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Les montres de seconde main, un marché immunisé
Economie

Les montres de seconde main, un marché immunisé

lundi, 28 septembre 2020
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Des résultats semestriels records pour WatchBox, des ouvertures de boutique à Paris et Genève pour Watchfinder, une nouvelle « Galery Certified Pre-Owned » au sein du sanctuaire parisien de Bucherer… La montre de seconde main ne connaît pas la crise.

On lui prédisait un avenir radieux. Pandémie ou pas, celui-ci se confirme pour les montres de seconde main certifiées (certified pre-owned). Un marché estimé à quelque $ 15 milliards qui devrait, selon les observateurs, prendre le pas sur les ventes de montres neuves. Et pour une raison qui colle à la numérisation croissante des transactions, vu qu’il s’agit pour l’essentiel d’un univers horloger dématérialisé qui a pris son envol sur les ailes d’Internet. Tout a commencé par des plateformes d’échanges comme Chrono24, laquelle assure avoir largement dépassé le milliard de dollars de chiffre d’affaires avec ses quelque 500’000 montres en catalogue. Pour s’orienter de plus en plus vers des acteurs soucieux de certifier les garde-temps proposés, question de confiance à l’heure du marché gris et de la contrefaçon. Mais le modèle est encore en passe d’évoluer avec, désormais, une présence physique jugée indispensable par les ténors de la branche sur leurs marchés clés.

WatchBox donne le ton

C’est exactement ce qu’est en train de faire Watchfinder, une entreprise britannique fondée en 2002 et reprise par Richemont en 2018. Historiquement, Watchfinder comptait sept boutiques au Royaume-Uni, mais plus question de s’en contenter. Au printemps dernier, ce spécialiste en ligne des montres de seconde main « premium », qui compte quelque 6’000 modèles de plus de 70 marques en catalogue, a ainsi ouvert une première tête de pont à Paris, proche des Champs-Élysées. Ce mois-ci encore, il annonçait son arrivée prochaine à Genève avec l’ouverture d’un « corner » au sein de l’enseigne haut de gamme Bongénie Grieder. Et l’expansion devrait très certainement se poursuivre sur des marchés comme les États-Unis et la Chine. Bucherer, premier détaillant horloger avec 49 points de vente, ne fait pas autre chose. Après avoir ouvert sa première galerie dédiée aux montres d’occasion à Genève il y a tout juste un an, l’entreprise a dupliqué le modèle à Zurich, Hambourg et, depuis mars dernier, à Paris, où elle possède la plus vaste boutique horlogère au monde à côté de l’Opéra.

Pour le premier semestre 2020, WatchBox annonce une hausse de 25 % de son bénéfice opérationnel.

WatchBox fait également partie des acteurs en ligne de ce second marché qui n’hésitent pas à investir les artères les plus fréquentées. Pour preuve, son partenariat avec le premier détaillant des Émirats arabes unis, Ahmed Seddiqi & Sons, annoncé lors de la dernière Dubai Watch Week en novembre 2019. Côté transactions, c’est également WatchBox qui permet de donner le ton. Selon les informations communiquées par la compagnie basée à Philadelphie avec des antennes en Suisse, et dans les villes de Singapour, Hong Kong et Dubai, le premier semestre de son année 2020 s’est soldé par un bénéfice opérationnel en hausse de 25 %. Durant ces six premiers mois, pas moins de 16 000 transactions ont été conclues avec un prix moyen de vente qui a passé de USD 12 000 à 18 000. En Asie seule, on parle d’un prix moyen de USD 32 000. Quant à l’acquisition la plus élevée, elle a porté sur une montre d’une valeur de plus de USD 600 000. Comme facteurs de croissance, WatchBox note l’arrivée d’un grand nombre de nouveaux clients et une forte demande pour des garde-temps proposés en dessous de la barre des USD 10 000, sans oublier la valorisation des montres les plus recherchées qui a pris l’ascenseur. Des facteurs qui tendent à démontrer que la période de confinement a été des plus propices à WatchBox.

Terre de conquête

« C’est vrai que cette période nous a été favorable, même si nous avons également dû fermer nos points de vente et travailler à la maison, confirme Justin Reis, CEO et cofondateur de WatchBox joint à Philadelphie. Les amateurs avaient du temps pour eux et, de notre côté, nous avons un inventaire susceptible de combler leurs attentes. Je suis d’ailleurs très confiant quant à notre capacité de maintenir notre rythme de croissance sur la deuxième partie de l’année. Août et septembre sont déjà des mois records pour WatchBox. » Si, pour WatchBox, un inventaire d’une valeur de USD 80 millions, selon les indications de Danny Govberg, cofondateur de la société, est une chose des plus précieuses, surtout si le positionnement de prix est le bon, le valoriser en est une autre. Raison pour laquelle la compagnie fait flèche de tout bois : séminaires en direct sur Instagram, revues horlogères sur certains modèles phares, studio TV avec commentaires hebdomadaires de l’actualité (Market Wrap), analyse des tendances (Trends in the Industry) et autres avis de collectionneurs (Collector Conversations), sans oublier les recommandations sur certaines marques (The Watch Insider) – actuellement Grand Seiko, F.P.Journe et H. Moser & Cie ont la cote –, ou encore les efforts à venir pour sensibiliser le public féminin, notamment avec une offre digne de ce nom. Pour WatchBox, qui compte 200 personnes à bord, le second marché horloger est une vaste terre de conquête.

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