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Norqain sort du bois grâce à son partenariat avec la...
Regards de connaisseurs

Norqain sort du bois grâce à son partenariat avec la manufacture Kenissi

mercredi, 19 février 2020
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Christophe Roulet
Rédacteur en chef, HH Journal

“Vouloir est la clé du savoir.”

« Une trentaine d’années passées dans les travées du journalisme, voilà un puissant stimulant pour en découvrir toujours davantage. »

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Fondée à Bienne il y a deux ans, Norqain gagne en notoriété. Son partenariat stratégique à long terme avec Kenissi, manufacture au service de Tudor et Chanel, jette un coup de projecteur sur cette jeune marque dont le réseau de distribution offre déjà une carte de visite des plus prometteuses.

Dans le développement d’une marque, il est des événements qui sont à marquer d’une pierre blanche. Pour la jeune marque Norqain, fondée en 2018 à Nidau, près de Bienne (Suisse), son partenariat stratégique à long terme avec Kenissi est clairement à ranger dans cette catégorie. Non seulement parce qu’elle permet à cette Maison emmenée par les Küffer père et fils de se faire connaître auprès des observateurs de la profession qui n’auraient pas (encore) forcément entendu parler d’elle. Mais également parce que cette alliance en dit long sur les standards de qualité de Norqain et les objectifs qu’elle s’est fixés.

Ben Küffer, CEO © Norqain
Ben Küffer, CEO © Norqain

De son côté, Kenissi est également sorti récemment au grand jour. Mais dès l’instant où son nom est apparu, il s’est retrouvé associé à des marques qui ont suffisamment de poids dans le landernau horloger pour que tout le monde s’intéresse à cette manufacture sortie de nulle part. D’une parfaite discrétion tant que l’entreprise livrait des glaces saphir à l’ensemble de l’industrie, Kenissi a continué à travailler dans l’ombre à la réalisation des premiers mouvements propriétaires de Tudor, présentés à Baselworld dès 2015. On apprenait par la suite que Tudor, marque du groupe Rolex, et Breitling allaient s’entendre pour s’échanger leurs calibres respectifs, le mouvement chronographe B01 pour Breitling et le MT5621 trois aiguilles/date pour Tudor.

D’anciennes connaissances

Ce partenariat, certes inédit dans la profession et des plus sensés, laissait clairement entendre que Kenissi n’allait pas s’en tenir à une production confidentielle, en sachant notamment que Tudor tourne sur des ventes annuelles de quelque 200’000 pièces, selon Morgan Stanley, un peu moins pour Breitling. C’est la montée de Chanel dans le capital de Kenissi à hauteur de 20 % en 2019 et les projets d’une nouvelle manufacture au Locle, opérationnelle en 2021, qui ont révélé ce que l’on supputait, à savoir qu’il fallait désormais compter avec un nouvel acteur helvétique dans la production de mouvements. Des mouvements de qualité, cela va sans dire, si l’on considère les exigences de Rolex en la matière ou encore celles de Chanel, qui équipe sa nouvelle J12, entièrement revisitée l’an dernier, du calibre 12.1 sorti des ateliers Kenissi.

Avec le partenariat Norqain, c’est une nouvelle étape que Kenissi vient également de franchir en livrant pour la première fois ses mouvements à une Maison tierce, hors de son premier cercle constitué de Chanel, Tudor, et, par voie de conséquence, Breitling. Dans le contexte actuel où la Commission de la concurrence helvétique est en train de chambouler le marché suisse des mouvements horlogers du fait de sa lenteur à prendre une décision sensée en ce qui concerne les livraisons d’ETA, société du Swatch Group, la présence sur le marché d’une nouvelle alternative est un développement plutôt réjouissant. Pour autant que Kenissi soit disposé à allonger sa liste de clients. Car pour ce qui est de Norqain, il ne fait pas de doute que les contacts personnels entre les deux entreprises ont joué un rôle. Il faut en effet savoir que Jean-Paul Girardin, le grand artisan du développement de capacités manufacturières chez Breitling, a poursuivi sa carrière à la tête de Kenissi lorsque Breitling a changé de main en 2017, repris par CVC Capital. Or le vendeur et ancien propriétaire de Breitling, à savoir la famille Schneider, était représenté par Théodore, dont on retrouve le fils Ted au sein des instances dirigeantes de Norqain. En d’autres termes, Jean-Paul Girardin, qui pilote Kenissi, et la famille Schneider, dont Ted siège au conseil d’administration de Norqain, sont de vieilles connaissances.

Les Alpes pour symbole

Cela a certainement contribué au partenariat annoncé il y a quelques jours entre Norqain et Kenissi, qui débouche aujourd’hui sur deux premiers mouvements propriétaires pour Norqain, à savoir le calibre trois aiguilles NN20/1 et le calibre GMT NN20/2. Avec le NN20/1, on retrouve cette architecture déjà observée au cœur de la North Flag de Tudor en 2015 avec son pont de balancier à deux fixations en arc ce cercle qui assure une grande solidité à ce mouvement certifié COSC, doté de 70 heures de réserve de marche. Pour ce qui est du mouvement GMT, également COSC, il bénéficie d’une fonction heure sautante permettant de régler l’heure locale en toute simplicité et d’avancer ou reculer la date à tout moment. Ces deux calibres vont ainsi faire leur apparition dans les trois collections Norqain que sont les Adventure, Freedom et Independance. « Nous avons ciblé Kenissi pratiquement depuis les débuts de Norqain, explique Ben Küffer, CEO de la Maison. Essentiellement en raison de la qualité de leurs mouvements, fiables, précis et d’une grande robustesse. Ils vont donc intégrer les nouveaux modèles de nos collections, qui seront disponibles dès le mois de juin. Et nous sommes déjà en train de travailler sur de futurs développements en sachant que Kenissi dispose pour l’instant de trois familles de mouvements. »

Calibre NN20 1 Trois aiguilles © Norqain
Calibre NN20 1 Trois aiguilles © Norqain

À calibre robuste, montres taillées pour l’action. Les garde-temps Norqain, dont les deux « N » qui forment son logo représentent les Alpes, répondent en effet à un désir d’aventure. Ce n’est ainsi pas un hasard si la marque est déjà intimement liée au monde du sport, notamment via son partenariat avec l’Association des joueurs de la National Hockey League (NHL) nord-américaine ou encore via ses ambassadeurs, tous des sportifs d’élite. On retrouve d’ailleurs au sein de la direction de Norqain l’ancien hockeyeur Mark Streit, un des rares joueurs suisses auréolés de gloire lors de son passage à la NHL. Autant dire qu’il est bien entouré par Ben Küffer, 12 ans d’expérience dans l’horlogerie, et son père Marc, ancien propriétaire de Roventa-Henex, entreprise incontournable dans le « private label », et membre du conseil de la Fédération de l’industrie horlogère suisse pendant 25 ans. Cette somme d’expériences a certainement aidé à asseoir le réseau de distribution de la marque, déjà impressionnant pour compter Bucherer en Suisse, Wempe en Allemagne, Westime, Tourneau et Govberg aux États-Unis ou encore Seddiqi à Dubai, sans oublier les 35 points de vente au Japon. « Le Japon est en effet devenu un marché très important pour nous, aux côtés de la Suisse et des États-Unis. Je dois bien dire que les débuts sont plutôt prometteurs. Pour notre première année d’activité en 2019, nous avions tablé sur des ventes d’un millier de pièces dans une dizaine de boutiques. Or nous en avons écoulé plus de 4’000. La prochaine étape devrait nous conduire vers les 10’000 pièces, une production plus que confortable qui devrait nous permettre de garder cet esprit de famille et d’aventure qui nous caractérise avec des montres automatiques de qualité qui restent dans un registre abordable avec un premier prix aux alentours de 1’500 francs. » Avec ses deux nouveaux calibres, Norqain pose clairement les nouveaux jalons dans sa conquête des sommets.

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