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« Montre étanche », d’une norme de fabricant à une norme de...
Actualités

« Montre étanche », d’une norme de fabricant à une norme de consommateur

mardi, 9 novembre 2010
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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4 min de lecture

Depuis juillet 2010, avec la norme ISO 22810, l’étanchéité des montres est soumise à une nouvelle réglementation. Celle-ci renverse complètement la problématique en définissant les critères auxquels tout garde-temps doit répondre pour obtenir ce label mais ne donne aucune indication sur les processus à mettre en œuvre.

Plongeurs en piscine et plongeurs en évier, rassurez-vous, si le nouveau garde-temps que vous portez au poignet arbore l’indication « Étanche », c’est qu’elle est capable de supporter une surpression d’au moins 2 bars ou 20 mètres couvrant toutes les activités courantes en milieu aquatique. En d’autres termes, la nouvelle norme ISO 22810 (ou Norme de l’industrie horlogère suisse/NIHS 92-20) concernant l’étanchéité des montres entrées en vigueur en juillet 2010 s’est avant tout souciée du porteur de montre. Une norme à ne pas confondre avec celle concernant les montres de plongée (ISO 6425/NIHS 92-11), qui exige une étanchéité à 10 bars ou 100 mètres. « Cette nouvelle norme change fondamentalement au niveau de son application, précise la Société suisse de chronométrie (SSC), qui organisait il y a quelques mois un séminaire sur le sujet. En effet, elle passe d’une norme de fabricant à une norme de consommateur. »

Cette nouvelle réglementation a fait l’objet d’intenses discussions depuis des années au sein du Congrès ISO/TC 114. Il aura fallu attendre la réunion de Shenzhen en août 2009 pour qu’une solution prenne forme. « En chantier depuis plusieurs années, les diverses moutures de la norme ISO 22810 n’avaient jamais obtenu le consensus nécessaire à son aboutissement, notait la Fédération de l’industrie horlogère suisse à la suite de la conférence. Initiée à Dinard en 2007, sa dernière version semble en revanche sur le chemin de la réussite. Une des difficultés chroniques, le marquage, a fait l’objet d’intenses et nombreuses discussions de la part des spécialistes. Finalement, une solution a été trouvée à l’unanimité des membres présents. Elle permet notamment l’emploi des bars comme unité, ou alors les mètres correspondants. Le marquage « Étanche » sans autre indication devient également autorisé et laisse le producteur libre d’ajouter ou non une indication en bars ou en mètres si la montre est testée à plus de 2 bars, exigence minimale de la norme. »

Chanel J12 Marine © Chanel
Chanel J12 Marine © Chanel
Même principe que le crash-test

« Selon cette nouvelle norme, le test d’étanchéité doit être exécuté sur chacune des montres de la production et non plus par simple échantillonnage, précisait Pascal Kaufmann, de la société Roxer lors du dernier Congrès international de chronométrie organisé à Montreux par la SSC. De plus, l’étanchéité doit être assurée pour toute la durée de garantie. À la suite d’essais empiriques, il s’est révélé que la pression de test 2 bars englobe l’écart de pression ou de dépression, en statique comme en dynamique, soumis à la montre dans tout le champ d’activité normale d’une personne y compris les plongeons ou jeux en piscine. » Pour ce qui est des exigences techniques, si elles restent pratiquement les mêmes, les dispositions pour les appliquer ont toutefois été largement modifiées. L’ancienne réglementation donnait une description précise des tests que tout fabricant devait effectuer afin de pouvoir revendiquer le label « Étanche » pour ses garde-temps. Plus rien de tel aujourd’hui.

Comme l’expliquait Jacques Baur, directeur adjoint et responsable de la recherche chez Rolex, lors du Congrès international de chronométrie, « la nouvelle norme donne simplement les tests de référence en précisant qu’une montre étanche doit pouvoir résister à l’ensemble d’entre eux. Elle ne donne en revanche aucun conseil quant à la manière de les effectuer. Il revient ainsi au fabricant de déterminer les essais et procédures internes de qualification pour que ses produits répondent aux exigences alors qu’auparavant il devait suivre une procédure précise. En d’autres termes, la nouvelle norme définit ce qu’est l’étanchéité d’une montre et celle-ci doit y répondre. On a donc tout inversé en donnant les caractéristiques du produit vendu au client. Si l’on devait établir un parallèle, je dirais que cette approche est similaire à celle du crash-test ».

Dans cet ordre d’idées, le fabricant est responsable de la définition des conditions de garantie et des précautions à prendre pour maintenir l’étanchéité sur la durée. « La garantie engage donc davantage la marque », conclut la SSC.

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