acheteurs de montres d’aujourd’hui ? Le numérique a rendu la fonction obsolète et, du point de vue esthétique, ce n’est certainement pas la plus attirante des complications. En fait, il se pourrait que des personnes peu familiarisées avec leurs montres mécaniques ne se rendent même pas compte qu’elles possèdent un chronographe.

Malgré tout, le chronographe demeure sans doute la complication la plus populaire et la plus convoitée auprès des watchistas, grâce notamment à des montres comme la Zenith El Primero Chronomaster Lady qui ont réussi à la transposer au féminin. Alors que les chronographes de style classique dessinés par Patek Philippe continuent à faire le bonheur de beaucoup de connaisseurs en Haute Horlogerie, les modèles plus sportifs signés Rolex, TAG Heuer, Breitling, Zenith ou Omega invoquent toujours la franche virilité insufflée par le milieu de la F1 dans les années 1960 à 1980.

Omega Seamaster 300 Rio 2016
Omega Seamaster 300 Rio 2016

Même si le chronographe n’a plus d’usage dans le sport, son histoire est si intimement liée au chronométrage, à la compétition et aux athlètes que les montres sportives de luxe perdraient de leur légitimité si elles en étaient dépourvues. Ainsi, les trois montres-bracelets produites en éditions limitées par Omega pour célébrer les jeux Olympiques et Paralympiques de Rio en 2016 (Speedmaster Mark II, Seamaster Bullhead et Seamaster Diver 300M) maintiennent cette complication comme un élément central du design.

Lors de ces Jeux, nous avons vu des athlètes comme Katie Ledecky, Wayde van Niekerk, Adam Peaty et les membres de l’équipe féminine britannique de cyclisme sur piste battre des records du monde, tous enregistrés à l’aide de technologies numériques parmi les plus impressionnantes qui soient. Cependant, on n’en serait sans doute pas là sans les innovations de deux horlogers français au début des années 1800. Pour nous, Louis Moinet et Nicolas Rieussec méritent une médaille d’or.

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