>SHOP

restez informés

Inscrivez-vous à notre newsletter mensuelle pour recevoir des infos et tendances exclusives

Suivez-nous sur toutes nos plateformes

Pour encore plus d'actualités, de tendances et d'inspiration

© 2019 - Copyright Fondation de la Haute Horlogerie Tous droits réservés

Marc A. Hayek à la tête de trois marques en osmose
Points de vue

Marc A. Hayek à la tête de trois marques en osmose

mercredi, 04 juin 2014
fermer
Editor Image
Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

Lire plus

CLOSE
6 min de lecture

Blancpain, Breguet, Jaquet Droz, les trois Maisons sous la conduite de Marc A. Hayek, disposent d’un positionnement fort qui leur permet aujourd’hui de cultiver des têtes de pont. Notamment côté mouvement. Explications.

En parlant de la marche des affaires des trois Maisons dont il est président et CEO, Marc A. Hayek affiche une sérénité à toute épreuve. La croissance de Blancpain, Breguet et Jaquet Droz sera au rendez-vous cette année, c’est certain. À quel niveau ? En tout état de cause, lors du premier trimestre de l’année en cours, les trois Maisons ont enregistré une progression de quelques pour-cent à plus de 10 % selon la marque. Pour le reste, trop d’incertitudes demeurent pour être plus précis, à commencer par l’impact négatif des changes étant donné la cherté du franc suisse. Ce n’est d’ailleurs pas le sujet privilégié de Marc A. Hayek lorsque l’on évoque ses « enseignes » qui comptent parmi les fleurons du groupe Swatch dans la « Gamme Prestige et Luxe », selon la terminologie de la multinationale. Mieux vaut donc parler montres…

Selon quels critères gérez-vous en parallèle Blancpain, Breguet et Jaquet Droz ?

Marc A. Hayek : D’une manière générale, je dirais que les trois marques fonctionnent bien avec un positionnement désormais fortement ancré dans le paysage horloger. Pour moi, c’est une force que nous devons absolument exploiter, une direction à suivre qui nous permet aujourd’hui d’accentuer le dialogue entre les équipes. Je m’explique. Il n’y a pas si longtemps, les collaborateurs pensaient qu’il valait mieux garder intra-muros les développements spécifiques aux projets de leur propre Maison, de peur de divulguer quelque secret. Cela paraît difficile à croire au sein d’entités évoluant dans un seul et même groupe. Cette forte identification à la marque est pourtant une réalité. C’est pourquoi le positionnement dont je parlais est essentiel. Plus les Maisons savent cultiver leurs différences, moins le partage des savoirs pose problème. À n’en pas douter, il y a eu un déclic cette année 2014.

Pouvez-vous être plus explicite ?

Je vais prendre un exemple pour illustrer mon propos. À Baselworld, Breguet est arrivé avec sa Classique Grande Complication Tourbillon extra-plat automatique 5377, tandis que Blancpain présentait sa Villeret Tourbillon Volant Une Minute 12 Jours. Deux marques, deux mouvements tourbillon, d’une épaisseur de 3 mm pour le premier et 6 mm pour le second, soit une problématique sensiblement identique en termes de masse oscillante puisque nous voulions présenter des calibres plats à extra-plats et à remontage automatique. Inutile de rappeler en détail l’expertise de Breguet, notamment en ce qui concerne le tourbillon. Toujours est-il que son prototype était prêt avant celui de Blancpain. Ce qui nous a permis de réfléchir ensemble et d’aller un pas plus loin en réalisant un véritable « bloc » automatique. Les équipes des deux marques ont ensuite trouvé leur propre chemin avec une masse oscillante squelettée chez Blancpain et circulaire chez Breguet.

Breguet Classique Tourbillon extra-plat automatique 5377
D’autres synergies à mettre en avant ?

Breguet a beaucoup travaillé sur les hautes fréquences notamment pour la Type XXII 3880 ou encore la Classique Chronométrie 7727, dotées de mouvements à 10 Hz. De nos jours, on ne parle plus que de hautes fréquences. Il était donc tout à fait naturel que Blancpain profite des résultats des recherches de son « voisin ». Pas question toutefois de tomber dans la copie. Blancpain présente donc cette année une Bathyscaphe Chronographe Flyback dans sa gamme Fifty Fathoms équipée d’un calibre d’une fréquence de 5 Hz. Je ne voulais pas que l’on se serve du même moule pour deux marques différentes. Mais la base de travail est là. Elle débouche sur une démarche constructive et créative. Génial, non ?

Jaquet Droz a trouvé sa niche de marché

Qu’en est-il de Jaquet Droz dans ce panorama ?

Pour Jaquet Droz, l’équation se pose en d’autres termes, car la marque n’est pas une manufacture de mouvements. Elle se fournit auprès de Frédéric Piguet. Avec une production de 4’000 à 5’000 montres par an, cela ne se justifierait d’ailleurs pas. Son cheval de bataille est tout autre. Ce qui du reste n’exclut pas des réalisations très techniques comme The Charming Bird en 2013 ou notre Machine à Signer présentée cette année. Cela correspond parfaitement à l’héritage de la Maison, qui s’est notamment fait un nom avec ses automates androïdes. À nous de perpétuer cette tradition en complémentarité des métiers d’art : sculpture, gravure, paillonnage, peinture sur émail. C’est là que Jaquet Droz a trouvé sa niche de marché.

La collection Villeret est clairement la plus importante pour Blancpain.
Marc A. Hayek

Blancpain, classique avant tout 

En parlant de Blancpain, vous avez d’emblée évoqué une pièce classique et compliquée. Est-ce à dire que des développements comme la gamme L-evolution ne sont plus une priorité ?

Historiquement, Blancpain a été une marque sportive entre 1950 et 1980, puis très classique jusqu’en 2000. Personnellement, je voulais renouer avec les premières incursions dans le monde du sport. D’où la seconde vie offerte à la Fifty Fathoms, qui a clairement trouvé sa place comme « la » montre de plongée. En parallèle, nous avions en portefeuille la collection Léman dans le registre classique sport chic pour une clientèle qui, finalement, n’est pas très différente de celle d’une Audemars Piguet Royal Oak, par exemple. Personnellement, Léman, je n’y croyais pas trop. Nous avions un public, une légitimité dans le sport, alors pourquoi ne pas venir avec des produits plus extrêmes, plus « décalés ». Avec le recul, peut-être ont-ils été conçus de manière un peu trop extrême. Cela dit, ils nous ont quand même aidés, en Chine par exemple, avec en arrière-fond le partenariat conclu avec Lamborghini. Il n’est reste pas moins que la collection Villeret est clairement la plus importante pour Blancpain. Alors oui, nous allons garder cette mixité des gammes, mais l’accent n’est clairement pas mis sur les produits extrêmes.

Breguet, hymne à la technologie 

Même constat pour Breguet ?

Nous voulons effectivement que Breguet soit perçu comme une Maison de tradition mais surtout comme une marque technologique. Ce qui explique les efforts importants placés dans la recherche et développement portant notamment sur les hautes fréquences, le magnétisme, la maîtrise des nouveaux matériaux comme le silicium ou encore l’extra-plat. Ce qui explique également le nombre de brevets déposés au nom de la marque. Cela dit, pas question d’être une marque de niche. Nous devons réfléchir à une production en volume, soit quelque 30’000 pièces par an. C’est pourquoi je ne suis pas mécontent de souffler un peu cette année, moins riche en nouveautés Breguet, après le feu d’artifice de ces dernières années en termes de percées technologiques. À l’heure actuelle, il y a encore des choses à mettre en place au niveau de la production.

Haut de page