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Les groupes horlogers, maîtres de… l’embauche
Economie

Les groupes horlogers, maîtres de… l’embauche

vendredi, 02 mars 2012
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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5 min de lecture
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Le groupe Swatch a engagé 2’800 personnes en 2011. Cartier, propriété de Richemont, prévoit 2’000 créations d’emploi sur deux ans. Même constat en ce qui concerne LVMH, qui va étendre ses capacités de production en Suisse. Qui parle de crise ?

À résultats records, embauches records ? Force est de constater que, en dépit de la crise économique qui secoue le Vieux Continent, l’horlogerie helvétique sort parfaitement son épingle du jeu. Pour preuve, une pluie de résultats aux reliefs des plus séduisants. À commencer, bien évidemment, par celui des exportations de la branche, en hausse de 19,2 % à CHF 19,3 milliards (USD 21,1 milliards / EUR 16 milliards) sur l’ensemble de l’année 2011, soit 13 % de plus que pour le précédent exercice record, enregistré en 2008. Celui des différents groupes actifs dans le secteur ensuite, qui, tous, affichent des progressions à deux chiffres. Swatch a ainsi vu son chiffre d’affaires 2011 dépasser pour la première fois les CHF 7 milliards (+ 21,7 % à taux de change constant à CHF 7,15 milliards (USD 7,83 milliards / EUR 5,92 milliards)) pour un bénéfice de CHF 1,6 milliard (USD 1,75 milliard / EUR 1,32 milliard), + 12,4 %.

Sur le troisième trimestre de son exercice en cours clos à fin décembre, Richemont a enregistré une progression de ses ventes de 24 % à EUR 2,6 milliards (USD 3,4 milliards / CHF 3,1 milliards). Hermès vient d’annoncer un nouveau record avec un chiffre d’affaires 2011 de EUR 2,84 milliards (USD 3,75 milliards / CHF 3,42 milliards), + 18,3 %, incluant des activités horlogères en hausse de 23 %. Quant à LVMH, leader mondial des produits de luxe, ses ventes se sont envolées de 16 % en 2011 à EUR 23,7 milliards (USD 31,3 milliards / CHF 28,5 milliards) en tenant compte de l’acquisition de Bulgari ou de 14 % au niveau organique. Une acquisition qui a eu des répercussions on ne peut plus sensibles au niveau de la division Montres & Joaillerie, dont le chiffre d’affaires passe de EUR 985 millions (USD 1,302 milliard / CHF 1,187 milliard) à près de EUR 2 milliards (USD 2,64 milliards / CHF 2,41 milliards) !

Préparer l’avenir

Ces résultats démontrent suffisamment les succès que rencontrent les ténors de la branche, même si un ralentissement est d’ores et déjà programmé pour 2012. Qu’à cela ne tienne, les horlogers préparent déjà l’avenir. Un avenir qui, si l’on en croit les chiffres d’embauche, est promis à des jours heureux. Deux raisons essentielles à cela : non seulement l’Asie se profile comme le tonneau des Danaïdes en matière de luxe, mais, au niveau de la fabrication, les maisons de la branche doivent impérativement anticiper la baisse progressive des livraisons de composants en provenance du groupe Swatch. Autrement dit, elles se voient dans l’obligation d’investir dans leur outil de production.

C’est précisément ce qu’a fait le groupe Swatch lui-même en injectant quelque CHF 580 millions (USD 635 millions / EUR 481 millions) l’an dernier pour augmenter ses capacités de production et étoffer son réseau de distribution. Un montant qui, semble-t-il, ne suffit pas à faire face à la croissance constante de la demande pour certains composants, comme le précisait la multinationale à l’annonce de ses résultats 2011. En conséquence, le groupe Swatch prévoit d’investir à nouveau des montants colossaux cette année, compris entre CHF 500 et 700 millions (USD 548 et 767 millions / EUR 414 et 580 millions), selon les déclarations de Nick Hayek, CEO du Groupe. Même constat au niveau de l’emploi : sur le seul exercice 2011, la compagnie a recruté 2 800 nouveaux collaborateurs, portant les effectifs à plus de 28’000 personnes. Plusieurs centaines d’embauches sont également prévues cette année.

Tous concernés

Cette inflation semble le point commun des grands acteurs de la branche. Selon les estimations du quotidien Le Temps, basées sur les annonces faites par les horlogers, les investissements en cours ou prévus, hors groupe Swatch, se chiffrent à quelque CHF 800 millions (USD 877 millions / EUR 663 millions) avec, à la clé, plusieurs milliers de créations d’emploi dans les deux ou trois ans à venir. Pour preuve, Cartier, propriété de Richemont, a d’ores et déjà fait savoir qu’il prévoyait d’embaucher rapidement 600 personnes sur ses différents sites horlogers. Une augmentation d’effectifs qui s’inscrit dans un plan d’embauche de quelque 2’000 professionnels sur deux ans. Idem du côté du pôle horloger LVMH (Bulgari, Hublot, Tag Heuer, Zenith, Dior Montres, Chaumet), qui veut accroître ses capacités de production dès cette année. « Nous anticipons une forte activité dans les montres en 2012 et parallèlement une baisse de la fourniture de composants par nos principaux partenaires », expliquait début février Francesco Trapani, président de la division Montres & Joaillerie du Groupe.

Louis Vuitton vient ainsi d’acquérir un site à Meyrin, dans le canton de Genève, pour y installer son nouvel atelier, qui devrait accueillir en 2013 l’ensemble de ses collaborateurs, y compris ceux de La Fabrique du Temps, fabricant de mouvements à grande complication acquis l’été dernier. De son côté, TAG Heuer, qui a repris le fabricant de cadrans Arte Cad en novembre 2011, veut se développer dans le Jura à Chevenez pour compléter ses capacités de La Chaux-de-Fonds et Cornol, synonyme de 150 recrutements. Quant à Hublot, installé à Nyon depuis peu, acquéreur en mars dernier de Profusion, entreprise spécialisée dans les composants en fibre de carbone, la Maison projette déjà de doubler les capacités de sa manufacture dans les 18 prochains mois pour une centaine de nouveaux postes de travail. D’autres records en vue ?

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