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Les organes de régulation de la montre d’hier à...
Histoire & Pièces d'exception

Les organes de régulation de la montre d’hier à aujourd’hui – IIe partie

mercredi, 06 juin 2018
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Vincent Daveau
Journaliste, horloger constructeur et historien diplômé

“Une heure de retard d’une jolie femme, c’est son quart d’heure d’avance. ”

Sacha Guitry

« La passion est le sel de la vie ! »

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6 min de lecture

De toutes les inventions ayant contribué à l’amélioration des montres mécaniques, celle de l’organe réglant est la plus essentielle, mais aussi la moins bien documentée. Pour corriger cette lacune, voici racontée l’histoire des échappements des origines aux nouveaux régulateurs en silicium. Deuxième partie : de l’invention du spiral en 1675 à l’échappement à ancre dès les années 1770.

Portée par l’esprit de la Renaissance et ses grands scientifiques, l’horlogerie a fait de substantiels progrès dans la première moitié du XVIIe siècle. Différents traités, dont celui intitulé La Montre – Les échappements, le spiral et la compensation, réalisé par Tardy, font état d’essais de montres dotées d’échappements magnétiques. Ainsi, vers 1633, le père jésuite Athanase Kircher en aurait construit une, tout comme le jésuite polonais Kochanski en 1659. On rapporte également que Robert Hooke aurait, lui aussi, tenté l’expérience en 1669. Seulement, ces différents essais propices à en entraîner d’autres sont restés sans suite, car l’invention du spiral, le 23 janvier 1675 avec demande de privilège le 5 février 1675 pour la France par Christiaan Huygens, a permis à l’échappement à roue de rencontre, pourtant imparfait, de gagner presque une décimale en matière de précision et surtout d’être moins sensible aux mouvements.

À l’aube du siècle des Lumières, les horlogers les plus créatifs pouvaient raisonnablement nourrir l’ambition de révolutionner leur métier.
Le spiral se généralise

À la suite de la mise au point de ce ressort fin comme un cheveu et formé en spirale au niveau du balancier, les horlogers ont modifié les instruments existants pour qu’ils puissent recevoir cette invention. Sans véritable modification dans la construction des garde-temps existants, elle apportait une amélioration considérable de la précision de marche diurne. Une fois que les horlogers de l’époque ont compris l’importance de disposer d’un organe de régulation doté d’oscillations le plus isochrones possible, ils ont pu se pencher sur l’échappement le plus à même de garantir une régularité de mouvement du balancier, quelle que soit la position de l’instrument qui en était équipé. À l’aube du XVIIIe siècle, le fameux siècle des Lumières émaillé de progrès scientifiques de premier ordre, les horlogers les plus créatifs pouvaient raisonnablement nourrir l’ambition de révolutionner leur métier pour créer une machine capable, grâce à sa précision mécanique, de rivaliser avec l’horloge céleste considérée alors comme divinement invariable…

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Parmi les artisans ayant su tutoyer les étoiles, il faut citer George Graham. Né en 1673 en Angleterre, formé très jeune au métier d’horloger, il est devenu l’élève puis l’associé de Thomas Tompion, un génial horloger, créateur de l’échappement à cylindre. Cet organe, largement utilisé au XIXe siècle pour la fabrication de montres semi-industrialisées premier prix et avant la généralisation de l’échappement à ancre, a eu ses adeptes, dont Breguet. Bien supérieur à l’échappement à roue de rencontre ou échappement à recul, il pouvait fonctionner sans le coûteux mécanisme de chaîne-fusée à force constante et autorisera de fines constructions horlogères une fois le calibre Lépine inventé.

L’invention de l’échappement à ancre

Pour sa part, George Graham, horloger talentueux et astronome émérite, est connu pour avoir inventé l’échappement de précision à ancre pour pendule et le balancier compensateur à mercure. Visionnaire, cet horloger, membre de la Royal Society dès 1722, a eu pour disciple Thomas Mudge, qui devait présenter en 1769 une montre dotée d’un échappement libre à ancre. On rapporte également que l’abbé français Jean de Hautefeuille aurait conçu un échappement du même type en 1722. Mais ce personnage haut en couleur semble avoir eu beaucoup d’idées dont bien peu, mal étayées, ont été produites… On doit encore à George Graham d’avoir soutenu John Harrison en 1730 dans sa quête de la longitude. C’est donc aussi grâce à cet homme de science éclairé que l’ébéniste John Harrison, devenu horloger en autodidacte, devait proposer l’échappement dit « à sauterelle » dans sa première horloge de marine. Cet échappement, très complexe dans une forme aboutie en 1736, n’en était pas moins fonctionnel. L’inventeur de la longitude y renonça toutefois pour revenir à un échappement à roue de rencontre pour la montre de marine H4 que Larcum Kendall eu la charge de copier, non sans difficultés.

Preuve était faite, au milieu du XVIIIe siècle, que les échappements courants existants n’étaient pas à même d’offrir une précision dans la durée.

Preuve était faite au milieu du XVIIIe siècle que les échappements courants existants n’étaient pas à même d’offrir une précision dans la durée. S’ils parvenaient à battre des records, leur conception relevait d’un travail d’art impossible à véritablement reproduire. À une époque où l’idée d’industrialisation et de reproductibilité commençait à faire son chemin dans les esprits, les échappements anciens, difficiles à réaliser ou peu précis, n’avaient plus lieu d’être. Vers 1750, tous les maîtres horlogers, qu’il s’agisse du Français Pierre Leroy, du Suisse Ferdinand Berthoud, ou des Anglais comme John Arnold et Thomas Earnshaw, étaient convaincus que l’échappement libre, autrement dit l’organe de transmission ayant le moins de contact avec l’oscillateur, était la solution du futur pour créer des instruments de mesure du temps durablement précis.

On pense que Thomas Mudge fut l’inventeur de l’ancre pour montre et qu’il fournit des informations sur les pièces produites par John Harrison à Ferdinand Berthoud, l’espion horloger pour le compte de la France. Sans nourrir la polémique, on gardera en mémoire que Pierre Leroy (1717-1785) est aujourd’hui passé à la postérité pour avoir proposé dès 1766 un échappement libre de qualité chronométrique doté d’un spiral isochrone, d’un balancier compensé thermiquement et d’un échappement libre à mi-chemin entre une ancre et une détente. On retiendra donc cette invention comme marqueur d’une rupture dans l’univers de la mesure du temps qui, de ce fait, allait entrer dans l’ère de l’horlogerie moderne.

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