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Les grandes heures du quantième
Actualités

Les grandes heures du quantième

mardi, 22 mars 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Patek Philippe célèbre les 20 ans de son Quantième Annuel breveté. Une complication qui fait des émules, histoire d’offrir une fonction horlogère utile à des tarifs « futiles ». Par ces temps troublés, la formule fait mouche.

Généralement, ce sont les grandes complications qui tiennent le haut du pavé lors des raouts horlogers comme Baselworld. Clients, collectionneurs et distributeurs n’ont d’yeux que pour ces belles mécaniques dont la complexité vaut son pesant d’or, au sens propre comme au sens figuré. Las, par les temps qui courent, s’il n’est pas question de brimer une créativité à même de rivaliser avec les piles de stocks qui encombrent les marchés, la canaliser vers des pièces « vendables » à plus de 10 exemplaires n’est a priori pas un mauvais calcul. Celui-là même que font les marques aujourd’hui, nettement plus sages dans leurs positionnements produits et plus rationnelles dans ce qu’ils y emboîtent. Et dans ce registre, il est une complication qui fait clairement son chemin : le quantième annuel dont les avantages sont bien réels. Plus simple et donc moins fragile qu’un quantième perpétuel, moins complexe et, par conséquent nettement plus abordable, il permet néanmoins des animations de cadrans tout à fait originales. D’autant qu’il est souvent couplé à une autre fonction utile comme un chronographe, voire un second fuseau horaire avec phases de lune.

Seul inconvénient, le quantième annuel demande une correction par an au passage du mois de mars.
Longue traversée du désert

Pour mémoire, un quantième annuel est programmé mécaniquement pour offrir les indications de la date, du jour et du mois sur une année. Seul inconvénient, il ne « reconnaît » que les mois de 30 et 31 jours. En d’autres termes, contrairement à un quantième perpétuel capable de déchiffrer tous les caprices du calendrier grégorien, y compris les années bissextiles avec ses 29 jours de février, le quantième annuel nécessite une correction manuelle à chaque passage au mois de mars. Maigre inconvénient si l’on songe qu’il offre une simplicité d’utilisation susceptible de limiter les erreurs de manipulation souvent synonymes de casses. Il aura toutefois fallu attendre longtemps avant que cette complication suscite l’intérêt des horlogers. Dès la fin du XVIe siècle, on voit certes des montres de poche proposer date, jour et mois, avant même qu’apparaisse l’aiguille des secondes. Mais il s’agissait de calendriers simples qui indiquaient systématiquement 31 jours par mois et devaient donc être corrigés cinq fois pas année. Les quantièmes perpétuels ont directement pris le relais au siècle des Lumières pour se propager dès les années 1920 dans les montres-bracelets. De quantième annuel, point de trace. Jusqu’à ce que Patek Philippe s’en mêle.

Patek Philippe Réf 5396G
Patek Philippe Réf 5396G

Pour être exhaustif, on ne peut gommer le travail réalisé par certaines Maisons sur cette complication et ce, dès les années 1980, notamment Dubois-Dépraz pour la marque Kelek, absorbée depuis par Breitling. Mais c’est bel et bien Patek Philippe qui, en 1996, donne ses lettres de noblesse au calendrier annuel sous la forme d’un mouvement breveté venant équiper la Référence 5035, volontiers considérée comme le premier du genre. Solution adoptée : un module additionnel qui simplifie la conception de cette fonction par rapport à un quantième perpétuel. D’emblée, elle va séduire les aficionados de la Maison et devenir au fil des ans une valeur sûre dans le catalogue de la marque déclinée en pas moins de 21 versions différentes. Cette année, Patek Philippe fête donc le 20e anniversaire de son Quantième Annuel breveté avec une 22e déclinaison du modèle, la Référence 5396 avec son boîtier de style Calatrava et une configuration des indications jour/mois/date autour du cadran auxiliaire des 24 heures avec phases de lune qui rappelle les quantièmes perpétuels Patek Philippe des années 1940 et 1950. Ceux-là mêmes qui s’envolent lors des ventes aux enchères !

La séduction opère

C’est surtout à partir de 2006, date d’expiration du brevet Patek Philippe, que les quantièmes annuels se sont multipliés au sein des Maisons horlogères. On a d’ailleurs une nouvelle fois pu s’en rendre compte au dernier Salon Internationale de la Haute Horlogerie, tenu en janvier à Genève, avec des pièces comme la Montblanc Heritage Chronométrie Chronographe Calendrier Annuel ou la IWC Grande Montre d’Aviateur Calendrier Annuel Édition « Le Petit Prince », alors que Baume & Mercier proposait une Clifton Chronographe Calendrier Complet. Cette tendance ne pouvait donc que s’affirmer à Baselworld. Outre Patek Philippe, Ulysse Nardin présente ainsi une Marine Chronograph Annual Calendar dont la fonction calendaire relève d’« une solution mécanique d’une pureté déconcertante » avec seulement trois mobiles tel qu’imaginé par le génial concepteur Ludwig Oechslin. Le calibre UN-153 est donc le fruit d’un développement propre à Ulysse Nardin, qui a équipé ce mouvement d’un spiral en silicium. On retrouve ce même composant au cœur de la Blancpain Villeret Quantième Annuel GMT, proposée pour la première fois en acier. Le cadran est équipé d’un petit compteur 24 heures situé à 8 h qui fonctionne comme heure de référence. L’heure locale est assurée par l’heure centrale de la montre à laquelle la date est liée. Quant à la boîte, elle est équipée de correcteurs sous cornes brevetés Blancpain.

Blancpain Quantième Annuel GMT
Blancpain Quantième Annuel GMT

Autre choix qui positionne cette complication comme l’une des stars de l’année, celui d’Omega, qui, pour la toute première déclinaison de sa Globemaster dévoilée en 2015, a précisément choisi de l’animer avec un calendrier annuel. Il en résulte une pièce au boîtier plus généreux de 41 mm qui arbore toujours un cadran « Pie Pan » porteur, sur ses facettes, du nom des 12 mois de l’année pointés par une aiguille bleuie. « L’Omega Globemaster présentée l’an dernier se distinguait comme étant la toute première montre Master Chronometer au monde, précise la Maison. La version 2016 franchit un nouveau cap dans l’innovation. Cette fois, la montre est équipée du calibre Omega Co-Axial Master Chronometer 8922. Elle est accompagnée d’une carte de certification Master Chronometer attestant que la montre a passé avec succès les huit tests rigoureux établis par l’Institut fédéral suisse de métrologie (METAS). » Un nouveau cap pour les calendriers annuels.

Omega Globemaster Master Chronometer Annual Calendar
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