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Les écoles d’horlogerie japonaises
Economie

Les écoles d’horlogerie japonaises

mardi, 20 mai 2008
Par Tomoko Kayama
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Tomoko Kayama

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7 min de lecture

La mission des trois écoles d’horlogerie du Japon est d’enseigner aux élèves non pas à fabriquer des montres mais à les réparer. Bien que les horlogers compétents soient toujours très recherchés, trouver un emploi à la hauteur de leurs qualifications dans le contexte économique japonais actuel n’est pas chose facile pour ces élèves.

En 2007, le Japon a importé environ 1,67 million de montres en provenance de Suisse, représentant une valeur approximative de CHF 1,207 milliard, un chiffre en recul de 4,7% par rapport à 2006. Malgré cette tendance à la baisse qui s’accentue, le Japon se maintient à la troisième place du classement des principaux marchés de l’industrie horlogère suisse, derrière les Etats-Unis et Hong Kong. A l’exception des montres à complications, la plupart des filiales et importateurs cherchent aujourd’hui à réparer eux-mêmes leurs montres au Japon, de manière à réduire les délais et les coûts d’entretien et de réparation. Pour faire face à cette demande, la formation des horlogers au Japon a pris une importance cruciale.

Le Japon compte trois écoles d’horlogerie. Leur mission consiste toutefois à enseigner aux élèves non pas à fabriquer des montres mais à les réparer. Cet article s’intéresse aux deux grandes écoles de Tokyo : l’École d’horlogerie Hiko Mizuno et le Tokyo Watch Technicum.

L’École d’horlogerie Hiko Mizuno

L’École d’horlogerie Hiko Mizuno fait partie de l’École de joaillerie Hiko Mizuno fondée en 1966. En 1994, la Japan Watch Importers Association (Association japonaise des importateurs de produits d’horlogerie) a demandé à l’école de proposer un cours de réparation de montres afin de pallier à la pénurie d’horlogers disposant du savoir-faire requis pour réparer les garde-temps mécaniques suisses. A l’époque, alors que les importations de montres en provenance de Suisse étaient en augmentation, les jeunes horlogers dotés des compétences nécessaires pour réparer des montres mécaniques se faisaient rares. De toute évidence, le développement des montres à quartz était en cause. En 1996, l’École de joaillerie Hiko Mizuno a ouvert l’École d’horlogerie Hiko Mizuno. Trois années plus tard, cette dernière a lancé un cours WOSTEP, devenant ainsi la première école partenaire du WOSTEP en Asie.

 

L’âge moyen des élèves est de 26 ans et 80% d’entre eux sont des hommes.

Actuellement, l’École d’horlogerie Hiko Mizuno emploie 25 enseignants et propose trois formations : une formation sur deux ans (80 élèves), une formation supérieure sur trois ans (60 élèves) et une formation WOSTEP sur trois ans (70 élèves). L’âge moyen des élèves est de 26 ans et 80% d’entre eux sont des hommes. Par ailleurs, 70% des élèves rejoignent l’école après une expérience professionnelle de plusieurs années. Selon Fumio Ishizaki, directeur de l’École d’horlogerie Hiko Mizuno, les élèves n’ont, pour la plupart, aucune formation initiale en horlogerie, ils aiment simplement travailler sur des objets de petites dimensions.

Depuis les débuts de la formation WOSTEP en 1999, 115 élèves (des hommes à 87%) ont obtenu le certificat WOSTEP. Ils ont ensuite décroché un poste au sein des services après-vente de Rolex Japon, Patek Philippe Japon, Richemont Japon, du Groupe Swatch Japon et auprès d’autres importateurs et réparateurs spécialisés.

« Notre école est le seul centre de formation professionnelle privé spécialisé dans ce domaine qui bénéficie de l’agrément du Gouvernement métropolitain de Tokyo et de la Japan Watch Importers Association. Nous accueillons 95 nouveaux élèves chaque année et, depuis l’ouverture de l’établissement, 500 élèves ont quitté l’école avec un diplôme. Ils forment aujourd’hui une main d’œuvre importante pour les importateurs de montres, réparateurs spécialisés, détaillants et magasins d’antiquités horlogères. Les droits de scolarité annuels acquittés par chaque étudiant s’élèvent à ¥ 1’500’000 (~ USD 14’500.-). Ils constituent l’unique source de financement de l’école. Celle-ci est située dans le quartier Shibuya, très prisé de la jeune génération et facile d’accès en train, métro et bus. Mais Shibuya se trouve en plein centre de Tokyo, lieu où trouver un vaste espace pour l’implantation d’installations de formation est impossible. Par conséquent, nous ne sommes pas en mesure d’offrir à nos élèves tout l’espace dont ils auraient besoin, contrairement aux écoles suisses. C’est là notre problème, » explique Fumio Ishizaki.

Tokyo Watch Technicum

Le Tokyo Watch Technicum, qui participe également au programme de partenariat WOSTEP, fondé en avril 2003, est administré par Rolex Japon. Cette école est installée dans un grand bâtiment moderne, propriété du Centre de services de Rolex Japon dans l’est de Tokyo. Bien qu’elle partage le même bâtiment, l’école Tokyo Watch Technicum est indépendante du Centre de services de Rolex Japon et les élèves n’ont accès qu’aux étages des salles de formation. Les 3’000 heures de formation du programme WOSTEP sont dispensées sur deux ans, contre trois années pour la formation WOSTEP proposée par l’école Hiko Mizuno. Les droits de scolarité s’élèvent à ¥ 1’050’000 (~ UDS 10’200.-) par an, auxquels vient s’ajouter la somme de ¥ 315 000 (~ USD 3’000.-) qui couvre les achats d’outils et autre matériel nécessaire.

 

Bâtiment du Tokyo Watch Technicum © TWT
Bâtiment du Tokyo Watch Technicum © TWT

A ce jour, 29 hommes et 5 femmes ont effectué la formation et obtenu le certificat WOSTEP. Ils travaillent maintenant pour Rolex Japon, Richemont Japon, Breitling Japon, Audemars Piguet Japon, Chopard Japon, Bovet et bien d’autres encore.

« Nous accueillons au maximum 12 nouveaux élèves chaque année. Je dirais que notre programme est très strict. Les cours démarrent chaque jour à 8H30 et se terminent à 17H30. Chaque élève reçoit un enseignement basé sur ses capacités, ce qui signifie que certains progressent plus vite que d’autres. Nous accordons une importance particulière à la micromécanique. Au cours de la première année, les élèves apprennent ainsi à fabriquer des outils et des petites pièces. Le fonctionnement de notre école est basé sur la norme WOSTEP et je suis très fière de notre niveau de classe mondiale. Nous espérons vraiment former de futurs leaders pour l’industrie horlogère suisse » explique Masayo Hadate, directrice de l’école.

Masayo Hadate, horlogère formée en Suisse, décrit la situation actuelle du Japon en ces termes : « Contrairement à ce qui se passe en Europe et aux États-Unis, le potentiel d’amélioration est important dans l’industrie horlogère japonaise. Malheureusement, les horlogers ne jouissent pas d’une grande estime au sein de notre société. Nous espérons que nos diplômés mettront leurs remarquables compétences et expériences en pratique pour contribuer à améliorer le niveau social des horlogers dans le pays. »

Bien que les importations de montres soient en baisse, les horlogers compétents sont toujours très recherchés. Cependant, la situation économique au Japon constitue un autre problème et les deux écoles rencontrent actuellement des difficultés pour placer leurs diplômés.

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