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L’horlogerie recrute toujours et encore
Economie

L’horlogerie recrute toujours et encore

vendredi, 09 mai 2014
Par Quentin Simonet
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Quentin Simonet

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4 min de lecture
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Le rythme des embauches, à l’image du pouls du marché, a toutefois ralenti en 2013. Les savoir-faire deviennent toujours plus pointus.

Pari sur l’avenir, malgré une petite hausse des exportations de l’ordre de 2 % l’an dernier, l’horlogerie suisse embauche. Peut-être le meilleur baromètre économique de sa vitalité. À l’heure où, partout en Europe, la désindustrialisation accentue ses ravages, l’industrie horlogère suisse a encore accru ses effectifs entre les mois de septembre 2012 et septembre 2013. Si les chiffres ne sont pas de la dernière actualité et sont certes moins vigoureux, ils n’en démontrent pas moins une poursuite de la croissance. Pour la période sous revue, les données de la Convention patronale de l’industrie horlogères suisse (CPIH) font ainsi état de la création de près de 1’500 nouveaux emplois, soit une avancée de 2,6%. Pour mémoire, les embauches s’étaient élevées à 4’255 postes en 2011 et 3’013 en 2012. L’horlogerie suisse compte donc désormais 57’286 travailleurs. Selon l’association patronale, la « faiblesse » de cette récente progression, en comparaison de celle des années précédentes, est due à un recul des exportations en Asie et la force du franc suisse. Ce dernier facteur est d’ailleurs clairement pointé du doigt par le groupe Swatch, qui s’attend à des pertes de change à hauteur de plusieurs centaines de millions de francs sur l’année.

Alors le verre est-il à moitié vide ou à moitié plein ? Même si certains esprits chagrins optent pour la première variante, la seconde est certainement la bonne. Quelle industrie a-t-elle été capable de créer près de 10’000 emplois ces trois dernières années ? Partout ailleurs, le bilan est nettement moins flatteur. En ce sens, le ralentissement observé dans le secteur horloger semble être dû davantage à un processus de consolidation à très haut niveau qu’à une inflexion de tendance. Après une décennie d’augmentation forcenée de ses capacités de production, le secteur devrait ainsi revenir à un rythme d’embauches conforme à celui connu l’an dernier. En conséquence, les recrutements futurs devraient se concentrer à l’étranger, comme le démontrent déjà les engagements du groupe Swatch et de Richemont depuis plusieurs exercices.

20'000 emplois en 13 ans

Mais que disent in fine ces statistiques de la Convention ? Elles révèlent d’abord la progression phénoménale enregistrée depuis le début des années 2000. En 13 ans, le secteur a gagné un tiers d’effectifs supplémentaires, soit près de 20’000  emplois. Elles démontrent ensuite des savoir-faire de plus en plus pointus demandant des qualifications accrues. De fait, la proportion des collaborateurs au bénéfice d’un diplôme de métier ou d’une formation supérieure est passée de 62,9 % à 64,9 % l’an dernier, une part qui ne cesse d’augmenter pour représenter aujourd’hui deux tiers des effectifs contre 33 % il y a 20 ans. Dernier témoin du dynamisme sectoriel, le nombre d’entreprises a également augmenté l’an dernier en passant de 564 à 572 unités (+ 1,4 %).

Les chiffres globaux de la CPIH peuvent toutefois paraître déroutants au vu d’autres données disponibles sur le marché. Ainsi, le groupe Swatch déclare avoir créé quelque 900 postes en Suisse l’an dernier. Dans la même veine et toujours en Suisse, Richemont, numéro 2 mondial du luxe, a accru ses effectifs de 800 personnes en 2013. Additionnées, les données de ces deux géants horlogers dépassent à elles seules les chiffres totaux communiqués par la CPIH pour l’ensemble de la branche. Certes, ces différentes statistiques ne se recoupent pas entièrement au niveau du calendrier retenu, elles n’en laissent pas moins l’observateur dubitatif. À défaut d’indications précises, la tendance générale n’en reste pas moins donnée, à l’image des chiffres sur les exportations horlogères qui ne reflètent pas les ventes au client final.

Sur ces bases, est-il possible de tirer des conclusions pour le secteur ? Premier constat d’évidence : les grands groupes génèrent le plus nombre le plus important de nouveaux emplois, ne laissant apparemment que les miettes aux plus petites entités. Une vision à tempérer toutefois si l’on considère que des Maisons comme Audemars Piguet ont aussi massivement accru leurs forces de travail ces derniers exercices. Pour les petites marques actives sur des marchés de niche, synonymes de volumes de production plus modestes, leurs recrutements n’ont qu’une incidence marginale sur les statistiques de la branche. Celle-ci n’en poursuit pas moins sa formidable marche en avant et sur des bases industrielles des plus enviables.

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