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Les horlogers suisses en voient de toutes les couleurs
Economie

Les horlogers suisses en voient de toutes les couleurs

mardi, 30 août 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Et si les horlogers étaient condamnés à souffrir d’un strabisme divergent : un œil que l’on pensait bien au chaud biglant vers Hong Kong et l’autre lorgnant avec insistance vers l’Oncle Sam. En juillet, les États-Unis sont en effet devenus la première destination pour les montres suisses. Une place qu’ils risquent bien de conquérir sur l’ensemble de l’année 2016.

Par les frimas horlogers actuels, la période de la chasse est ouverte. Point question toutefois ici de débusquer l’orignal, mais bien plutôt de dénicher une nouvelle susceptible d’embellir une saison dont les mois ne sont pas sans évoquer le calendrier républicain avec ses Pluviôse, Ventôse, voire Sinistrôse. Et ce ne sont pas les statistiques des exportations suisses sur le mois de juillet qui ont réussi à tempérer la douche froide. Alors que le commerce extérieur helvétique a connu une évolution favorable durant le mois sous revue, avec une hausse de 2,4 % en termes réels, l’horlogerie a continué à manger son pain noir, synonyme d’un net recul de 14,2 % durant la période.

En d’autres termes, alors que tous les voyants sont au vert pour les principaux secteurs d’exportation suisses qui surfent sur une tendance positive amorcée dès le second semestre 2015, comme le relève l’Administration fédérale des douanes, les gardiens du temps helvétiques sont à la peine. En chiffres, cela se traduit par une chute des exportations horlogères de 11,1 % entre janvier et juillet 2016. Après le recul de 3,2 % de l’an dernier, les lendemains qui chantent risquent d’en faire languir plus d’un.

© Re Up
Plongeon asiatique

Sans surprise désormais, Hong Kong continue à faire le grand plongeon avec une chute de 32,7 % enregistrée en juillet dans les envois des Maisons horlogères vers cette destination. Sur les sept premiers mois de l’année, la baisse est de 27,5 %, encore relayée par celle de 13,5 % observée en Chine durant la même période. Pour des raisons sur lesquelles il n’est plus guère utile de s’épancher, la Grande Chine n’est plus en mesure d’entretenir le fantasme horloger d’un empire sur lequel le soleil de la croissance ne se couche jamais, pour paraphraser Charles Quint. Pire, la retenue dont font preuve les ressortissants chinois envers les grandes destinations touristiques européennes, notamment en raison des craintes d’attentats terroristes, pénalise les ventes dans ces régions.

Tout n’est pas rose au pays de l’Oncle Sam, plongé dans les affres d’une élection présidentielle qui n’est certainement pas le meilleur incitatif à la dépense.

Le constat est particulièrement cruel pour la France, où les exportations chutent de 27,8 % en juillet et de 17,6 % depuis janvier. En Europe, seul le Royaume-Uni tire son épingle du jeu avec une croissance de 13,4 % enregistrée le mois dernier (– 2,6 % entre janvier et juillet). Le Brexit est en effet passé par là avec des conséquences immédiates sur la valeur extérieure de la livre sterling qui, depuis son pic en décembre, a perdu 20 % face au franc suisse. Dans ce contexte et comme début 2015 avec l’euro, les horlogers doivent trancher le nœud gordien en optant pour une baisse des marges ou une augmentation des prix, en sachant que cette dernière option n’est de loin pas sans danger.

© Re Up
Sauvetage américain

Et si la bonne nouvelle que l’on cherche tant était à trouver du côté des États-Unis ? Tout n’est certes pas rose au pays de l’Oncle Sam, plongé dans les affres d’une élection présidentielle qui n’est certainement pas le meilleur incitatif à la dépense. Et pourtant, les dernières statistiques restent encourageantes avec une croissance économique de 1,2 % enregistrée au deuxième trimestre 2016, soutenue notamment par la consommation des ménages en hausse de 4,2 %. Comme cette performance trimestrielle a été ralentie par un phénomène de déstockage, le premier depuis 2011, les économistes restent des plus confiants pour le reste de l’année. Pour les horlogers, cela veut dire que les États-Unis se comportent nettement moins mal que les destinations asiatiques, soit un recul de 10 % sur les sept premiers mois de l’année. En juillet, ils ont même devancé Hong Kong comme premier marché d’exportation, une position que le pays devrait maintenir sur l’ensemble de l’année à évolution constante.

© Re Up

Pour les Maisons, inutile de dire que toute campagne américaine est désormais lourde de sens. Omega, notamment, est en train de couvrir le territoire de nouveaux points de vente. Chopard entend nettement renforcer sa présence dans le pays. Seiko vient également de jeter son dévolu sur Miami pour y ouvrir sa deuxième boutique américaine, après celle de la Madison Avenue, inaugurée en 2014. Inutile de prolonger la liste, le nouvel Eldorado horloger est pour les mois à venir bel et bien sur le continent américain.

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