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L’œil du collectionneur, la quête de l’objet rare
Regards de connaisseurs

L’œil du collectionneur, la quête de l’objet rare

mercredi, 03 mai 2017
Par Geoffroy Ader
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Geoffroy Ader

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6 min de lecture

Depuis l’Antiquité, si le monde des collectionneurs a toujours existé sous différentes formes, la quête de l’objet rare est restée la même au fil des siècles. Une quête ultime qui demande aujourd’hui la plus grande circonspection pour s’être déplacée sur Internet, « lieu » de tous les possibles et de toutes les arnaques.

Des célèbres mécènes comme les Médicis de la Renaissance aux membres de la famille Rothschild, l’œil du collectionneur offre un regard nouveau sur les styles et les époques. Impossible de mieux définir le collectionneur qu’au travers de son « œil », celui qui découvre les objets rares, les assemble selon son propre goût pour devenir une « provenance » dont raffolent les enchérisseurs. Depuis plus d’un siècle, les collectionneurs horlogers ont également laissé une empreinte durable, certaines collections étant aujourd’hui conservées parmi les plus grandes institutions muséales au monde. Au cœur de ces vies passées à la recherche de pièces rares et insolites, la passion, celle qui procure une émotion intense et indéfinissable dès la « première rencontre », une passion nourrie par la quête de l’excellence.

Les ventes aux enchères sont depuis longtemps le moyen le plus spectaculaire par lequel les collectionneurs ont la possibilité d’acquérir des trésors en tous genres mais aussi celui de laisser une trace pour la postérité. Ce dernier demi-siècle, on retiendra par exemple la vente des collections du roi Farouk en 1954, du Time Museum entre 1999 et 2002 chez Sotheby’s, ou encore celle de lord Sandberg en 2001 chez Antiquorum, un ravissement pour les amateurs de montres émaillées. Parmi tous ces exemples, une seule constante : le collectionneur forme l’œil et le goût des générations futures. Prenons l’exemple de la collection Mondani, consacrée aux Rolex, vendue sous le marteau d’Antiquorum en 2005. À l’époque, les prix obtenus pour certaines pièces ne représentent même pas la moitié de la valeur actuelle du marché. Cela démontre bien le rôle de pionniers endossé par des collectionneurs comme Guido Mondani, dont les ouvrages sur Rolex font aujourd’hui référence.

La Supercomplication Henry Graves a confirmé son statut de garde-temps le plus cher de l’histoire des enchères en atteignant CHF 23,2 millions.
Le collectionneur « complet »

L’aura du collectionneur doit évidemment beaucoup à la médiatisation des enchères. À ce titre, impossible de ne pas mentionner Patek Philippe, qui cumule pratiquement tous les records, y compris celui de la montre la plus chère jamais adjugée toutes catégories confondues avec la Graves Supercomplication emportée en 2014 chez Sotheby’s à Genève pour plus de 23 millions de dollars. Arrêtons-nous un instant sur le destin fabuleux de cette montre de poche à complications de la manufacture Patek Philippe. Si, aujourd’hui, nous devions retenir un seul collectionneur au cours du siècle dernier, il me paraît difficile de ne pas accorder la première place à ce banquier new-yorkais, Henry Graves Jr, dont le nom évoque à lui seul le destin fabuleux de Patek Philippe avec la construction de cette montre, alors la plus compliquée au monde, réalisée entre 1929 et 1933. Sa collection à la fois de montres-bracelets et de montres de poche aura sans doute écrit l’une des plus belles pages de l’histoire de la Maison genevoise.

Mais comment définir ce collectionneur ? Est-il unique ? une source d’inspiration pour la postérité ? Dans l’ouvrage portant sur la collection Maurice Sandoz, l’une des plus belles collections de montres et automates, une citation d’Alfred Chapuis, grand collectionneur et historien du début du siècle dernier, donne une définition juste et équitable du collectionneur d’horlogerie et des experts qui l’accompagnent : « Enfin, il y a des collectionneurs qui ont suffisamment de connaissances techniques, à côté de leur goût artistique, pour s’intéresser à l’objet tout entier, pour en comprendre l’essence même. Certains d’entre eux sont praticiens ; d’autres ont la volonté de regarder, d’étudier. Ils savent décrire une pendule ou une montre dans son intérieur et dans son esprit. Nous ne dirons pas les “vrais” collectionneurs, mais les collectionneurs complets. »

Si les enchères restent la pointe de l’iceberg, le Web est sans nul doute devenu le moteur de l’« e-collector ».

Nul doute que ces indispensables connaissances sont de nos jours grandement facilitées par Internet, devenu non seulement source d’informations mais également vecteur de ventes. Aujourd’hui, tout est possible d’un seul clic. Si l’on ouvre les yeux sur la réalité du marché des montres de collection, force est de constater qu’il subit une profonde mutation. Les sites d’e-commerce ont pris le pas sur les ventes aux enchères. Chrono 24 et Hodinkee, pour ne citer qu’eux, sont ainsi devenus des moteurs incontournables de ventes dans un marché des enchères qui se cherche de nouveaux relais de croissance. Et pour cause, alors qu’un commissaire-priseur réunira quelques centaines d’initiés seulement, un site web en attire des milliers, voire des millions. Les grandes maisons de ventes aux enchères l’ont très bien compris pour étendre aujourd’hui leurs tentacules sur le réseau via des initiatives comme Watch Shop de Christie’s.

Si les enchères restent la pointe de l’iceberg, le Web est sans nul doute devenu le moteur de l’« e-collector ». Ce réseau tentaculaire peut faire ou défaire les affirmations les plus péremptoires mais aussi donner des ailes au collectionneur. Quelque part en effet, au gré de ses recherches, il trouvera forcément la montre de ses rêves. Il est ainsi temps de redonner sa place à l’œil du collectionneur. Cet œil est crucial pour appréhender les tendances des années à venir, pour éviter les pièges, et s’acheminer vers la collection… « parfaite » !

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