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Les jeunes, trésor de l’humanité
Points de vue

Les jeunes, trésor de l’humanité

Thursday, 24 May 2012
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Franco Cologni
Président du Comité Culturel de la FHH

“Le talent nécessite toujours de l’effort, de l’engagement, des heures passées à perfectionner un geste qui devient, jour après jour, un don.”

Entrepreneur dans l’âme, Franco Cologni, pourtant homme de lettres, s’est rapidement lancé dans les affaires pour devenir un personnage clé du groupe Richemont.

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3 min de lecture

Les jeunes sont le trésor de l’humanité. Mais combien d’entre eux en sont-ils vraiment conscients ? Combien d’entre eux auront-ils accès à un niveau d’instruction leur permettant de transformer leur talent en profession ?

L’Unesco a rendu l’éducation primaire obligatoire en 1948 déjà. Mais en 2000, au cours d’un forum qui se tenait à Dakar, les décisions à prendre pour veiller aux besoins d’éducation fondamentaux de la planète ont été repoussées à 2015. En 2008, selon un article du Monde diplomatique, on comptait encore 67 millions d’enfants non scolarisés. Chaque année, dans l’Afrique subsaharienne, 10 millions d’enfants abandonnent l’école avant la fin du premier cycle. Et depuis la crise financière de 2008, les investissements dans le secteur de l’éducation ont diminué tant et plus. Non seulement dans les pays en développement mais aussi dans le riche Occident, où l’on recherche souvent des formations immédiatement exploitables sur le marché du travail, oubliant que les universités sont bien plus anciennes que le libre marché.

Quelles peuvent donc être les perspectives pour nos jeunes ? D’une part, il devient plus difficile d’accéder à une bonne formation culturelle. Par ailleurs, une formation technique ou professionnelle exige une application constante et beaucoup de ténacité. Et une fois arrivés sur le marché du travail, ces jeunes voient les portes sinon fermées du moins pas grand ouvertes.

Il n’est pas aisé d’imaginer des solutions. Mais il faut souligner quelques points fondamentaux : le fait que sans école et sans travail, une survie digne n’est pas garantie ; que, par conséquent, les politiques liées à la famille sont aussi en lien avec la scolarisation et la formation professionnelle. Qui peut espérer se marier sans métier ni ressources ?

Autre point important : il n’est pas nécessaire que tout le monde soit docteur ou professeur. Nous avons assisté dans nos pays à la prolifération de cours pseudo-humanistes au contenu culturel congru, sans repères pratiques et en lien peu évident avec le monde du travail. Certes, il est vrai que l’éducation et la formation ne doivent pas être conçues en fonction de l’économie, mais il n’en reste pas moins que, dans toute programme d’études, il importe de rechercher le sérieux et la cohérence : tout le monde doit pouvoir aspirer à la dignité de travailleur et tout le monde a le droit de recevoir une formation de bon niveau, qu’elle soit humaniste, technique ou professionnelle. Cette dernière doit être notablement dépoussiérée, repensée et reformulée : car le développement de certains savoir-faire de haut niveau peut faire naître de nouveaux types de travail où l’intelligence de la main va rencontrer une créativité de dernière génération. L’exemple de la Suisse, avec ses écoles d’horlogerie, constitue un point de repère important.

Mettre l’accent sur les jeunes, c’est en premier lieu leur donner accès à l’instruction, à la culture et à l’expérimentation – les mains dans le cambouis – d’un travail qui soit aussi un choix de vie : flexible, changeant tant qu’on le voudra, mais sérieux. Qui sait si le monde de l’horlogerie, avec son besoin permanent de former et d’intégrer des talents, ne peut pas se muer en une référence essentielle pour d’autres milieux aussi, pour réfléchir à de nouveaux rapports entre école et entreprise, entre culture et travail, entre instruction et profession.

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