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Monaco, le légendaire chrono carré de TAG Heuer
Histoire & Pièces d'exception

Monaco, le légendaire chrono carré de TAG Heuer

mercredi, 26 juin 2019
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Marie de Pimodan-Bugnon
Journaliste indépendante

“Il faut absolument être moderne.”

Arthur Rimbaud

De la passion, beaucoup de curiosité et une bonne dose d’émerveillement ! La recette essentielle pour raconter les mille et une facettes de l’horlogerie…

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6 min de lecture

En 1969, TAG Heuer lançait la première montre chronographe automatique carrée et étanche de l’histoire de l’horlogerie. Un demi-siècle plus tard, la Monaco est toujours en piste. Deux des cinq modèles « anniversaire » viennent d’être dévoilés au Grand Prix de Monaco et aux 24 Heures du Mans.

Tout a commencé par une course folle. Une compétition acharnée opposant Zenith, Heuer-Breitling et Seiko, trois challengers chacun bien décidé à changer de paradigme horloger en lançant le premier calibre de chronographe automatique. Nous sommes en 1969 et le temps est compté, c’est une question de jours. « Nous avions convenu avec Breitling de dévoiler notre Calibre 11 ainsi que nos nouveaux chronographes le 3 mars 1969, se souvient Jack Heuer, aujourd’hui président honoraire de TAG Heuer, dans son autobiographie The Times of my Life. Pour Heuer, nous allions lancer trois modèles accueillant ce nouveau mouvement : des versions automatiques de la Carrera et de l’Autavia ainsi que notre Monaco au design carré révolutionnaire. » Si Heuer et Breitling se sont fait couper l’herbe sous le pied par Zenith, qui, quelques semaines plus tôt, présentait à la presse son nouveau calibre El Primero, la Monaco demeure selon les experts la toute première montre chronographe automatique carrée et étanche de l’histoire de l’horlogerie.

Publicité de 1969 pour la Heuer Timer corp réf. 1133 Monaco
Publicité de 1969 pour la Heuer Timer corp réf. 1133 Monaco

Outre son mouvement, le Calibre 11 Chrono-Matic présenté conjointement par Breitling, Heuer-Leonidas, Hamilton-Büren et Dubois Dépraz, la Monaco doit sa célébrité – et sa longévité – en grande partie à son design. Un design avant-gardiste porté par un boîtier carré aujourd’hui reconnaissable entre mille. « Un jour, un représentant de l’un de nos fournisseurs de boîtiers, une compagnie appelée Piquerez installée à Bassecourt, dans le Jura, a attiré notre attention sur une nouvelle boîte carrée brevetée en insistant sur le fait qu’elle était étanche, raconte Jack Heuer. Nous avons immédiatement su qu’il y avait là quelque chose de très spécial : jusqu’ici, les boîtiers carrés n’étaient utilisés que pour les montres de soirée, car il était impossible d’assurer une parfaite étanchéité sur une telle forme. » Et d’ajouter : « Chez Heuer, nous avions pris la décision vers 1941 de ne produire que des chronographes étanches. »

La montre du « King of Cool »

Le succès de la Heuer Monaco auprès des professionnels est quasi immédiat. Non seulement la montre est propulsée par l’un des tout premiers calibres de chronographe automatique – une révolution en 1969 ! –, mais le design de son boîtier carré à angles droits marque durablement les esprits à une époque où la tendance est avant tout aux montres rondes. Taillé dans l’acier, le boîtier accueille un cadran bleu métallique balayé par une grande trotteuse rouge vif, ponctué par deux compteurs de forme carrée et surmonté par une glace en plastique bombé. De manière très originale, la couronne est positionnée sur le flanc gauche de sa carrure tandis que les deux poussoirs sont disposés de façon traditionnelle sur la partie droite du boîtier.

Les étoiles semblent alors parfaitement alignées pour faire de la Monaco une légende horlogère. D’autant que Jack Heuer est déjà un businessman aguerri et entend bien propulser ce modèle en pole position grâce au sponsoring sportif, dont il reste l’un des pionniers dans le secteur horloger. Dès 1970, la marque soutient ainsi le coureur automobile Jo Siffert, qui adopte la Monaco et la porte sur les circuits. L’année suivante sera celle de la consécration au poignet du « King of Cool », Steve McQueen, avec lequel la Monaco partage la vedette dans le film culte Le Mans.

Des évolutions cosmétiques

Depuis 1969, la montre Monaco n’a que très peu évolué. Techniquement, elle est toujours équipée du fameux Calibre 11, dans une version optimisée du chrono lancé il y a 50 ans. Esthétiquement, jusqu’en 1998, la boîte était construite en trois parties avant d’être revisitée en 2015 dans une version plus carrée, fermée grâce à quatre vis. Les deux boutons-poussoirs sont alors également modifiés et arborent une forme rectangulaire tandis que les cornes deviennent un peu plus massives. Depuis 2009, la glace en plastique a été remplacée par un verre saphir. Le fond du boîtier a également été ouvert afin de révéler au regard les rouages du calibre. La couronne est toujours positionnée à gauche. Le cadran bleu pétrole est quant à lui ponctué de deux compteurs blancs, d’un guichet de date à 6 h, d’index des heures horizontaux diamantés ainsi que d’une inscription du logo vintage Heuer. L’étanchéité de la montre, autre marque distinctive du modèle, est garantie jusqu’à une profondeur de 100 mètres.

Monaco Réédition, 2015 © TAG Heuer
Monaco Réédition, 2015 © TAG Heuer

Si la Monaco est restée fidèle au modèle d’origine, quelques déclinaisons spéciales ont en revanche jalonné son histoire. On pense à la concept watch Monaco V4 révélée en 2004. Deux fois brevetée, elle s’est imposée comme la première montre pourvue de courroies de transmission mécaniques optimisées et d’un système de remontage linéaire. Le design audacieux de la Monaco s’est aussi prêté au jeu des variations esthétiques avec, notamment, une édition spéciale Gulf aux couleurs de la compagnie pétrolière présentée en 2018. Cette année, TAG Heuer célèbre le demi-siècle de la Monaco à travers une série de cinq éditions limitées lancées au compte-gouttes. Un premier modèle inspiré par les années 1970 a été dévoilé au Grand Prix de Monaco, un deuxième en lien avec les années 1980 a fait son entrée en piste aux 24 Heures du Mans. Trois autres modèles compléteront l’offre cette année pour retracer l’épopée mythique de cette montre qui, au fil du temps et des évolutions, n’a rien perdu de son aura d’icône horlogère. Avant-gardiste hier, contemporaine aujourd’hui, sa silhouette carrée n’a visiblement pas fini de tailler la route.

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