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Les organes de régulation de la montre d’hier à...
Histoire & Pièces d'exception

Les organes de régulation de la montre d’hier à aujourd’hui – VIe partie

mercredi, 13 mars 2019
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Vincent Daveau
Journaliste, horloger constructeur et historien diplômé

“Une heure de retard d’une jolie femme, c’est son quart d’heure d’avance. ”

Sacha Guitry

« La passion est le sel de la vie ! »

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5 min de lecture

De toutes les inventions ayant contribué à l’amélioration des montres mécaniques, celle de l’organe réglant est la plus essentielle, mais aussi la moins bien documentée. Pour corriger cette lacune, voici racontée l’histoire des échappements des origines aux nouveaux régulateurs en silicium. Sixième partie : les échappements modernes.

La période qui a immédiatement suivi la Seconde Guerre mondiale a été profitable à l’horlogerie. On oublie souvent que le métier a plutôt bien profité du conflit et du besoin des troupes en garde-temps de divers types. Face à la demande en « instruments » de qualité, les entreprises n’ont pas fait d’efforts particuliers pour chercher de nouveaux échappements. Les rendements horlogers et la précision des produits alors disponibles étaient tout à fait acceptables pour un usage courant. Les travaux faits par les marques se sont ainsi concentrés sur l’usinage des boîtiers, l’étanchéité et la lisibilité nocturne. Il a fallu attendre le milieu des années 1950 et l’élaboration de la pile bouton à base de mercure par la firme américaine Mallory pour que la régulation fasse un nouveau pas en avant. Avec l’arrivée de ces batteries, les horlogers ont pu lancer de nouveaux types d’échappements électromécaniques dotés de balanciers à impulsion électrique. On retrouve ce système au sein de la collection Ventura de la manufacture Hamilton. Compliqués, ces cœurs préfiguraient les modèles à quartz à venir. Leur défaut : une consommation électrique conséquente imposant des changements de pile assez réguliers.

Relevons qu’avant même la mise au point du quartz la firme américaine Bulova est parvenue à produire la première montre à diapason au monde.

À cette époque, le métier, qui exploitait l’échappement à ancre sans trop se poser de question, s’est soudainement vu aiguillonné par les recherches menées par une race inattendue d’horlogers : les micro-électroniciens. En deux décennies, ces derniers allaient repousser les limites du possible et surtout parvenir à miniaturiser suffisamment les composants horlogers pour leur permettre de prendre place dans un espace correspondant à celui d’un boîtier de montre-bracelet. Relevons qu’avant même la mise au point du quartz la firme américaine Bulova est parvenue à produire la première montre à diapason au monde grâce au talent de Max Hetzel, un Bâlois qui avait rejoint la société en 1948. Excité électriquement par des transistors d’invention récente, ce diapason préfigurait le futur diapason de quartz qui a fait entrer l’horlogerie dans une nouvelle ère, celle de la haute fréquence et, par extension, de la précision ultime. Cette géniale Bulova au bruit d’abeille si caractéristique allait séduire plus de 4 millions d’amateurs avant que sa production ne cesse en 1977 à la suite de la déferlante du quartz. En 1960, cette « intrusion » de la haute fréquence dans un métier habitué à des régimes de fonctionnement plutôt bas – 2,5 Hertz ou 18’000 alternances par heure – devait avoir pour conséquence de pousser les horlogers traditionnels à tenter l’expérience d’une montée en régime pour les échappements classiques.

Accélérer pour rester dans la course

Cette tentation, les horlogers l’avaient déjà eue dès les premières années du XXe siècle. Le monde industriel, avide de tout mesurer, ne pouvait se contenter des instruments alors disponibles. Pour satisfaire la demande, la maison Heuer s’est rapidement engagée dans la voie des hautes fréquences. Ainsi naissait en 1916 le Mikrograph, un compteur à main précis au 1/100 de seconde, lisible sur le cadran, grâce à un balancier vibrant à 360’000 alternances par heure. L’histoire rapporte que la même année Minerva aurait également sorti un compteur à main apte à mesurer le 1/100, encore amélioré en 1936. Mais ces fréquences n’ont pas nécessairement satisfait toutes les marques, d’autant qu’une telle précision n’offrait à l’époque que peu d’applications pratiques. Aussi, dès les années 1920, Omega a commencé à développer ses activités de chronométreur des performances sportives avec des compteurs mécaniques, dotés ou non de la fonction rattrapante, mesurant le 1/10 de seconde en vibrant à 36’000 alternances par heure.

Très vite, les ingénieurs ont noté que la précision des premières montres-bracelets mécaniques était perturbée par les gesticulations répétées des porteurs.

Avec ces quelques pièces cherchant à tutoyer la précision la plus fine, la guerre des fréquences venait de commencer. La bataille pour avoir le bon « beat » a toutefois véritablement débuté après le passage des montres de la poche au poignet. Très vite, les ingénieurs ont noté que la précision des premières montres-bracelets mécaniques, dont l’organe réglant battait alors le plus souvent à 18’000 alternances par heure, était perturbée par les gesticulations répétées des porteurs. Pour contrer ces effets indésirables, les horlogers ont cherché différentes solutions, dont celles de réduire l’inertie des balanciers, devenus plus légers et plus petits, et d’augmenter le rendement du groupe échappement en accroissant le nombre d’oscillations horaires. C’est pourquoi, au fil des ans, la plupart des entreprises ont fait passer le rendement de leurs calibres de 18’000 alternances par heure dans le courant des années 1940 à 21’600 vibrations au cœur des années 1950 pour atteindre, avec Büren, Seiko et Zenith, les 36’000 battements par heure à la fin des années 1960.

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