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L’élégance horlogère de Michelle Pfeiffer
Histoires de montres

L’élégance horlogère de Michelle Pfeiffer

vendredi, 26 février 2021
Par Frank Rousseau
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Frank Rousseau

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7 min de lecture

Interviewer Michelle Pfeiffer, c’est toujours un moment de bonheur ! Pas seulement parce qu’il s’agit d’une actrice parmi les plus talentueuses de sa génération mais surtout parce qu’elle parle vrai ! Sans fard. Entretien.

La Californienne Michelle Pfeiffer est de retour aujourd’hui avec French Exit, une comédie noire et cynique où elle incarne Frances Price, veuve new-yorkaise qui avait prévu de mourir avant que son héritage ne soit épuisé. Faute de pouvoir maintenir son train de vie à Manhattan, elle part pour Paris…

Dans French Exit, vous incarnez une mondaine de Manhattan presque ruinée. On a l’impression que vous avez pris plaisir à incarner cette bourgeoise un peu snob et odieuse, détestable au possible !

Indéniablement ! Au début de ma carrière, j’avais tendance à trop me prendre la tête. J’intellectualisais tous mes rôles. Aujourd’hui, je suis plus détendue. J’arrive à davantage de spontanéité, de naturel et de légèreté. Je suis même capable de m’amuser, vous vous rendez compte ! J’ai mis des années à maîtriser mes angoisses dans ce métier. Je déteste l’admettre, mais je pense que ma nature profonde a longtemps été négative et pessimiste. Je suis le genre de personne qui voit toujours le verre à moitié vide. Jusqu’à récemment, mon pire ennemi, c’était moi-même. Remarquez, c’est bien d’en avoir conscience. Cela vous permet de tout mettre en œuvre pour changer. Bref, j’adore Frances, mon personnage dans French Exit. Elle est impolie, sèche et rude, mais elle possède également une certaine fragilité sous-jacente. Elle me fait penser à un vieux meuble, solide au premier coup d’œil mais qui craque sous le vernis. Mon travail consistait à trouver de l’humanité dans ce personnage.

Michelle Pfeiffer
Michelle Pfeiffer
Qu’avez-vous en commun avec Frances Price ?

J’apprécie la bonne cuisine française, les beaux endroits et les belles tenues, mais à part ça je ne vois pas trop ! (rires)

Dans French Exit, on parle beaucoup d’argent. Comment dépensez-vous le vôtre ?

Dans un sac ou alors un manteau, je ne sais pas trop. Tout dépend des saisons et des collections. J’admets avoir un gros faible pour les bottes. En cuir et hautes. Vous admettrez que cela reste raisonnable ! Quant aux villes idéales pour faire du shopping, c’est Paris et New York !

Et les montres ?

Je suis toujours ravie d’avoir une belle montre au poignet. Quelle femme ne le serait pas ? J’aime les montres qui dénotent le bon goût et la discrétion. Dans les années 1980, à mes débuts dans le cinéma, l’horlogerie a commencé à se démocratiser. Acheter une belle montre n’était plus associé uniquement au luxe. Comme je viens d’un milieu modeste, j’étais en phase avec ce côté « montres pour tous et pour toutes les bourses ». Vous savez, mon père récupérait de vieux réfrigérateurs et des congélateurs à bout de souffle qu’il rapportait à la maison pour leur donner une seconde jeunesse. Pour gagner un peu d’argent de poche, mon job consistait à les nettoyer. Il fallait avoir le cœur bien accroché, car parfois les gens abandonnaient leur frigo avec de la nourriture dedans. Sinon, je faisais du baby-sitting.

Michelle Pfeiffer
Michelle Pfeiffer
Dans les années 1980, vous étiez donc une grande consommatrice de montres venant d’Asie !

On avait envie de s’offrir des montres pas trop chères pour aller avec nos différentes tenues. On se disait que ces montres n’allaient probablement pas durer, qu’elles allaient se démoder, mais au fond on s’en fichait. Ce que l’on voulait, c’est être dans le coup mais sans se faire trop remarquer. Bref, je me souviens très bien de ces montres japonaises qui ont inondé le marché. Leur design était nouveau. Et puis, elles étaient fun à utiliser. Certaines ressemblaient même à de petits ordinateurs. Jusqu’à ce que les grandes marques évoluent et reprennent des couleurs !

Dans quel sens ?

Le vrai génie des grandes marques de luxe, c’est d’avoir su se réinventer. Elles semblaient clairement en panne d’inspiration ; elles avaient perdu leur identité. Le savoir-faire était toujours bien présent, mais leurs produits, leurs créations manquaient d’audace. Elles avaient un côté vieillot, dépassé. Ces belles enseignes ont alors eu l’intelligence de revoir le design et de miser encore plus sur l’innovation. Et elles ont su diversifier leurs collections.

Que regardez-vous en premier dans une montre ?

Elle ne doit pas nécessairement être en or ou en platine. Un bel acier me va très bien si la montre est fine, bien dessinée et discrète. Rien n’est plus vulgaire selon moi qu’une femme ou un homme qui met tout en œuvre pour montrer qu’il a acquis un certain statut social et l’aisance financière qui va avec. Souvent, les montres, bagues ou boucles d’oreilles en sont les signes ostentatoires. Mais méfions-nous aussi des apparences. Qui vous dit qu’une si belle montre n’a pas été achetée à crédit ?

Michelle Pfeiffer
Michelle Pfeiffer
Cela vous est déjà arrivé d’être fauchée ?

Je n’ai jamais été dans une situation où je n’avais plus un dollar sur mon compte, mais j’ai déjà été dans une position où j’ai dû vraiment surveiller mes finances. Surtout à mes débuts, lorsque j’ai déménagé à Los Angeles pour tenter ma chance à Hollywood. Je surveillais mes dépenses au centime près. La grosse erreur des jeunes acteurs, c’est qu’une fois leur premier gros cachet en poche ils s’ingénient à tout claquer. L’expérience m’a appris que le meilleur des placements, c’est encore dans la pierre !

Et pas les belles montres ?

Les montres aussi, probablement, mais encore faut-il s’y connaître. Ce qui est loin d’être mon cas. Parfois, je tombe sur des articles parlant de montres vendues pour plusieurs centaines de milliers de dollars. Vous avez même des gens qui achètent des montres ou des bijoux et qui ne les sortent jamais de leur écrin ou de leur coffre-fort. L’objectif est évidemment de faire un placement en misant sur la rareté et les plus-values sur la durée. Je comprends le raisonnement, mais pour moi, une montre, c’est surtout une histoire. C’est ce qui a de la valeur à mes yeux !

Quel est le meilleur conseil que vous aient donné vos parents concernant l’argent ?

Ma mère m’a toujours poussée à avoir un métier avant de me marier, à gagner mon indépendance financière. Elle avait raison. Ma chance, c’est que j’ai pu trouver un travail qui m’a donné beaucoup de satisfactions. Et j’ai surtout épousé un homme qui m’a constamment épaulée, soutenue, aimée, accompagnée. Mes débuts n’ont pas toujours été faciles. J’ai aussi connu ces périodes où l’on attend que le téléphone sonne… Aujourd’hui encore, mon comptable me répète sans cesse d’avoir au moins un an d’économies sur mon compte dans l’éventualité où je ne travaillerais pas ! Dans ce métier, il n’est pas rare de toucher un gros chèque suivi de plusieurs mois sans rémunération. Alors certes, cela peut être tentant de s’offrir une voiture de luxe dès que l’argent commence véritablement à rentrer. Mais personne à Hollywood n’est sûr de pouvoir payer l’essence pour les décennies à venir. Bref, avant de m’acheter une montre, j’entends une belle montre, j’ai attendu un sacré bout de temps !

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