>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Le vigneron et ses invités
Points de vue

Le vigneron et ses invités

mercredi, 29 février 2012
fermer
Editor Image
Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

Lire plus

CLOSE
3 min de lecture

Comme de coutume, à la fin du Salon International de la Haute horlogerie, on fait les additions, on tire le bilan. Positif, c’est sûr, aussi bien en termes de visiteurs que d’affaires conclues. Mais entre congratulations et plans de développement, ce ne sont pas les remarques acides qui manquent. Du genre de celles, toujours plus fréquentes, qui stigmatisent comme des parasites ceux qui profitent de la présence à Genève des plus importants journalistes, directeurs de publications, clients VIP ou non, pour les inviter à leurs propres événements en marge du Salon.

Pour tenter de résumer les divers avis qui s’expriment à ce propos – chacun visant à cerner le problème de son propre point de vue – je vais vous raconter une histoire.

Il était une fois un monsieur qui possédait une belle vigne sur le lac Léman. Ce monsieur avait l’habitude d’inviter ses amis et connaissances à découvrir les promesses et les délices de son vignoble tout en les logeant sur son domaine. Les voisins de ce monsieur, soucieux que ses hôtes prestigieux découvrissent également leurs produits, se mirent à les inviter sur leurs domaines. Profitant de leurs heures creuses, les séduisant par une promenade agréable, ils tentaient de les convaincre qu’il n’y avait rien de mal à s’éloigner de la propriété où ils étaient invités pour guigner un peu à droite et à gauche. Et pas mal d’invités, sans se rendre compte de l’impolitesse d’une telle démarche, acceptaient souvent.

Un jour, le monsieur se rendit compte que beaucoup, voire trop de ses invités prenaient à la légère la loyauté de celui qui est invité due à celui qui invite. Il décida de passer à l’action. Que fit-il ?

La suite, je la laisse à votre choix :
a) Puisque, entre vignerons, on est entre personnes de bonne compagnie, le monsieur invita à déjeuner tous ses voisins et concurrents et, devant un bon verre de vin, leur expliqua qu’il existe des règles d’étiquette à respecter : l’équilibre et la préservation du système se mesure aussi à l’observation de pratiques de bon voisinage. Ne voulant pas passer publiquement pour des parasites, les concurrents cessèrent de soustraire les invités du monsieur.
b) Déçu et empli d’amertume, le monsieur mit fin à ses invitations : il se contenta de laisser ouvertes les portes de son domaine, accueillant uniquement, avec l’amabilité et le faste habituels, ceux qui venaient pour le rencontrer, spontanément et à leurs propres frais.
c) Résolu à ne pas perturber le système mais non moins décidé à ne pas permettre que d’autres profitent de lui, le monsieur réduisit le nombre d’invitations, s’entretint tout sourire avec ses hôtes sélectionnés, se fiant à leur honnêteté et à leur correction pour souligner combien il serait indélicat qu’ils en profitent pour aller rendre visite à d’autres vignerons.

C’est un engagement moral qui, ces temps-ci, ne fait pas de mal. Mais que décidera de faire le monsieur ? « Time will tell ». En attendant, je suggère vivement à tous les respectables invités de bien réfléchir à ces règles sacrées de l’hospitalité aussi anciennes que le monde.

Haut de page