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Monsieur Omega, bravo et merci !
Histoires de montres

Monsieur Omega, bravo et merci !

jeudi, 07 avril 2016
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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6 min de lecture

Il a réveillé la belle endormie et lui a décroché la lune. En seize années passées à la tête d’Omega, Stephen Urquhart a hissé la marque au sommet de la pyramide horlogère. Il tire aujourd’hui sa révérence. Signe que les temps changent, c’est le troisième patron d’une des trois premières marques horlogères suisses qui se voit remplacé en un peu moins d’un an.

À bientôt 70 ans, Stephen Urquhart peut se retirer de son poste de président d’Omega l’âme sereine. Les seize années durant lesquelles il a conduit les destinées de la marque ont en effet positionné Omega au sommet de la pyramide horlogère helvétique. Pour naturelle que cette enviable position se présente aujourd’hui, le chemin pour y parvenir ne s’imposait pourtant pas d’emblée. À son arrivée à la tête d’Omega en 2000, il va d’abord côtoyer un certain Jean-Claude Biver, précisément en charge du redressement de la belle endormie. Tous deux connaissent déjà fort bien la Maison. Jean-Claude Biver pour avoir travaillé entre 1980 et 1982 au service des produits or de la marque et Stephen Urquhart pour y avoir entamé sa carrière en 1968, à la suite de ses études de sciences économiques à l’université de Neuchâtel.

Omega dispose d’un atout unique avec le chronographe Speedmaster, le seul garde-temps à avoir foulé le sol lunaire.
L’atout Speedmaster

Pour ces deux personnalités du monde horloger, Omega est un premier tremplin. Jean-Claude Biver quitte en effet la Maison pour entamer l’aventure Blancpain en 1982. Quant à Stephen Urquhart, il avait déjà rejoint Audemars Piguet en 1974 pour une expérience professionnelle de longue haleine. Il va en effet rester 23 ans auprès de la manufacture du Brassus, gravissant progressivement les échelons pour occuper le poste de coprésident et administrateur délégué dès 1989. Quand il décide de regagner le bercail du Swatch Group en 1997, il se voit d’abord confier les rênes de… Blancpain, cédés deux ans plus tôt par Jean-Claude Biver. Et trois ans plus tard, c’est le même Jean-Claude Biver qu’il rejoint avec une mission bien précise : faire d’Omega une success story digne du programme Apollo dont la marque se réclame.

Stephen Urquhart © Omega

Pour y parvenir, Stephen Urquhart va faire feu de tout bois. Sur le plan du marketing d’abord, il dispose d’un atout unique en son genre avec le chronographe Speedmaster, le seul garde-temps à avoir foulé le sol lunaire, accessoire fétiche des missions Apollo. Autre icône de la Maison, la Seamaster n’est pas en reste pour s’afficher au bras de James Bond depuis Demain ne meurt jamais en 1997. C’est qu’Omega sait parfaitement s’entourer : George Clooney, Nicole Kidman ou, plus récemment, Eddie Redmayne, pour ne citer que des acteurs, tous dûment conviés lors des événements de la marque et notamment lors des quelque 200 ouvertures de boutique intervenues sous l’ère Urquhart. Cette formidable marche en avant de la Maison n’aurait toutefois pas été possible sans un solide atout technique. C’est là que Nicolas G. Hayek a sorti l’échappement co-axial comme un joker de sa manche. Mis au point par le génial George Daniel, ce composant s’est révélé aussi difficile à stabiliser au niveau industriel que complexe à expliquer à la communauté des aficionados. Qu’à cela ne tienne, Nicolas G. Hayek y a cru et a mis les moyens nécessaires pour en faire une pierre angulaire de l’offensive Omega.

En 1999, Nicolas G. Hayek sortait l’échappement co-axial comme un joker de sa manche.
Le joker co-axial

En 1999, la Maison présente ainsi son premier moteur co-axial et en 2007 le calibre 8500, soit un mouvement cette fois entièrement conçu et construit en fonction des spécificités de cet échappement auquel on reconnaît un meilleur rendement énergétique pour une chronométrie plus stable. Trois ans plus tard, la marque fait une nouvelle fois œuvre de pionnier avec le lancement de la nouvelle Ladymatic dotée elle aussi de son mouvement co-axial, un modèle originellement de 1955 qui s’adressait déjà à un public féminin de plus en plus sensible à la mécanique horlogère. On ne saurait terminer ce survol forcément lacunaire sans mentionner la dernière étape franchie par la Maison : le lancement de la nouvelle certification Master Chronometer, mise au point en collaboration avec l’Institut fédéral de métrologie suisse METAS aux exigences extrêmement pointues, notamment en termes de résistance aux champs magnétiques. Avec de tels arguments, Omega n’a pas tardé à convaincre et à convaincre en masse avec un volume d’affaires multiplié par deux. Selon la Banque Vontobel, la marque a réalisé des ventes de CHF 2,15 milliards en 2014. Depuis, celles-ci devraient encore avoir progressé pour représenter un tiers des quelque 8,5 milliards de chiffre d’affaires du Swatch Group.

Master Chronometer © Omega

En termes de résultats financiers, Omega joue ainsi à jeu égal avec Cartier. Et même si la Maison ne représente encore que la moitié des ventes de Rolex, toujours selon Vontobel, elle n’en vient pas moins tutoyer la marque à la couronne sur certains marchés clés. Cette nouvelle distribution des cartes au sommet de la hiérarchie horlogère suisse est d’autant plus intéressante qu’elle se double de changement des instances dirigeantes. L’été dernier, c’est Jean-Frédéric Dufour, 47 ans, qui accédait au poste de CEO de Rolex après une longue période d’« apprentissage ». En janvier, c’était au tour de Stanislas de Quercize de céder sa place à Cyrille Vigneron, 55 ans, à la tête de Cartier. Et en juin prochain, ce sera au tour de Raynald Aeschlimann, 46 ans, homme du sérail et actuel vice-président des ventes d’Omega, par ailleurs déjà membre de la direction générale du Swatch Group, de succéder à Stephen Urquhart. La jeune garde accède donc au pinacle. Un adoubement qui devra toutefois convaincre sur des marchés devenus difficiles.

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