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Les montres icônes
Histoire & Pièces d'exception

Les montres icônes

jeudi, 21 février 2008
Par Michael Balfour
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Michael Balfour

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5 min de lecture

Quel sujet passionnant que celui des montres cultes, dans la mesure où chacun de nous en a une conception différente. Je vais donc aborder cette question en pensant à une personne qui se décide à entamer une collection de ses montres favorites.

Le processus commence généralement par l’achat d’une montre que notre aspirant collectionneur a « toujours voulue ». Peut-être que ce premier acte d’achat coïncide avec un bonus annuel reçu au travail ou avec un gain perçu à la loterie ou encore avec un petit héritage reçu suite au décès de grand-maman. Vient ensuite la deuxième montre, qui peut très bien servir à célébrer un succès sportif, la naissance d’un premier enfant, voire un anniversaire. Quand arrive la troisième, notre collectionneur perd son statut de novice. Il sait maintenant que les publicités horlogères exposent toujours des garde-temps arrêtés à environ 10 heures 10. Il commence à se sentir impliqué et assiste à ses premières ventes aux enchères qui lui permettent d’affiner ses connaissances quant aux montres et aux marques en lisant scrupuleusement les catalogues de ventes.

L’attrait pour telle ou telle marque en particulier se développe.
Quand l’attrait de la marque se manifeste

Un tel processus éducatif conduit généralement à davantage de discernement et à un intérêt qui va bien au-delà du premier acte d’achat. A ce moment, il n’est pas impossible que notre collectionneur commence à s’intéresser à un thème particulier comme les alarmes, l’Art déco, les montres commercialisées sous la marque de constructeurs automobiles, les cadrans évoquant des personnages de bandes dessinées, les garde-temps érotiques dotés de calibres intéressants, les montres signées par des joailliers, les montres maçonniques, militaires… L’attrait pour telle ou telle marque en particulier se développe.

A ce stade, notre collectionneur commence également à manifester un goût prononcé et durable pour certains modèles au sein des collections d’une même marque. C’est alors que survient ce que je considère comme étant l’élément principal de ce qui constitue une montre icône ou une montre culte, terme que je préfère.

Nous savons tous que les montres-bracelets sont des petites merveilles de micromécanique et qu’elles attirent l’attention des collectionneurs comme des investisseurs, sans parler de ceux qui les portent. Nous savons également que parmi tous les modèles commercialisés, seul un petit nombre d’entre eux sont susceptibles d’exercer un attrait universel. Quant à moi, je suis certain que si on demandait aux lecteurs éclairés de cet article, certainement tous sensibles à l’univers de la Haute Horlogerie, de dresser une liste de 30 montres cultes, ils choisiraient une vingtaine de mêmes modèles, comme par un muet consensus.

Les qualités du mouvement ne sont probablement pas de première importance pour le collectionneur.
Les désirs et les émotions d’abord

C’est peut-être le simple désir de posséder une telle montre qui lui confère son statut d’objet culte, désir mêlé aux émotions liées à la possession de l’objet. Les qualités du mouvement ne sont probablement pas de première importance pour le collectionneur. C’est pourquoi les séries Happy Diamonds de Chopard, commercialisées depuis plus de 30 ans et qui, stricto sensu, ne sont pas des pièces de Haute Horlogerie, peuvent très bien trouver leur place aux côtés des 20 modèles communément répertoriés. Ce qui explique aussi pourquoi la Mickey Mouse d’Ingersoll peut très bien y figurer également. Après tout, ce modèle, défini comme une icône américaine, a été emmené dans l’espace par des astronautes lors de trois différentes missions. Et qui peut nier que, sur les marchés de masse, les montres Swatch sont aussi des icônes helvétiques.

Il est certain que parmi cette vingtaine de montres cultes relevant d’un choix commun figureraient trois modèles considérés comme les plus prestigieux. Le premier, le plus intelligent au niveau du design, est bien sûr la Reverso de Jaeger-LeCoultre avec son boîtier breveté en mars 1931, un modèle qui s’enrichit régulièrement de nouvelles collections. En Allemagne, les collectionneurs y font référence sous le vocable « Kultuhr ».

Vient ensuite la Tank de Cartier, dessinée par Louis-Joseph Cartier en 1917 qui s’est inspiré des chars Renault utilisés sur les champs de bataille, d’où son nom. Il existe maintenant plus d’une trentaine de différentes versions de la Tank. Le troisième garde-temps figurant sur cette liste restreinte est la Speedmaster d’Omega qui a « volé », selon la terminologie de la NASA, pour la première fois à bord de Gemini 3 en mars 1965. Un an plus tard, le nom Professionnal était ajouté sur le cadran de ce garde-temps que l’on appelle aujourd’hui volontiers la Moon Watch.

En conclusion, pourquoi ne pas dresser vous-même une liste de garde-temps considérés comme des montres cultes et la comparer avec celle de vos collègues. Une vingtaine de modèles communs y figurera… peut-être ?

*Michael Balfour est l’auteur du livre Cult Watches : the World’s Enduring Classics, qui vient d’être publié chez Merrell, Londres et New York, 192 pages

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