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Les facéties horlogères d’Agenhor
Points de vue

Les facéties horlogères d’Agenhor

mercredi, 26 février 2014
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Anaïs Georges du Clos
Journaliste indépendante

“Rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion.”

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

« S’autoriser à tout penser, réfléchir avant d’écrire. »

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4 min de lecture

Reconnu et primé pour ses complications horlogères inspirées, Jean-Marc Wiederrecht, directeur d’Agenhor, dévoile le secret des motifs dissimulés dans les mouvements conçus pour Van Cleef & Arpels. Avec passion et sensibilité.

Vous avez la particularité de dissimuler des détails insolites au cœur des mouvements. Est-ce par jeu ou par goût de l’esthétique ?

Jean-Marc Wiederrecht : Sans être artistes, les horlogers sont particulièrement sensibles à la beauté des mouvements. Ils soignent l’extérieur de la montre autant que l’intérieur, qu’ils ornent de gravures, polis et ciselures, surtout lorsqu’il s’agit de pièces exceptionnelles. Chez Agenhor, nous perpétuons cette tradition et rendons l’invisible aussi élégant que le visible, pour une plus grande cohérence de l’ensemble. Par jeu, mais aussi par plaisir, nous leur donnons des formes qui racontent la même histoire que les détails du cadran. Ajouter une note d’humour aux éléments de jonction du mouvement, c’est notre façon de ne pas se prendre au sérieux et d’ajouter un supplément d’âme à un métier technique et rigoureux qui laisse peu de place à la fantaisie.

Ces motifs découpés dans la masse des composants ont-ils une incidence sur le fonctionnement de la montre ?

La motorisation horlogère relève d’une grande précision. Tous les composants du mouvement − marteau, came, dents, palpeurs… − sont conçus pour s’emboîter et participer au bon fonctionnement de la montre. L’approximation est d’autant moins autorisée que chaque élément est soumis à d’importantes contraintes techniques comme la gravité. C’est pourquoi les motifs que nous imaginons n’altèrent en rien la fiabilité et le bon fonctionnement du mécanisme.

En dehors d’être ludiques, ces motifs ont-ils une utilité ?

En effet, nous joignons l’utile à l’agréable en employant ces formes singulières pour identifier rapidement les pièces parmi les centaines de composants du mouvement.

Dissimuler ces motifs est-il une prouesse technique et cela a-t-il un coût ?

C’est en effet une prouesse technique réalisée par l’entreprise Mimotech, qui a mis au point un procédé de galvanoplastie permettant d’atteindre ce niveau de précision. Bien entendu, cela n’entraîne aucun coût supplémentaire pour nos clients.

La collection « Poetic Wish » de Van Cleef & Arpels est un espace de créativité rêvé pour vos ingénieurs. Comment la collaboration a-t-elle débuté ?

Van Cleef & Arpels a sollicité nos services en 2006 à l’occasion des 100 ans de la Maison. Ils souhaitaient marquer l’événement avec la création du « Quantième des Saisons », dont les cadrans représentant les quatre saisons devaient être décorés des motifs fétiches du joaillier parisien. Le terme de « Complication poétique » s’est imposé naturellement et cette collection a scellé le début d’une collaboration ininterrompue depuis huit ans. Chaque année, le SIHH est l’occasion de traduire la poésie de Van Cleef & Arpels en mécanique horlogère avec la sortie d’un nouveau modèle. En janvier dernier, ce fut « Heure d’ici & Heure d’ailleurs ».

Une fée vit secrètement au cœur du modèle « Lady Arpels Féerie »
Où trouvez-vous l’inspiration pour créer ces motifs ?

Les motifs sont intimement liés à la montre elle-même. Le mouvement conçu pour « Le Pont des Amoureux » dissimule par exemple un couple d’amants, tandis qu’une fée vit secrètement au cœur du modèle « Lady Arpels Féerie ». Dans la « Poetic Wish », nous avons découpé des zones fonctionnelles en forme d’aigle et une came en forme de clé. Ils sont tous deux inspirés des armoiries genevoises.

Multipliez-vous ce genre de facéties pour d’autres marques ou sont-elles réservées exclusivement à Van Cleef & Arpels ?

Nous le faisons volontiers pour d’autres Maisons, mais l’univers si particulier de Van Cleef & Arpels se prête parfaitement à ces décorations figuratives.

Le mouvement de ces modèles n’est pas visible. Le regrettez-vous ?

Au contraire, sans cela nous ne pourrions jouir d’une liberté totale.

Jean-Marc Wiederrecht

Jean-Marc Wiederrecht est diplômé de l’École d’horlogerie de Genève. Il conçoit et développe des moteurs pour des marques horlogères depuis 1978. Après une courte association avec Roger Dubuis, il fonde Agenhor (Atelier genevois d’horlogerie) en 1996. L’entreprise compte à ce jour 28 personnes parmi lesquelles son épouse Catherine et ses deux fils Nicolas (responsable administratif) et Laurent (constructeur au bureau d’études et de développement).

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