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Le « tourbillon » ou le destin croisé...
Histoires de montres

Le « tourbillon » ou le destin croisé d’Abraham-Louis Breguet et John Arnold

mardi, 13 février 2018
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

L’Anglais John Arnold et le Suisse Abraham-Louis Breguet se sont connus par l’entremise du duc d’Orléans, cousin du roi de France Louis XVI. De cette rencontre est née une amitié profonde entre ces deux horlogers de génie qui a marqué l’invention du fameux régulateur à « tourbillon ».

De nos jours, l’évocation d’un régulateur à tourbillon n’émeut plus personne au sein des amateurs de belle horlogerie. Cette formidable invention d’Abraham-Louis Breguet (1747-1823), dont le brevet date de 1801, s’est en effet considérablement banalisée dans la production contemporaine, au point que toute manufacture qui se respecte se doit aujourd’hui d’offrir des pièces qui en sont dotées. Tel n’a pas toujours été le cas. Dans les années qui ont suivi la présentation par Breguet de son tourbillon intégré dans une montre de poignet en 1985, rares étaient les horlogers capables d’une telle prouesse. La technologie et les machines CNC aidant, la donne a considérablement changé. À tel point que le tourbillon Heuer-02T présenté par TAG Heuer à CHF 15’000 a certainement marqué un cap.

Breguet a révolutionné l’horlogerie sur un plan non seulement technique mais aussi esthétique.
Emmanuel Breguet

Rien de tel évidemment si l’on se reporte à la glorieuse époque d’Abraham-Louis Breguet où l’horlogerie était un vaste champ d’étude encore à défricher. Ce que fit ce Suisse d’origine installé à Paris, considéré aujourd’hui comme un génie de son temps. « Breguet a révolutionné l’horlogerie sur un plan non seulement technique mais aussi esthétique, résume Emmanuel Breguet, vice-président de la Maison éponyme en charge du patrimoine et du développement stratégique. Parmi ses inventions les plus connues, il y a bien sûr le brevet de régulateur à tourbillon. Ce système, conçu pour éliminer les erreurs de marche causées par l’attraction terrestre sur le mouvement des montres de poche, améliorait leur fonctionnement. » Sans vouloir s’étendre sur les autres inventions et perfectionnements dont Breguet porte la paternité, celle du tourbillon mérite que l’on s’y attarde.

Arrivé à Paris en 1775, Abraham-Louis Breguet s’est vite attiré l’attention de la Cour et de clients fortunés à travers l’Europe. Parmi eux, le duc d’Orléans, cousin du roi Louis XVI, grand amateur de garde-temps et ami d’un autre horloger de réputation internationale, l’Anglais John Arnold (1736-1799). La rencontre entre ces deux grands esprits était inéluctable. Emmanuel Breguet raconte : « Le duc d’Orléans avait donné à Arnold une montre conçue par Breguet. Abasourdi par la perfection de cette pièce, Arnold prit immédiatement la décision de se rendre à Paris pour rencontrer l’artisan qui l’avait créée. Arrivé dans la capitale française, il reçut un accueil chaleureux de la part de notre célèbre horloger. L’art horloger s’en est retrouvé enrichi d’autant avec cette relation entre deux hommes destinés, pourrait-on dire, à se rencontrer. »

Calibre Tourbillon Chronomètre N°36 © Arnold & Son
Calibre Tourbillon Chronomètre N°36 © Arnold & Son

Liés par un profond respect mutuel, chacun d’entre eux décida alors de confier à l’autre la formation de leurs fils respectifs. John Roger Arnold passa ainsi deux ans comme apprenti à Paris et le fils de Breguet, Antoine-Louis, se forma à Londres sous les conseils d’Arnold. Une amitié était née, sur le plan tant personnel qu’intellectuel, les deux horlogers échangeant volontiers secrets et astuces. À la mort de John Arnold, en 1799, Abraham-Louis Breguet lui rendit hommage sous la plus belle forme qui soit. Il modifia l’un des premiers chronomètres de poche conçus par son ami pour y intégrer la dernière invention née de son génie : le tout premier régulateur à tourbillon jamais réalisé. Cette montre expérimentale, la n° 169 offerte au fils de John Arnold en 1809, aujourd’hui au British Museum de Londres, est un symbole à plus d’un titre : symbole d’amitié, d’innovation et d’une quête commune vers l’excellence. De son vivant, entre 1805 et 1823, Breguet a vendu 35 exemplaires de son tourbillon. La n° 169, quant à elle, a scellé le destin d’une complication horlogère qui allait marquer l’histoire.

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