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LVMH s’est construit une participation stratégique dans...
Economie

LVMH s’est construit une participation stratégique dans Hermès

lundi, 08 novembre 2010
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Au fil des ans, LVMH a patiemment accumulé des actions et des produits dérivés sur les titres Hermès pour détenir aujourd’hui 17 % de son capital et 10 % des droits de vote. Si le géant du luxe assure n’avoir aucune intention de racheter Hermès, il n’en devient pas moins son principal actionnaire individuel.

Le soufflé est certes quelque peu retombé, mais l’annonce n’en a pas moins mis la communauté financière en émoi. En communiquant, fin octobre, une participation de 17 % dans Hermès, LVMH a mis le feu aux poudres. Du coup, les actions Hermès ont flambé en Bourse, en progression de 15 % sur une seule journée de cotation, pour dépasser les € 200 par titre. La correction est intervenue les jours suivants. Il n’empêche, à ces niveaux de cours, soit entre € 150 et 160 pour une capitalisation de quelque € 16 milliards, les actions de la compagnie restent en hausse de plus 60 % depuis janvier alors que l’indice du CAC 40 affiche une performance négative. Des actions qui se traitent ainsi à plus de 50 fois les bénéfices estimés 2009, contre 21 en moyenne dans l’univers du luxe et environ 10 fois pour les entreprises des autres secteurs.

Cela fait quelque temps déjà que l’on entend les patrons de la branche clamer haut et fort que le ciel s’est largement dégagé sur leurs activités. « La crise est finie pour le marché du luxe », expliquait récemment le patron d’Hugo Boss, relayé par celui de Lanvin et de Dior. Il y a peu, les analystes financiers ne semblaient toutefois guère partager ce point de vue, plutôt pessimistes sur la fin de l’année, en raison notamment d’un effet de base négatif. À en juger par les résultats de ces compagnies, la reprise reste des plus vigoureuses. LVMH a vu ses ventes bondir de 23,6 % au troisième trimestre 2010 et sa capitalisation boursière vole de record en record, à quelque € 55 milliards à fin octobre. En comparaison, PSA Peugeot-Citroën, qui réalise un chiffre d’affaires de deux fois et demi supérieur, « pèse » neuf fois moins sur les marchés financiers. Hermès se trouve exactement dans la même logique, avec des ventes en hausse de 22,8 % sur les six premiers mois de l’année pour un bénéfice en progression de 55 % !

Croissance du capital d'Hermès sur une année
Croissance du capital d'Hermès sur une année
Six mois de spéculations

Reste à savoir quelles sont les intentions de LVMH en ce qui concerne Hermès –  on l’aura compris, un des fleurons des entreprises françaises dont la soixantaine d’héritiers du fondateur, Thierry Hermès, contrôlent 72 % du capital. En mai dernier, à la mort de son ancien dirigeant charismatique Jean-Louis Dumas, les spéculations allaient déjà bon train sur l’avenir du Groupe et la composition de son capital dans la mesure où les géants du secteur n’ont jamais caché leurs intentions de croître également par acquisition. Et le nom de LVMH de revenir de manière récurrente. En tout état de cause, au niveau financier, LVMH a réalisé une excellente opération. Acquise au fils des ans à une moyenne de € 80 par action, la participation de 17 % dans Hermès lui aura coûté à peu près l’équivalent du bénéfice qu’elle pourrait en retirer en vendant ses titres dans l’heure.

De son côté, LVMH assure n’avoir aucune intention hostile, se déclarant comme un « actionnaire de long terme » dont l’objectif est de « contribuer à la préservation du caractère familial et français qui est à l’origine du succès mondial de cette marque emblématique ». Quant à Hermès, face à ces « mouvements non sollicités » au sein de son capital, la compagnie a réaffirmé « sa parfaite unité et sa volonté unanime de maintenir sur le long terme son contrôle » sur une maison fondée il y a plus de 170 ans. Reste que la surprise est de taille, d’autant que toute prise de contrôle de plus de 5 % d’un capital-actions d’une entreprise cotée en Bourse doit immédiatement être annoncée aux autorités de surveillance. LVMH a pu contourner le problème. Ce qui fait d’ailleurs rager les investisseurs anglo-saxons, en train de réclamer des règles plus strictes en la matière. Il n’empêche que, à ce jour, LVMH représente le premier actionnaire individuel d’Hermès, un actionnaire qui n’a pas caché sa volonté de poursuivre ses achats d’actions « en fonction des circonstances et de la situation du marché ». Aux mains de la cinquième génération descendante du fondateur, Hermès semble pour l’instant soudée autour de ses valeurs familiales. En sera-t-il de même pour la sixième ?

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