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Points de vue

« Nous sommes à l’aube d’un grand défi pour l’industrie horlogère » (1/2)

mercredi, 26 octobre 2011
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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6 min de lecture

À 44 ans, Antonio Calce vient d’entrer dans le capital de Montres Corum Sàrl, qu’il dirige depuis 2007. Un signal fort pour les marchés, à l’aube d’importants défis industriels pour l’horlogerie suisse. Le jeune patron-actionnaire revient sur les raisons de sa prise de participation et pose un regard expert sur l’évolution dans la branche. (1re partie)

Vous êtes entré en septembre dernier dans le capital de Montres Corum Sàrl pour devenir le deuxième actionnaire derrière la Fondation Severin Wunderman. Quels mécanismes vous ont conduit à cette démarche ?

Antonio Calce: J’ai envisagé la possibilité d’entrer dans le capital dès mon premier jour chez Corum, en 2005. J’en avais parlé avec Severin Wunderman (propriétaire de Corum décédé en juin 2008, ndlr). À l’époque, la marque n’avait plus ni identité ni valeur. Elle avait en revanche un immense potentiel de reconstruction. Depuis 2007, avec mon accession au poste de CEO, je me suis évertué à la rebâtir sur le long terme, sans opportunisme. Cette prise de participation est le dernier trait d’union qui confirme mon engagement dans Corum.

Pourquoi aujourd’hui ?

Nous sommes à l’aube de l’un des plus grands challenges de l’industrie horlogère. C’est à mon avis le bon moment pour donner un signal fort au marché : j’ai investi mon propre patrimoine dans la société, ce n’est pas l’argent de tiers que je représenterai. Mes propos, face aux détaillants, par exemple, en deviennent d’autant plus crédibles. Les paroles d’un patron-actionnaire résonnent différemment.

Pensez-vous prendre un risque en investissant dans Corum ?

Oui, bien sûr. Il y a une part de risque dans toute activité économique quelle qu’elle soit. Mais cette incertitude tient à la situation macroéconomique : le marché des changes, les dettes souveraines, le ralentissement de la croissance… Je n’ai en revanche aucun doute sur la marque Corum et ses produits !

La question « investir ou partir » s’est-elle une fois posée ?

Je ne fonctionne pas comme ça. Cependant, le temps était venu de m’investir personnellement dans une marque que j’ai fait revivre. Aujourd’hui, Corum est le fruit de mon travail et de celui de mon équipe. C’est un peu comme dans la nature : les choses arrivent lentement à maturité, sans que l’on puisse aller plus vite.

Votre nouveau statut d’associé de Corum va-t-il changer quelque chose à la marche de l’entreprise ?

Non, rien du tout. Je serai d’autant plus impliqué dans les choix et les décisions stratégiques.

Qui siège actuellement à vos côtés dans le board de Corum ?

Je ne citerai que le président, Richard Tomlin, qui s’occupe également de la Fondation Wunderman aux États-Unis. Les sièges restants sont occupés par des administrateurs indépendants qui n’exercent pas de rôle dans la conduite des opérations.

Cette structure est-elle appelée à évoluer ces prochains mois ?

Non. Mais cela ne veut pas dire qu’un autre actionnaire ne pourrait pas entrer dans le board, tout est possible. Cependant, je ne l’évoque pas du tout aujourd’hui. La seule priorité est de créer de la valeur. Nous ferons toujours les choix nécessaires pour soutenir cet objectif.

Cela peut-il aller jusqu’à changer d’actionnaire majoritaire ?

Au moment où je vous parle, non. Ce n’est pas un besoin, ni un objectif stratégique.

Mais l’indépendance de Corum n’est pas sacro-sainte…

Pour moi si, parce qu’elle me permet de m’exprimer pleinement. Mais nous avons une responsabilité de développement. La logique économique doit primer sur toute autre considération, qu’elle soit émotionnelle, personnelle ou que sais-je…

Depuis votre arrivée chez Corum, vous avez justement rendu plus claires et segmenté les collections. Que reste-t-il à faire ?

À l’avenir, notre core business va se concentrer sur Admiral’s Cup et Corum Bridges. Avec en plus un pilier satellite, transversal, destiné à montrer toute la richesse créative de Corum. Notre nouvelle Grand Précis, un modèle de 1957, par exemple, s’inscrit dans ce pilier. En 2012, nous allons rééditer une Chargée d’affaires, magnifique montre-réveil de 1958.

Quelle autre surprise prévoyez-vous pour Baselworld 2012 ?

Le modèle Admiral’s Cup Legend, qui a connu un très grand succès en 2011, va sortir en version chronographe. Nous allons aussi continuer à développer le segment Ti-Bridge, avec d’autres fonctions que celles purement mécaniques. Avec toujours le même souci de ne pas cannibaliser les produits entre eux.

Au niveau de votre communication, vous avez annoncé votre partenariat avec Energy Team, le bateau des frères Peyron, pour la prochaine America’s Cup…

Trop de choses convergeaient pour ne pas y aller : la prochaine Coupe de l’America se déroulera à San Francisco, où a été conçu le Golden Gate ; le marché américain est en pleine reconstruction ; Loïck Peyron, enfin, est notre conseiller depuis plusieurs années. S’il n’y avait pas eu tout ça, je n’y serais pas allé.

Et l’Admiral’s Cup, avez-vous la volonté de ressusciter cette régate ?

C’est un gros projet qu’il faut cependant reprendre de zéro. Une chose est sûre : si cela devait se faire, c’est Loïck Peyron qui s’en chargerait. Nous en avons déjà discuté. Mais en attendant, je vous livre une information en primeur : Corum sera le chronométreur officiel de la prochaine tentative de conquête du Trophée Jules-Verne. C’est un extraordinaire défi nautique qui récompense le tour du monde à la voile le plus rapide en équipage, sans escale ni assistance. Le prochain à tenter le coup, c’est justement Loïck, sur son immense multicoque Banque Populaire de 40 mètres de long, 23 de large et pesant 23 tonnes. Le compte à rebours est déjà lancé !

Article paru dans le WtheJournal.com

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