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Loi de Darwin dans la sous-traitance
Points de vue

Loi de Darwin dans la sous-traitance

vendredi, 29 juillet 2016
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Anaïs Georges du Clos
Journaliste indépendante

“Rien de grand ne s’est fait dans le monde sans passion.”

Georg Wilhelm Friedrich Hegel

« S’autoriser à tout penser, réfléchir avant d’écrire. »

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5 min de lecture

« Pour survivre, il faut savoir s’adapter » : Philippe Belais, CEO de Vaudaux 1908, la plus ancienne gainerie de luxe genevoise, raconte l’âge d’or de l’entreprise, les tournants historiques qui l’ont déstabilisée et la reconquête des marchés.

Fondée à Genève en 1908 par Marc Vaudaux, la prestigieuse gainerie genevoise est restée aux mains de la famille Vaudaux pendant près d’un siècle. Reprise en 2010 par Philippe Belais, un ancien du groupe Richemont, l’entreprise mise sur ses nombreux savoir-faire et la diversification pour écrire un nouveau chapitre de son histoire.

Philippe Belais, CEO de Vaudaux Gainerie
Philippe Belais, CEO de Vaudaux Gainerie
Depuis quand connaissez-vous la gainerie Vaudaux 1908 ?

Je suis dans l’horlogerie depuis plus de 30 ans et, d’aussi loin que je me souvienne, j’ai toujours commandé mes écrins chez Vaudaux.

Pourquoi avoir repris l’entreprise malgré les profondes difficultés qu’elle traversait à l’époque ?

Avant d’évoquer les difficultés de Vaudaux, il est important de rappeler que l’entreprise a connu une croissance continue depuis sa création jusque dans les années 2000, période faste pendant laquelle elle occupait près de 7 500 m2, employait 250 personnes et produisait plusieurs centaines de milliers d’écrins par an. La force de l’entreprise résidait dans sa parfaite maîtrise de multiples savoir-faire : menuiserie, sélection et coupe du cuir et autres matières, couture, gainerie, maroquinerie, construction, maîtrise des colles, du thermoformage… Son succès reposait également sur le niveau élevé de qualification de ses employés, dont beaucoup y ont fait leur apprentissage. À titre d’exemple, une employée est récemment partie à la retraite après 49 ans de bons et loyaux services ! Enfin, Vaudaux jouit depuis toujours d’une excellente réputation auprès des plus grandes marques d’horlogerie et de joaillerie, dont certaines lui sont fidèles depuis 1912.

Quels ont été les tournants historiques qui ont provoqué la chute ?

L’entreprise a su tirer profit de l’explosion de l’industrie du luxe en général et de l’horlogerie en particulier, portée par un public d’amateurs toujours plus nombreux : les Japonais dans les années 1980, les aficionados de tous bords dans les années 90, les Chinois dans les années 2000… Cette augmentation de la demande s’est traduite par une augmentation proportionnelle des volumes de production et la recherche d’économies d’échelle, notamment dans l’environnement de la montre incluant écrin, contre-boîte, bulletin de garantie… Cela pour financer les dépenses marketing, elles-mêmes en forte hausse. Pour accompagner la tendance, l’ensemble des sous-traitants ont commencé à délocaliser leur production en Asie pour proposer des écrins de qualité moindre à des prix plus abordables. Ce n’était pas la culture de la famille Vaudaux et, malgré un partenariat en Chine, ils ont commencé à perdre des parts de marché. Puis, au début des années 2000, leur principal client a demandé des modifications profondes dans la conception et la réalisation de ses écrins qui supposaient d’utiliser de nouvelles matières et d’adapter la colle en conséquence. La concurrence s’est révélée plus rapide pour trouver des solutions. Enfin, la crise de 2008-2010, l’une des plus sévères que l’industrie horlogère suisse ait connue avec celle que nous traversons actuellement, a augmenté les difficultés.

L'atelier de colle bleue © Vaudaux Gainerie
Quelles ont été vos premières décisions pour sauver l’entreprise ?

L’entreprise que j’ai reprise en 2010 était centenaire à bien des égards. J’ai mis deux ans pour la restructurer en profondeur. Pour répondre aux attentes actuelles du marché, nous avons installé un nouveau site de production en Thaïlande. La culture du pays, et notamment le souci du détail, est parfaitement adaptée aux exigences de l’industrie du luxe. Ce site nous permet de satisfaire les demandes de nos clients en termes de volumes, de prix et de souplesse de livraison. Mais nous cherchons également un site en Europe, car les clients nous le demandent. Enfin, nous faisons constamment évoluer nos modes de production pour répondre aux nouvelles normes écologiques et autres certifications.

© Vaudaux Gainerie
Et la manufacture genevoise ?

La manufacture genevoise est la colonne vertébrale de notre développement et joue un rôle clé dans la diversification de notre production. La diversité et l’excellence de nos savoir-faire nous permettent de guider nos partenaires asiatiques et de répondre localement aux commandes de produits haut de gamme et sur mesure. Nous sommes d’ailleurs de plus en plus consultés pour réaliser des objets et des pièces aussi rares qu’exceptionnelles comme gainer un ascenseur, une rampe, une malle… L’entreprise Vaudaux est ce qu’elle a toujours été : la Rolls de la haute gainerie depuis 1908.

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