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Musée allemand de la Montre Glashütte
Histoire & Pièces d'exception

Musée allemand de la Montre Glashütte

vendredi, 20 juin 2008
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Peter Braun
Rédacteur en chef Armbanduhren et Armbanduhren Katalog

“Ce n’est pas le peu de temps que nous avons à disposition qui compte mais le peu de chose que nous en faisons.”

Sénèque

« Mon cœur appartient aux roues, aux roues qui tournent dans une montre, une moto ou une voiture. »

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11 min de lecture

Suite à la cérémonie d’ouverture qui a eu lieu le 22 mai dernier, le Musée allemand de la Montre Glashütte a ouvert ses portes au public en inaugurant le bâtiment de l’ancienne Ecole allemande d’Horlogerie. Respectant son slogan « La fascination du temps – faire vivre le temps », le Musée de la Montre veut non seulement être le témoin de l’art horloger en présentant une vaste collection de pièces, mais aussi et surtout rendre hommage à la ville de Glashütte, à ses habitants et à leur histoire.

Il y a 130 ans exactement était fondée l’Ecole allemande d’Horlogerie à Glashütte. Avec l’inauguration du Musée de la Montre Glashütte le 22 mai dernier, l’imposant bâtiment situé en plein cœur de la ville s’est offert un nouveau visage : c’est désormais en tant que musée de l’histoire de l’horlogerie qu’est consacré ce haut lieu. L’horlogerie vit ses modestes débuts dans cette ville en 1845, connut sa période d’expansion au tournant du siècle avant d’entrer dans l’ère de la fabrication industrielle sous le régime socialiste de la RDA et vécut une véritable renaissance dans l’Allemagne réunifiée.

La création d’un musée représentatif de l’art horloger sur le site de ce qui fut jadis le centre de l’horlogerie allemande, avant de revivre une seconde jeunesse, demeura longtemps une question éminemment controversée. Propriétaire des collections, la ville de Glashütte ne disposait pas des fonds nécessaires au soutien d’un projet de cette envergure et il n’était pas question de confier à une seule marque horlogère un musée pour lequel étaient nourries de telles ambitions.

Le bâtiment fraîchement rénové et ses intérieurs réaménagés abritent désormais aux côtés du musée l'école horlogère « Alfred Helwig » de la manufacture Glashütte Original © Libre de droits
Le bâtiment fraîchement rénové et ses intérieurs réaménagés abritent désormais aux côtés du musée l'école horlogère « Alfred Helwig » de la manufacture Glashütte Original © Libre de droits
Une naissance difficile

C’est de Suisse, cependant, que vint l’impulsion décisive. Nicolas G. Hayek, l’homme à la barre du groupe Swatch, qui ne compte plus les décorations, présenta un projet de fondation à but non lucratif pour financer le musée. Ce projet, élaboré par cette figure emblématique de l’horlogerie, prévoyait le financement par un apport mixte de fonds privés et publics. La ville de Glashütte s’occupait alors des collections. L’acquisition des bâtiments retenus pour abriter le musée a été faite grâce au financement des partenaires, qui ont par ailleurs été sollicités afin de procéder aux travaux de rénovation et de réaménagement nécessaires, et qui sont aussi responsables de l’entretien des bâtiments, soit un investissement de près de 10 millions d’euros. Aucune autre soumission n’ayant été présentée lors de l’appel d’offre, c’est en novembre 2006 que la « Fondation Musée allemand de la montre Glashütte – Nicolas G. Hayek » a vu le jour.

Beaucoup auraient préféré baptiser la fondation du nom d’un fils de la ville horlogère saxonne, craignant que le rôle prépondérant joué de fait par un seul fabricant, la manufacture saxonne Glashütter Uhrenbetrieb, n’offre qu’une vision déformée de l’histoire de l’horlogerie allemande, et que les différentes marques se réclamant également de la ville de Glashütte ne soient inégalement représentées.

Or il n’en est rien, puisque la marque héritière, Glashütte Original, n’est représentée qu’une seule fois dans le nouveau musée et ce, dans le cadre paritaire d’autopromotion accordée aux manufactures horlogères installées et produisant à Glashütte (A. Lange & Söhne, Nomos, Wempe, Mühle et Bruno Söhnle). C’est avec brio que la société Glashütter Uhrenbetrieb tient son rôle de représentant et de porte-parole des différents acteurs de l’industrie horlogère présents à Glashütte. En effet, elle fait preuve d’une sérénité qui doit beaucoup à son enracinement historique.

Tout sous un même toit

Après la chute du IIIe Reich, l’Allemagne de l’Est passa sous le contrôle du voisin soviétique et devint, avec la création de la République démocratique allemande (RDA) en 1961, un Etat basé sur le modèle socialiste. L’abolition de la propriété privée en RDA entraîna une restructuration du tissu industriel du secteur privé en combinats. Ainsi, au début des années 1950, tous les ateliers de fabrication horlogère et de mécanique de précision indépendants de Glashütte furent fusionnés en une entité unique : VEB Glashütter Uhrenbetriebe (ou GUB). Suite à la chute du mur de Berlin en 1989, le combinat devint Glashütter Uhrenbetrieb GmbH, puis, en 2000, la société est reprise à son tour par Swatch Group AG. D’un point de vue juridique, toutes les autres manufactures horlogères basées à Glashütte sont de nouvelles sociétés. Dans ce contexte, le choix de la Glashütter Uhrenbetrieb GmbH s’imposait comme légataire naturel de l’ensemble des manufactures n’ayant jamais été présentes sur le site.

Par ailleurs, l’impressionnante collection de montres, de composants, de chronomètres, de calculatrices et d’autres appareils de précision manufacturés dans la ville saxonne, soit l’inventaire de base du musée, « appartenait » à l’origine à la Glashütter Uhrenbetrieb GmbH, qui entretenait également un petit musée de la manufacture horlogère. Considérant, au vu du cadre légal actuel, que la Glashütter Uhrenbetrieb GmbH était entrée en possession de ces pièces de manière illégitime, par expropriation, la société se vit obligée de transférer ses droits de propriété sur les pièces d’exposition à la ville de Glashütte en 1992. Ainsi, c’est grâce à l’investissement commun dont ont fait preuve les deux entités représentant la fondation qu’un cercle temporairement interrompu a pu se refermer.

Un cercle se referme

Le concept élaboré par l’atelier Brückner à Stuttgart, sous la direction du professeur Uwe Brückner, s’inscrit dans un cycle qui, dans la droite lignée d’une tradition riche de 160 ans, s’est naturellement imposé. Les visiteurs se déplacent au fil du temps, suivant les différentes époques de la manufacture horlogère. L’exposition passe en revue les étapes charnières de l’histoire de cette industrie : la fondation des premiers ateliers par Ferdinand Adolph Lange, l’industrialisation qui entraîna la division des tâches, la période d’expansion qui fit de la manufacture saxonne un joyau du genre, le déclin rapide du secteur, dû à la crise économique, et son effondrement après la guerre. Viennent ensuite les tableaux de l’époque du VEB Glashütter Uhrenbetriebe, suivi de la renaissance de l’art horloger allemand, encore aujourd’hui d’actualité.

Erigé en 1882, le bâtiment qui abritait alors l’Ecole allemande d’Horlogerie, accueille désormais, aux côtés du musée, une nouvelle école d’horlogerie qui, si elle n’est pas l’héritière directe de cet illustre ancêtre, assure néanmoins la formation des apprentis travaillant pour la manufacture Glashütte Original. Sur les derniers mètres de la visite, qui annoncent en quelque sorte le retour à l’actualité, les visiteurs longent une baie vitrée leur permettant d’observer au plus près le travail des apprentis horlogers.

Les baies vitrées permettent aux visiteurs d'observer les horlogers au travail © Libre de droits
Les baies vitrées permettent aux visiteurs d'observer les horlogers au travail © Libre de droits
Sous le signe de la modernité et du multimédia

Deux étages et une surface totale de 1 000 m² pour plus de 400 pièces d’exposition uniques : montres de poche Glashütte, montres-bracelets et pendules de périodes différentes, chronomètres marins et modèles à échappement, certificats et brevets historiques, outils et établis, ainsi que modèles astronomiques et métronomes sont exposés dans les règles de l’art. Riche en installations multimédia, l’exposition amène les visiteurs à découvrir l’univers de l’horlogerie. Reinhard Reichel, directeur du musée depuis 1992, a effectué la sélection des pièces exposées parmi les réserves et organisé le prêt des pièces d’exposition intéressantes.

L’exposition propose deux thèmes, introduits par un prologue et terminés par un épilogue : le premier est représenté par les « pièces historiques », qui mettent en lumière les événements historiques qui ont marqué l’histoire de la ville de Glashütte. C’est également ici que sont présentés les quatre pères fondateurs de ce haut lieu de la manufacture et de la formation horlogère allemande qu’est devenue Glashütte : Ferdinand Adolph Lange, Julius Assmann, Adolf Schneider et Moritz Großmann. La suite de la visite s’enchaîne sur des tableaux historiques consacrés au Gründerzeit, à la Première et à la Seconde Guerre mondiale, au démembrement et à la nationalisation forcée, à la réunification allemande et enfin, à la renaissance de l’horlogerie allemande.

Second volet de l’exposition, les « pièces du temps » interrompent la chronologie historique de la manufacture saxonne et amènent les visiteurs à la découverte du microcosme d’une montre, de sa précision et de l’interaction de centaines de composants. Les installations multimédia auxquelles est consacrée une « chambre du temps » particulière invitent les visiteurs à découvrir par eux-mêmes la richesse de l’univers de l’horlogerie. Parmi celles-ci figure un glossaire interactif de chronométrie permettant d’afficher sur un écran des textes, des esquisses et des séquences de films relatifs au terme entré sur le clavier par le visiteur désireux d’approfondir ses connaissances en la matière.

Un musée pour tous

L’ouverture du Musée allemand de la Montre Glashütte sur le site historique de l’ancienne Ecole allemande d’Horlogerie signe l’acte de naissance d’un lieu unique, à la fois espace de conservation de l’héritage culturel de la ville et de promotion de la manufacture horlogère, de l’éducation et des sciences. Commentant l’ouverture du musée, Frank Müller, directeur général de Glashütte Original et membre responsable du directoire de la fondation aux côtés du maire de la ville de Glashütte, destine le musée à un vaste public : « Véritable univers du temps moderne basé sur l’expérience, le musée a été conçu non seulement pour séduire les passionnés d’horlogerie, mais aussi les profanes, les familles et les jeunes. Nous attendons avec impatience les premiers visiteurs et nous espérons que ce musée contribuera à transmettre la fascination de l’art horloger et de la connaissance de la mesure du temps aux générations nouvelles. »

Informations
Le Musée allemand de la Montre Glashütte est ouvert tous les jours de 10 h 00 à 17 h 00. L’entrée est de 6 euros par adulte, le billet Famille coûte 12 euros. Des visites peuvent être organisées sur demande. Pour obtenir davantage d’informations, consultez le site www.uhrenmuseum-glashuette.com ou contactez le service d’accueil au (++49) (0) 35053 46 283.

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