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Nouveau record pour une Rolex aux enchères
Culture

Nouveau record pour une Rolex aux enchères

Friday, 17 May 2013
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Fabrice Eschmann
Journaliste indépendant

“Il faut se méfier des citations sur Internet !”

« Une grande histoire aux multiples auteurs : ainsi en est-il de la vie. Ainsi en va-t-il aussi de l’horlogerie. Sans rencontres, point d’histoire. »

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7 min de lecture

Si la meilleure vente de cette session des enchères genevoises de printemps est encore une Patek Philippe, Rolex confirme son ascension par un nouveau record mondial sous le marteau de Christie’s. Plusieurs dizaines de pièces n’ont cependant pas trouvé preneurs.

Grandeur et déceptions : c’est ainsi que l’on pourrait résumer la session de printemps des ventes aux enchères genevoises qui s’est déroulée les 11, 12 et 13 mai derniers. Et ce, à plus d’un titre. Tout d’abord, si plusieurs records et quelques très belles ventes ont été enregistrés parmi les Rolex, un certain nombre d’entre elles n’a pas trouvé preneur. Une manifestation de la méfiance des acheteurs, notamment envers les pièces colorées, dont l’authenticité est parfois difficile à établir. Mais c’est aussi du côté du public que le sentiment est ambivalent : la raréfaction des investisseurs et des collectionneurs européens n’a pas manqué d’interpeller les spécialistes. Reste que les résultats globaux sont impressionnants avec un total des ventes de Sotheby’s, Antiquorum et Christie’s cumulés de quelque CHF 36,7 millions. Quant à Auctioneers Dr. Crott, les résultats définitifs ne sont pas encore publiés.

Le podium

Dans le détail, la vente Christie’s a atteint CHF 21,57 millions, suivie par celles Antiquorum (CHF 7,97 millions) et Sotheby’s (CHF 7,19 millions). Les trois meilleurs résultats de cette session concernent, sans surprise, deux Patek Philippe et une Rolex. C’est ainsi que la très attendue référence 3448 de Patek Philippe a été adjugée par Christie’s à CHF 1’623’750, une somme supérieure de plus de CHF 200’000 à son estimation haute. Pour rappel, ce calendrier perpétuel avec phase de lune en or blanc de 1981 possède la particularité d’indiquer l’année bissextile dans un petit guichet entre 3 heures et 4 heures alors que cette fonction n’est répertoriée qu’à partir de 1982 sous la référence 3450.

Cette incongruité a suffi pour coiffer au poteau la montre-bracelet la plus complexe jamais produite par la manufacture genevoise, la référence 5002 proposant douze complications sur deux cadrans. Aussi nommé Sky Moon Tourbillon, ce modèle rare proposé par Antiquorum a trouvé preneur à CHF 1’202’500, soit au milieu de sa fourchette d’estimation. « Cette pièce, avec un boîtier unique en or rose, aurait pu mieux se vendre », regrette Arnaud Tellier, fondateur de Tellier Fine Arts à Genève.

En troisième position arrive le chronographe à rattrapante réf. 4113 de Rolex, qui, sous le marteau d’Aurel Bacs chez Christie’s, est parti pour CHF 1’107’750. Si c’est la seconde fois de l’histoire qu’une Rolex se hisse au-dessus de la barre du million, ce résultat ahurissant est aussi un nouveau record, dépassant celui de CHF 1’035’000 remporté par le même modèle proposé par la même maison dans la même ville en mai 2011.

Des records

De records, cette session n’en a pas manqué. Notamment chez Rolex : Antiquorum se réjouit ainsi d’annoncer que le modèle réf. 6263 Gold Daytona Paul Newman, équipé d’un cadran prototypique couleur or avec index blancs, a été adjugé CHF 841’300, près de trois fois son estimation basse. Christie’s n’est pas en reste avec une Submariner réf. 6538 cédée pour CHF 519’750, une somme jamais atteinte pour une pièce de cette collection.

Mais Patek Philippe n’est jamais loin. La plus belle vente de Sotheby’s concerne la référence 5029, une répétition minutes parée d’un boîtier d’officier en platine, lancée en 1997 pour l’inauguration du nouveau siège de la marque à Plan-les-Ouates. Estimé entre CHF 350’000 et 450’000, ce modèle faisant partie d’une série limitée de dix exemplaires est parti pour CHF 557’000. À noter que si nombre de montres-bracelets modernes se sont bien vendues, ces mises à l’encan peuvent aussi offrir d’excellentes affaires pour qui en a les moyens. À l’image de cette Richard Mille RM025 de 2008 en titane et or rose, première montre de plongée réalisée par l’horloger, adjugée chez Sotheby’s pour CHF 227’000.- (est. CHF 180’000-250’000), à comparer avec un prix boutique conseillé de CHF 586’500.-.

Le mystère des invendus

Si les ventes aux enchères sont naturellement intéressantes au vu des résultats des adjudications, elles le sont pas moins en ce qui concerne les pièces qui n’ont pas trouvé preneurs. Ainsi, plusieurs lots présentés comme prometteurs (lire « Enchères genevoises : l’inexorable montée en puissance de Rolex », HH Magazine, 8 mai 2013) n’ont pas séduit, à l’instar de cette IWC Ingenieur SL de 1976 dessinée par Gérald Genta (est. CHF 8’000-10’000) ou, dans un autre registre, de cette montre de poche ancienne réalisée vers 1880 et signée William Ilbery (est. CHF 120’000-180’000). Démodés ou surestimés, ces lots n’ont guère suscité l’enthousiasme pour des raisons difficiles à évaluer.

Reste que l’observation des invendus permet parfois de dégager des tendances lourdes. Et l’on reparle de Rolex ! Si les résultats de cette session ont été marqués par passablement de records touchant à cette marque, dont, faut-il le rappeler, la Rolex la plus chère jamais vendue aux enchères, plusieurs dizaines de pièces ont été délaissées et, notamment, des modèles de couleurs vives, cadrans ou bracelets. Une conjoncture induite par la prolifération de montres adaptées aux goûts de l’acheteur par des entreprises non agréées, soit des « customisations » considérées par la marque comme des contrefaçons. Pour ne rien arranger, ces pièces viennent se mélanger à l’extraordinaire diversité des références Rolex, qui vend quelque 700’000 montres par an.

Christie’s, lot 200. Répétition des quarts extra-plate signée Hunt & Roskell, Londres, n’a pas trouvée preneur © Christie’s
Des valeurs sûres

Cette situation explique en partie le taux relativement important de pièces qui n’ont pas trouvé preneurs chez Sotheby’s (24,4 %) et Antiquorum (24,5 %). Christie’s s’en sort mieux avec seulement 6 % d’invendus. Une autre explication de ce bilan en demi-teinte est peut-être à chercher parmi les acheteurs. Pourtant située au centre du Vieux Contient, Genève n’a attiré que peu d’Européens, globalement considérés comme de bons connaisseurs. « C’est dur en ce moment pour ce marché, regrette Arnaud Tellier. Les acheteurs locaux ne se sont pas bousculés. Les ventes ont été dominées par les Asiatiques, les Moyen-Orientaux, les Russes et les Américains. »

Mais peut-être que les Européens étaient à Francfort, où, comme prévu, Auctioneers Dr. Crott s’est distingué dans les pièces anciennes. Le lot 108, une montre de poche en or, parée d’émail miniature recto verso signée Jean Fazy & Fils, Genève, est ainsi partie pour EUR 260’000 (est. EUR 66’000-80’000). Deuxième meilleure vente connue : cette tabatière carrée en or 20 carats, gravée et parée d’émaux miniatures de l’artiste parisien Pierre-Étienne Buron, a été adjugée pour EUR 230’500 (est. EUR 160’000-200’000). Des valeurs sûres.

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