>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Les ventes aux enchères genevoises dominées par Christie’s
Culture

Les ventes aux enchères genevoises dominées par Christie’s

lundi, 23 mai 2011
Par Danièle Chambas
fermer
Danièle Chambas

Lire plus

CLOSE
8 min de lecture

En deux jours, plus de mille garde-temps ont changé de mains pour un total de CHF 39 millions (US$ 44,2 millions / € 31,5 millions) dans les trois maisons de ventes aux enchères, dont CHF 23,4 millions pour Christie’s (US$ 26,3 millions / € 18,6 millions). Une Patek Philippe de 1928 a été adjugée pour CHF 3,235 millions (US$ 3,63 millions / € 2,57 millions).

Cinq records mondiaux battus, et non des moindres : le lundi 16 mai 2011 a été une journée bénie des dieux horlogers pour Aurel Bacs, directeur international du département Montres et pour la maison Christie’s. Face à un parterre de « tifosi » sous le charme mais très attentifs qui avaient envahi le grand salon du Four Seasons Hôtel des Bergues, ainsi que de nombreux enchérisseurs on line et au téléphone, trois records mondiaux sont tombé le matin, ainsi que deux autres l’après-midi. À savoir :

  1. Le mythique chronographe Patek Philippe de 1928 (lot 81), vraisemblablement unique et star de la vente, en or gris et cadran argenté, boîtier d’une élégance folle, forme coussin mono poussoir, adjugé à un collectionneur italien pour CHF 3,235 millions (US$ 3,63 millions / € 2,57 millions) sur la base d’une estimation comprise entre CHF 1,5 et 2,5 millions. Pour la petite histoire, après une bataille de cinq minutes entre six enchérisseurs, l’heureux gagnant n’a misé qu’une seule fois… pour emporter le lot !
  2. Chronographe Patek Philippe réf. 1518 de 1948 (lot 184), or rose et cadran rose « pink on pink », calendrier perpétuel et phases de lune, parti à CHF 1,143 million (US$ 1,284 million / € 0,909 million) pour une estimation de CHF 700’000-1,5 million.
  3. Chronographe Patek Philippe réf. 1579/1 de 1943 (lot 80), première fois aux enchères dans la version acier et or, cadran champagne, adjugé à un musée privé suisse pour CHF 1,107 million (US$ 1,244 million / € 0,881 million).
  4. Chronographe rattrapante Rolex ref. 4113, acier de 1942 (lot 129), acheté pour CHF 1,035 million (US$ 1,163 million / € 0,823 million). Chacun avait l’œil sur cette pièce estimée entre CHF 660’000 et 1 million car à ce jour, jamais une Rolex n’avait dépassé la somme de CHF 1 million aux enchères. Banco donc pour ce modèle qui détient ce record absolu. A battre bien évidemment lors d’une prochaine session !
  5. Patek Philippe ref. 2438/1 de 1955 (lot 366), or rose, calendrier perpétuel, phases de lune, adjugé CHF 747’000 à un collectionneur européen (US$ 839’628 / € 594’612) pour une estimation de CHF 400’000-600’000.

Parmi d’autres très beaux modèles, signalons le chronographe Patek Philippe, or et platine, forme coussin, mono poussoir (lot 259), en fait le premier petit calibre chronographe réalisé par la manufacture en 1936. Trois enchérisseurs, dont deux Italiens, se sont disputés cette pièce estimée CHF 350’000 – 550’000 qui a été finalement adjugée au musée Patek Philippe pour CHF 723’000 (US$ 812’652 / € 575’508). Le musée Breguet a très vite emporté le lot 427, l’unique « Dollfus » No 2516, or blanc, boîtier tonneau de 1934, « l’un des modèles les plus importants du 20e siècle » selon Aurel Bacs. Prix de l’acquisition CHF 437’500 (US$ 495’717 / € 353’225) pour une estimation de CHF 200’000-300’000.

Parmi les montres de poche, toujours plus nombreuses chez Christie’s, la Ducommun automate émaillée de 1820 représentant Moïse dans le désert (lot 71) a été acquise par un collectionneur européen pour CHF 459’000 (US$ 515’916 / € 365’364). Quant aux deux montres Longines historiques d’Italo Balbo, dont une montre d’aviateur offerte par son ami Charles Lindbergh (lot 270), elles sont parties pour CHF 68’500 (US$ 77’615 / € 55’305) pour une estimation de CHF 30’000-60’000. Enfin, l’adjudication des Patek Philippe réunies sous l’intitulé « A Connoisseur’s Vision », dont le quatrième volet a été dispersé lors de cette vente, porte à quelque CHF 19,5 millions (US$ 22 millions / € 15,5 millions) le produit total pour l’ensemble de cette collection.

La session du 16 mai, dont 98% des 428 lots ont été vendus, confirme la suprématie absolue de Patek Philippe, même si Rolex commence à jouer les outsiders, tout comme celle de la maison Christie’s. Le « top ten » de cette vente ne comprenait-il pas huit garde-temps de la marque emblématique, dont trois ont été adjugés au-dessus du million de francs ? Une preuve supplémentaire quant à la bonne marche des ventes aux enchères genevoises, comme de la santé financière de quelques collectionneurs privilégiés qui n’hésitent pas à payer très cher des objets tout à fait exceptionnels dont ils rêvent parfois depuis longtemps.

L’Evening Sale de Geoffroy Ader, chef du département de Haute Horlogerie pour l’Europe chez Sotheby’s, est toujours très appréciée. Celle du dimanche 15 mai n’a pas failli à sa réputation, même si l’assistance s’est trop vite clairsemée. Une vente qui se termine à minuit, c’est un peu tard !

Au programme : 280 lots couvrant cinq siècles d’horlogerie, dont une centaine de montres de poche, la spécialité du commissaire priseur, de très belles pièces anciennes, souvent magnifiquement émaillées et fabriquées à l’époque pour les marchés chinois, indien et turc. Pour la première fois, une soixantaine de Rolex, dont 23 Cosmograph Daytona, figuraient dans le catalogue.

À relever le bon niveau de prix d’adjudication de ces dernières, en particulier les rares « Daytona Paul Newman ». La très attendue « Daytona 13 » réf. 16528 de 1989 (lot 108), or jaune, portant sur son cadran le chiffre « 13 » en lieu et place du « 15 », accompagnée d’une lettre d’excuses de la direction de Rolex, a été adjugée à un collectionneur européen pour CHF 122’500 (US$ 138’291 / € 98’903) pour une estimation de CHF 80 – 120’000. Le dernier lot, le 280, une « Daytona Paul Newman », cadran avec écriture inversée de 1967, à quant à lui un peu déçu puisqu’il est parti pour CHF 206’500 (US$ 273’761 / € 166’722) alors qu’on en attendait plus. La star de la soirée, un rarissime chronographe Patek Philippe de 1960 (lot 185), or jaune, a rejoint les Etats-Unis pour CHF 722’500 (US$ 815’637 / € 583’326) avec une estimation de CHF 600’000-1 million.

 

Sotheby’s: un chronographe Patek Philippe de 1960 (lot 185), or jaune, a rejoint les Etats-Unis pour CHF 722’500 © Sotheby’s
Sotheby’s: un chronographe Patek Philippe de 1960 (lot 185), or jaune, a rejoint les Etats-Unis pour CHF 722’500 © Sotheby’s

Les montres de poche ont plus que jamais signé de très beaux résultats, certains acheteurs asiatiques multipliant par 4, 5 ou 6 les estimations les plus basses. Le lot 124, un flacon musical délicatement émaillé « Piguet & Capt Genève » de 1807 retourne en Asie pour CHF 242’500 (US$ 273’761 / € 195’787) et la montre Swiss représentant le maharajah de Patiala de 1920 a été adjugée pour CHF 122’500 (US$ 138’291 / € 98’903), avec une estimation de CHF 20’000-30’000.

Au final, la vente atteint CHF 7,754 millions (US$ 8,753 millions / € 6,260 millions) pour 194 lots adjugés, soit 69,3% des 280 lots proposés.

Pas moins de 579 lots sont passés sous le marteau des commissaires priseurs d’Antiquorum, dont Julien Schaerer. C’est à la fois beaucoup pour cette seule journée du dimanche 15 mai et un peu décevant car nombre de pièces n’ont pas atteint leurs estimations les plus basses.

Heureusement, quelques bonnes surprises ont revivifié l’assistance. Tout particulièrement le lot 579, un modèle unique Vacheron Constantin, une pendule Art déco datée de 1933 avec 30 jours de réserve de marche et un échappement à force constante, adjugée pour CHF 242’500 (US$ 273’729 / € 193’503) sur la base d’une estimation ne dépassant pas CHF 120’000. Parmi les « historiques », la montre de carrosse dix complications, soit la plus compliquée parmi les douze signées Breguet (lot 549), est partie pour CHF 200’500 (US$ 226’320 / € 159’989) et la pendulette Cartier en cristal (lot 578) a été adjugée pour CHF 100’900 (US$ 113’894 / € 80’513).

 

Antiquorum: le lot 579, un modèle unique Vacheron Constantin, une pendule Art déco datée de 1933 adjugée pour CHF 242'500 © Antiquorum
Antiquorum: le lot 579, un modèle unique Vacheron Constantin, une pendule Art déco datée de 1933 adjugée pour CHF 242'500 © Antiquorum

Beau succès pour les 35 montres Reverso vintage, proposées pour le 80e anniversaire du modèle, qui ont toutes trouvé preneur pour un total de CHF 618’875 (US$ 698’575 / € 493’832). Deux lots se sont tout particulièrement distingués : le 225 réf. 201 avec cadran laqué rouge qui a sextuplé son estimation basse de CHF 35’000 (US$ 39’507 / € 27’928) et les quatre Reverso grande taille « Mucha’s Four Seasons » de 1996 (lot 255), adjugées pour CHF 134’500 (US$ 151’821 / € 107’324) sur la base d’une estimation de CHF 60’000 – 80’000.

Également à signaler, la Rolex « Comex Oyster perpetual » réf. 5514 (lot 384) adjugée pour CHF 170’500 (US$ 192’457 / € 136’050), largement plus que l’estimation maximale de CHF 120’000, et la « Russe II »» de Louis Audemars (lot 451), l’une des montres les plus compliquées de la fin 19e siècle, qui est partie pour CHF 200’500 (US$ 226’320 / € 159’989). Enfin, une Patek Philippe acier ref.130 de 1941 « Staybrite » (lot 567) a finalement trouvé preneur pour CHF 170’500 (US$ 192’457 / € 136’050). Montant total de la vente : CHF 7’675’999 (US$ 8’664’535 / € 6’125’081) pour 463 lots adjugés, soit 80% des 579 lots proposés.

Haut de page