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L’heure de vérité pour Moser et Hautlence
Points de vue

L’heure de vérité pour Moser et Hautlence

mardi, 10 juin 2014
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

Rachetées par MELB Holding en 2012, les marques Hautlence et H. Moser & Cie. présentaient leur nouveau visage en ce début d’année. Entretien avec Georges-Henri Meylan, l’ancien patron d’Audemars Piguet reconverti en sauveteur horloger.

S’il est un garde-temps qui a marqué les esprits au dernier Baselworld dans la veine classique, c’est bien la H. Moser & Cie. Venturer Small Seconds, une montre qui impose ses lignes épurées sur la base d’un nouveau calibre dans la grande tradition de la Maison. Sur le stand, l’amateur d’une marque qui est passée maître dans l’« understatement » horloger, comme le prouve son Perpetual Calendar proposé cette année dans une version titane traité DLC, ne pouvait toutefois cacher son étonnement en voyant débarquer Éric Cantona. Rien de fortuit à cela : l’ancien footballeur vedette, acteur et artiste est en effet le nouveau visage de Hautlence, la deuxième Maison reprise par MELB Holding, aux côtés de H. Moser & Cie. Une holding emmenée par Georges-Henri Meylan, ancien patron d’Audemars Piguet, qui se fait fort de donner une seconde jeunesse à ses nouvelles protégées. Entretien.

Éric Cantona, vraiment ?

Georges-Henri Meylan : Contrairement à H. Moser & Cie., une marque très classique, avec Hautlence, nous pouvions nous « lâcher » davantage, si je puis m’exprimer ainsi. Après réflexion, nous avons donc pris contact avec Éric Cantona via son frère qui est également son manager. Il ne voulait toutefois pas uniquement faire de la figuration. Comme il est également peintre, il nous a fait comprendre son intention de s’impliquer dans le projet. Nous avons été ravis de cette proposition et nous avons naturellement accepté. Je suis persuadé que nous avons fait le bon choix. Pendant une année, nous avons fait un travail conséquent pour Hautlence en termes de repositionnement de la marque et des produits, qui étaient dans un segment de prix nettement trop élevé, entre CHF 60’000 et CHF 70’000. Nous sommes revenus dans la gamme des CHF 30’000, voir même en dessous des CHF 20’000 pour les garde-temps les moins chers. Les premiers échos suite à Bâle sont très positifs. Aujourd’hui, il est essentiel pour nous de recommencer à communiquer, ce que nous allons faire dès le mois de septembre, à l’occasion du 10e anniversaire de la marque, avec notre nouveau concept de Cross the Line et Rebel’s Club. Que l’on aime ou que l’on déteste Hautlence, pourvu qu’on en parle.

Ce salon de Bâle est l’heure de vérité.
Georges-Henri Meylan
Quel est votre sentiment en ce début d’année pour les deux marques ?

Pour nous, ce salon de Bâle est l’heure de vérité. Nous avons voulu apporter un souffle nouveau et je pense que cela se ressent aussi bien à l’interne que dans nos contacts clients. Quand nous sommes arrivés, H. Moser & Cie. produisait des montres sans réaliser aucune marge. Il fallait donc tout revoir. Alors certes, nous ne sommes pas encore bénéficiaires mais nous avons bon espoir. Cela dit, cela représente beaucoup de travail. Nous avions par exemple de vrais problèmes de qualité sur certains produits. Or, c’est bien connu, quand on répare, on ne produit pas. Mais il ne faut pas peindre le diable sur la muraille, nous avons également hérité de petits bijoux comme le Perpetual Calendar, sans oublier l’outil industriel. Là également, nous avons dû en revoir le fonctionnement mais aujourd’hui, Precision Engineering, par exemple, produit des échappements qui se situent qualitativement au sommet de ce qui se fait dans la profession. Nous allons ainsi pouvoir les livrer à d’autres horlogers indépendants et, pourquoi pas, ouvrir le capital de la société à des tiers. Nous n’avons aucun intérêt à tout garder pour nous.

Quelle va être la prochaine étape ?

L’expansion des collections dans les deux marques, en sachant qu’une vraie stratégie produits prend également du temps. Si l’on en juge par l’accueil réservé à ce que nous présentons chez Moser, à savoir un modèle petite seconde extra-plat et notre premier tourbillon, je pense que nous sommes sur la bonne voie. Autre développement en cours : les synergies à déployer dans le « back-office ». Il s’agit aujourd’hui de développer une motorisation commune aux deux marques pour nous permettre d’améliorer les marges. Les mouvements produits auparavant étaient clairement trop chers et pas assez diversifiés. Moser n’avait par exemple pas de calibre automatique. Il nous faut donc oeuvrer en amont et surtout éviter de répliquer ce qui se faisait au moment où les ingénieurs travaillaient dans leur coin sans se soucier ni de positionnement ni de marketing. Quand nous sommes arrivés, nous avons amené avec nous des compétences en termes de finance, de processus industriels, de logistique, sans oublier les réseaux commerciaux. Il fallait mettre de l’ordre dans la maison. Mais je dirais qu’aujourd’hui le système fonctionne et les vérifications sont efficaces. Le potentiel de développement reste donc intact.

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