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Histoire & Pièces d'exception

Montres emblématiques : El Primero, le calibre star de Zenith

mardi, 03 avril 2018
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Marie de Pimodan-Bugnon
Journaliste indépendante

“Il faut absolument être moderne.”

Arthur Rimbaud

De la passion, beaucoup de curiosité et une bonne dose d’émerveillement ! La recette essentielle pour raconter les mille et une facettes de l’horlogerie…

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7 min de lecture

Né en 1969, El Primero est le tout premier mouvement chronographe automatique intégré à haute fréquence de l’histoire de l’horlogerie. Longtemps considéré comme le chrono le plus précis au monde, il reste un symbole absolu de performance. Histoire d’un premier de la classe qui règne en maître dans le cœur des amoureux de technique horlogère.

Pour le commun des mortels, l’année 1969 restera à jamais celle des folies de Woodstock et du premier pas de l’homme sur la lune. Dans le microcosme horloger, elle marque l’avènement d’une légende mécanique, la naissance d’un calibre mythique qui rayonne depuis lors comme le symbole le plus marquant de l’épopée mécanique de Zenith. Le 10 janvier 1969, à l’aube de la crise du quartz, Zenith coupe l’herbe sous le pied de ses concurrents en dévoilant son premier mouvement chronographe à haute fréquence doté d’un remontage automatique intégré. Le progrès est spectaculaire. Il porte tout d’abord le nom de code 3019 PHC. Il sera rapidement rebaptisé El Primero, « le premier » en espéranto.

Zenith El Primero de 1969
Zenith El Primero de 1969
Seul contre tous dans la course à la précision

Flash-back dans les années 1960. Le chronographe connaît alors un succès croissant et la course à la précision est sévère. Zenith peut déjà se targuer de maîtriser la course du temps avec des concepts de chronographes technologiquement performants. Malgré le rachat de Martel Watch C° en 1959, la Manufacture du Locle ne fait cependant pas autorité dans le domaine de l’automatisme. À l’aube de son centenaire, dont la célébration est prévue en 1965, Zenith s’attelle au développement d’un nouveau calibre. Le cahier des charges est clair : la maison ambitionne de mettre au point le premier calibre chronographe de poignet à remontage automatique intégré, comportant une roue à colonnes et un rotor central monté sur roulement à billes. La tâche n’est pas aisée. Comment combiner, dans un calibre suffisamment plat pour être porté au poignet, une fréquence de 36’000 alternances par heure, une réserve de marche supérieure à 50 heures et un remontage automatique à double sens ? Les horlogers de Zenith peinent à trouver les solutions techniques adéquates. Si bien que le calibre ne peut être présenté en temps et en heure pour le centenaire.

À l’heure où le quartz s’apprête à décimer l’horlogerie suisse, quelle est la valeur d’un mouvement mécanique ?

En 1967, l’histoire s’accélère. Zenith, qui avance en solo dans le développement de son chronographe automatique, augmente la cadence. Le bruit court en effet que Breitling, Hamilton-Büren, Dubois-Dépraz et Heuer-Leonidas se sont associés pour conduire un projet concurrent. Le 10 janvier 1969, en levant le voile sur son El Primero, Zenith balaie du revers de la main leurs velléités de monter les premiers sur la plus haute marche du podium de la précision. La prouesse technique, notamment le mécanisme de remontage automatique intégré, est saluée par la presse. Les commandes affluent, mais, à l’heure où le quartz s’apprête à décimer l’industrie horlogère suisse, quelle est la véritable valeur d’un mouvement mécanique ?

Un homme pour sauver El Primero

En 1975, le couperet tombe : la Zenith Radio Corporation à laquelle la maison du Locle appartient depuis 1971 prend la décision de stopper toute production de mouvements mécaniques au sein de la manufacture. Et, bien sûr, l’El Primero n’échappe pas à la règle. Les machines, calibres et outillages sont promis à la casse. Un nombre important de mouvements en cours d’assemblage se voient relégués au stockage, accompagnés de leur fiche technique. Chronique d’une mort annoncée pour ce mouvement sur lequel Zenith avait tant compté pour affirmer sa suprématie technique…

Calibre Zenith El Primero 3019, 1969
Calibre Zenith El Primero 3019, 1969

Mais, on le sait, l’horlogerie est aussi fille de quelques héros très discrets qui, sans le savoir, ont contribué à sa renommée. Charles Vermot est de la trempe de ces hommes bien inspirés. Horloger chez Zenith depuis le début de sa carrière, il décide de mettre à l’abri le fruit des développements mécaniques de la maison. Aidé par son frère, il classe, répertorie, étiquette les cames et les outils de coupe. Il protège les étampes et les dossiers d’opérations dans un lieu secret de la manufacture, sauvant de l’oubli définitif ces témoins des grandes heures de l’horlogerie de précision.

Il faut attendre 1984 pour que le calibre El Primero renaisse de ses cendres. Ebel, le premier, en équipe certains de ses modèles. Rolex le retient pour cadencer son chronographe Daytona, tout en lui apportant quelque 200 modifications. Panerai, Boucheron ou Daniel Roth s’appuieront également sur ses performances jusqu’à ce que le groupe LVMH, qui détient la Maison depuis 1999, prenne la décision d’en réserver les qualités exclusives à ses propres marques.

En 2012, le chronographe El Primero Stratos Flyback Striking 10th franchit le mur du son au poignet de Felix Baumgartner.
De coups de pub en grandes complications

Il faut dire que le calibre El Primero tient le haut du pavé à bien des égards. Esthétiquement, Zenith lui dessine un visage immédiatement reconnaissable. Pour une excellente lisibilité, les trois compteurs sont colorés, du plus clair pour les secondes au plus foncé pour les heures, en passant par une teinte intermédiaire pour le compteur des secondes. Techniquement, le calibre est d’une fiabilité et d’une robustesse irréprochables. Pour en faire la preuve, Zenith n’hésite d’ailleurs pas à employer les grands moyens : dès son lancement, un agent Zenith lui offre un joli coup de pub en fixant une montre au train d’atterrissage d’un Boeing 707 effectuant un trajet Paris-New York. Un vol dont le calibre ressort parfaitement indemne. Plus tard, en 2012, le chronographe El Primero Stratos Flyback Striking 10th franchit le mur du son au poignet de Felix Baumgartner.

Modèle de résistance et de précision, El Primero s’impose comme un socle sur lequel Zenith a construit sa réputation en développant, au fil des ans, de multiples déclinaisons techniques. Plus de 20 variations viennent ainsi étayer la légende. Tourbillon, grande date, rattrapante, répétition minutes, réveil, date rétrograde, foudroyante sont autant de complications qui s’unissent tour à tour au calibre développé en 1969. Parmi les références marquantes, on retiendra les modèles Open, qui, à partir de 2003, ouvrent une fenêtre sur le spectacle hypnotique de ses battements à 36 000 alternances par heure. On ne manquera pas de saluer le modèle El Primero 4031 combinant réveil, sonnerie, vibreur, grande date et second fuseau horaire. On soulignera également la capacité de Zenith à intégrer systématiquement les derniers développements technologiques à son calibre star comme le Zenithium en 2006 ou le Silicium en 2010. Si la précision du calibre de 1969 a depuis été largement supplantée par le Defy El Primero 21 dévoilé en 2017, El Primero n’en reste pas moins, aujourd’hui encore, une indétrônable légende. Un mythe horloger qui occupe une place à part dans le cœur des collectionneurs et des amoureux de technique mécanique. Inoubliable, comme une toute première fois.

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