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Les petits créateurs au cœur de la dynamique horlogère
Baselworld

Les petits créateurs au cœur de la dynamique horlogère

mercredi, 27 mars 2019
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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11 min de lecture

Ils ont en commun une production confidentielle, une notoriété lacunaire et des moyens limités. Mais tous sont mus par une extraordinaire dynamique créative, de celle qui fait les plus belles histoires de l’horlogerie contemporaine. Loin de la production de masse, embarquons dans l’univers des petits horlogers de Baselworld.

Alchemists Cu 29

La pièce avait été annoncée comme une première mondiale, à grand renfort de promotion sur les réseaux sociaux. Avec Vincent Perriard en coulisse et Philippe Dufour en consultant horloger, les trois concepteurs – Hervé Schlüchter, Fabrice Thüler et Denis Vipret – ont mis toutes les chances de leur côté. Cette Cu 29 est ainsi réalisée en Cuprum, un alliage de cuivre, d’or et d’argent. Très stable face à l’oxydation, il est surtout naturellement bénéfique pour l’organisme, le cuivre (80 % dans ce mélange) facilitant l’assimilation de la vitamine C. Le résultat est de très belle facture : cadrans en pierre naturelle excentrés à 12 h et 6 h, sélecteur de fonction, affichage de la réserve de marche par crémaillère périphérique, spiral cylindrique bleui. Le tout sous un verre saphir « atmosphère », dont le diamètre à la base est inférieur à celui de son pourtour. Une sorte de cloche qui englobe littéralement le mouvement, et qui a obligé les concepteurs à réaliser un trou pour la tige de remontoir. Impressionnant.

Alchemists – Cu 29
Alchemists – Cu 29
Beauregard Dahlia

« Ceci n’est pas une montre » mentionne d’entrée le dossier de presse. C’est en effet l’histoire d’une vie, celle de Nicolas Beauregard. Né au Québec, installé à Montréal, ce touche-à-tout – il possède aussi une blanchisserie industrielle et une société immobilière – a débuté l’horlogerie à 17 ans dans son garage. « Au début, je voulais faire des montres avec du bois historique, comme le piano de Beethoven », rigole-t-il avec son accent chantant. Après des années de bricolage formateur et de démarches laborieuses, il croise à Montréal la route de Lionel Ladoire, de la défunte marque Ladoire Genève. Grâce à lui, le monde de l’horlogerie s’ouvre enfin : le magnifique tourbillon volant central de cette Dahlia est conçu par Télôs Watch, à La Chaux-de-Fonds. Les pétales, quant à eux, sont en pierre naturelle et taillés un à un à la main, avant d’être assemblés sur le cadran. Hauts de 3 mm, ils ont nécessité des aiguilles en trois dimensions, particulièrement difficiles à concevoir. Chaque montre est unique.

Beauregard – Dahlia
Beauregard – Dahlia
Chronométrie Ferdinand Berthoud Chronomètre FB 1L

Relancée en 2015 par Karl-Friedrich Scheufele, coprésident de Chopard, la marque Ferdinand Berthoud n’est pas à proprement parler un créateur indépendant. La confidentialité de sa production la place cependant parmi les horlogers des « Ateliers » à Baselworld. Alors qu’elle n’avait jusqu’ici présenté qu’un modèle, le FB 1, elle dévoile cette année le Chronomètre FB 1L doté d’une nouvelle complication : l’âge de la lune. À ne pas confondre avec la phase de lune, plus commune en horlogerie, qui indique de manière visuelle les différents cycles lunaires. L’âge de la lune, quant à lui, décompte le nombre de jours écoulés depuis la dernière nouvelle lune. Couplée à une mesure chronométrique du temps, cette fonction a permis de déterminer la longitude en mer. Ce mécanisme original est composé d’un bras venant chercher l’information sur une came circulaire (visible à 5 h), laquelle tourne en périphérie du mouvement. Une aiguille vient finalement indiquer l’âge de la lune à 6 h, dans un mouvement de va-et-vient continu. Faisant l’objet d’une demande de brevet, cette complication jouit d’une précision astronomique, soit un écart de 1 jour en 577 années de fonctionnement.

Chronométrie Ferdinand Berthoud – Chronomètre FB 1L
Chronométrie Ferdinand Berthoud – Chronomètre FB 1L
Cyrus Klepcys Vertical Tourbillon Squelette

Installée dans le canton de Genève, la marque Cyrus appartient au même groupe que le motoriste bien connu Chronode, dirigé par Jean-François Mojon au Locle. C’est donc naturellement que la première a demandé au second de développer ce mouvement de toute beauté : lancée en 2018 dans une version non squelettée, la Klepcys est dotée d’un tourbillon implanté perpendiculairement à la platine, lui redonnant ainsi sa fonction première. Conçu à l’origine pour les montres de poche, le mécanisme d’Abraham-Louis Breguet servait en effet à compenser les effets de la gravitation sur les oscillateurs en position verticale. La variante ajourée de 2019 offre une plongée spectaculaire dans la mécanique, accentuée par l’imposant pont de tourbillon transversal. Enracinées dans les entrailles du mouvement et se hissant jusqu’au rehaut échelonné, les aiguilles en 3D indiquent les minutes rétrogrades pour l’une, les heures sautantes pour l’autre. Les secondes, elles, se lisent sur la tranche de la cage du tourbillon. Enfin, la réserve de marche de 100 heures est visible sur la sphère à 12 h. Cette montre existe en trois éditions (or rose, titane DLC noir et bicolore) de cinq exemplaires chacune.

Cyrus – Klepcys Vertical Tourbillon Squelette
Cyrus – Klepcys Vertical Tourbillon Squelette
Czapek Place Vendôme Ombre

Lancé en 2015, Czapek – du nom de François Czapek, horloger polonais d’origine tchèque associé à Antoine Norbert de Patek entre 1839 et 1845 – continue d’étonner par sa persévérance et son opiniâtreté. Son premier modèle, le Quai des Bergues n°33, avait remporté le Prix du Public au Grand Prix d’Horlogerie de Genève 2016. Place Vendôme, le deuxième modèle présenté l’année suivante arbore un tourbillon « suspendu » couplé à une fonction GMT. Développée par Chronode, au Locle, cette pièce revient habillée d’une carrure en titane grade 5. Ses complications mécaniques se partagent l’espace inférieur avec le tourbillon suspendu à 8 h, le second fuseau horaire à 4 h et son indicateur jour/nuit, niché entre les deux. Les heures et les minutes, quant à elles, trônent au-dessus, à 12 h, dans un cadran sombre. Édition limitée à 25 exemplaires.

Czapek – Place Vendôme Ombre
Czapek – Place Vendôme Ombre
Junghans Max Bill Chronoscope 100 Jahre Bauhaus

Fondée en 1861 à Schramberg, en Forêt-Noire, la maison Junghans reste peu connue à travers le monde. Toujours installée dans sa manufacture d’origine, laquelle a compté plus de 3’000 employés au début du XXe  siècle, elle y produit encore quelques-unes de ses pièces historiques, à commencer par le modèle dessiné en 1956 par Max Bill. Célèbre architecte-peintre-sculpteur-designer suisse formé à l’école Bauhaus de Dessau, en Allemagne, il a tissé des liens forts entre la marque horlogère et ce courant artistique. Cette Chronoscope se veut ainsi un hommage au Bauhaus, 100 ans après sa naissance. Très épurée et extrêmement lisible, selon les préceptes même de l’école, cette montre est pour la première fois en or blanc. Limitée à 99 exemplaires, elle est équipée d’un mouvement Valjoux 7750.

Junghans – Max Bill Chronoscope 100 Jahre Bauhaus
Junghans – Max Bill Chronoscope 100 Jahre Bauhaus
KF Spirograph

Depuis quatre décennies, il est l’éminence grise des marques horlogères. Ancien de Heritage Watch Manufactory et de Leroy, Karsten Frässdorf, Allemand installé à La Chaux-de-Fonds, a fini par fonder sa propre marque en 2016 : KF. Particularité : le client peut choisir sa montre de A à Z, du matériau de la boîte aux complications. Ce Spirograph n’est donc pas une montre de série, mais « une manière de donner un visage à la marque », souligne l’horloger. Qui, pour prouver l’ampleur de son savoir-faire, a développé un tourbillon à compensation thermique : dépourvu de serge, le balancier de 16 mm de diamètre est équipé d’une planche sensible à la température. En se dilatant, celle-ci vient actionner deux bras à ses extrémités, lesquels pivotent autour d’un point fixe tenu par une barre insensible à la chaleur. En s’éloignant ou en se rapprochant du centre du régulateur, les bras vont ainsi compenser l’inertie du spiral. Entièrement mécanique, le système résiste à des chocs de 5’000 G et bénéficie d’une garantie de cinq ans.

KF – Spirograph
KF – Spirograph
Mauron Musy Armure MU03

Mine de rien, Mauron Musy, la petite marque de la région des Trois Lacs, en Suisse, pourrait bien avoir apporté à l’horlogerie une des plus grandes avancées de ces cinquante dernières années. Les deux mécaniciens de précision Éric Mauron et Christophe Musy ont en effet développé un système d’étanchéité sans joints. S’inspirant du principe mécanique de la bride d’assemblage, la technologie brevetée nO-Ring – qui requiert 36 éléments, contre une dizaine de composants pour un boîtier traditionnel – assure en effet une parfaite herméticité du boîtier jusqu’à 300 mètres. Résultat : cette montre s’affranchit complètement de la maintenance coûteuse liée au vieillissement des joints. Cerise sur le gâteau : la couronne reste manipulable sous l’eau, une option très rare en horlogerie. Cette Armure MU03 est équipée d’un mouvement exclusif réalisé chez La Joux-Perret. Il propose les fonctions heures, minutes, petite seconde et quantième. Prochaine étape : la montre de plongée !

Mauron Musy – Armure MU03
Mauron Musy – Armure MU03
Phenomen Axiom

Lorsqu’Alexandre Meyer, concepteur-designer chez PSA pendant huit ans, et Sylvain Nourisson, horloger ayant fait ses armes chez Claret et La Joux-Perret, se rencontrent, le résultat est assez impressionnant. Inspiré de MB&F et Urwerk, l’Axiom est le tout premier modèle de Phenomen, fondée en 2014 à Besançon. Entièrement conçu à l’interne, le mouvement est d’une complexité rare, laquelle induit un emboîtage en deux temps : par-dessus et par-dessous le boîtier. « Cette pièce a été un vrai développement à quatre mains, explique Alexandre Meyer. Ni entièrement technique, ni seulement stylistique. » Sur un affichage en escalier, ce modèle propose une heure sautante et une minute rétrograde. Son boîtier en titane arbore des dimensions volontairement raisonnables, offrant à la clientèle asiatique la première montre concept facilement portable. La production en série a démarré depuis quelques mois et l’objectif de la marque est de 120 pièces par année.

Phenomen – Axiom
Phenomen – Axiom
Schwarz Etienne Ode To The 70’s

Schwarz Etienne, c’est un peu l’histoire d’un heureux hasard. Arrivé en Suisse dans les années 1970, Raffaello Radicchi achète son premier immeuble à La Chaux-de-Fonds en 1979 dans le but de le rénover. S’ensuivra une incroyable success-story qui verra ce self-made-man devenir le plus important propriétaire privé du canton de Neuchâtel. Au début des années 2000, il acquiert ainsi une vieille bâtisse sur le Pod, l’avenue principale de la cité horlogère. Celle-ci abritait autrefois la marque Schwarz Etienne, laquelle figure d’ailleurs dans l’acte de vente. Ainsi renaît en 2008 cette maison fondée en 1902 par Paul Arthur Schwarz et Olga Etienne. Sous ses airs de hippie, cette Ode To The 70’s est en réalité un magnifique travail d’émaillage. Réalisé selon la technique du cloisonné, le cadran en émail Grand Feu a dû subir quelque 160 passages au four. À 9 h, le micro-rotor, placé côté cadran, arbore le sigle « peace & love ». À 1 h, le tourbillon volant vient rappeler que Schwarz Etienne réalise ses composants à l’interne grâce à sa société sœur E20 Innovations, jusqu’au spiral. Un fait très rare pour une marque de cette taille. Cette pièce est limitée à 23 exemplaires.

Schwarz Etienne – Ode To The 70’s
Schwarz Etienne – Ode To The 70’s
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